PATHOGEN

2006

RÉALISATION: Emily Hagins
SCÉNARIO: Emily Hagins
AVEC: Tiger Darrow, Rose Kent-McGlew, Alec Herskowitz, Tony Vespe et Alex Schroeder

Ayant fait plusieurs courts métrages mettant en vedette son chien, Emily Hagins décida de les montrer à Harry Knowles, fondateur de Ain’t it Cool News le site web par excellence sur le cinéma. Ce dernier, impressionné par Emily, lui a offert un stage sur le film Organic où elle dut tourner un « behind-the-scenes » et brasser des chaudrons de faux sang. Pour son douzième anniversaire, Knowles lui a offert des restants de maquillage de zombies et d’effets spéciaux, car elle avait été impressionnée par le film Undead présenté à un festival près de chez-elle. Armée de sa camera, de 6000 dollars et de l’aide de sa mère, Hagins commença le tournage de Pathogen.

Un centre de recherche au Texas est en train de fabriquer un remède contre le cancer. Malheureusement, le médicament transforme plutôt les gens en zombies. Par accident, le remède se trouve à être jeté dans le système d’eau de la ville. C’est alors qu’en moins d’une semaine, la ville d’Austin se retrouve envahie par les zombies. Dannie et quatre de ses amis se donnent alors pour mission de survivre ainsi que de sauver leur ville et leurs amis.

Vous savez le dicton « Si tu crois en toi, tout peut arriver» ? Et bien Pathogen est la preuve que c’est vrai. Emily Hagins a réussit à réaliser, monter, écrire et distribuer à elle seule un long métrage à l’age de douze ans !! Inspirée par la nouvelle vague de films de zombies, Hagins a pondue un scénario qui ressemble à 28 Days Later et Cabin Fever. Mais évidemment, à douze ans, on ne peut pas faire de miracles et cela se reflète dans le scénario. Tout d’abord, l’histoire comporte quelques disparités et problèmes de logiques dans la trame narrative. On nous dit que le virus prend deux jours pour tuer et zombifier les gens, mais ce n’est qu’après sept jours que les habitants se font attaquer par les morts-vivants. De plus, certains personnages sont complètement oubliés à un certain moment et ils réapparaissent au milieu de nulle part comme si de rien n’était. Finalement, le film prend un peu trop de temps à installer son histoire et le sentiment de paranoïa. Ce n’est pas vraiment un défaut en tant que tel, mais c’est que lorsque les zombies apparaissent, c’est là que le film devient vraiment intéressant. J’aurais préféré que l’action et le gore apparaissent plus tôt dans le décor.

D’ailleurs, parlant de gore, celui-ci est plus présent que ce que je m’étais attendu. Hagins a vraiment voulu se servir au maximum des restants d’effets spéciaux qu’elle a reçu à sa fête. Le moment le plus marquant est lorsqu’un des jeunes descent à la cave et se fait attaquer par un zombie. L’ado utilise alors une aiguille à tricoter et arrache un œil au zombie. Ce petit morceau d’humain reste alors empalé sur l’aiguille et le tout nous est montré de façon assez explicite. Cette scène est d’ailleurs le premier moment gore et il met en place le ton pour le reste du film. C’est alors que, jusqu'à la fin, on va voir des têtes découpées, des morceaux de cerveaux, des trippes et j’en passe. Malheureusement, comme mentionné plus haut, les moments gores sont trop peu présent car l’horreur du film apparaît trop tard. Si Emily aurait fait moitié-moitié avec le suspense et l’horreur, cela aurait été parfait.

Pour le coté technique, le film n’est étonnamment pas si amateur que ça. Oui, le film est tourné avec une camera digital maison. Oui, les plans sont parfois mal cadrés, mais je défi bien des gens à faire aussi bien sans équipement de base. Même avec les moyens limités qu’elle avait, Emily a réussi quand même à se débrouiller pour certaina anglea de caméra et certaines prises de vue. Par exemple, elle essait de tout filmer avec une camera en place, sans mouvement. Comme cela, ça lui permet de tourner sa scène en une seule prise et évite des problèmes de logique et de continuité rendu au montage. De plus, comparé à bien des cinéastes amateurs adultes, Emily a eu la brillance d’esprit de ne pas trop essayer des plans de cameras bizarres ou trop inusités pour compenser. Cela aurait pu rendre le film carrément mauvais ou minable, mais ce n’est pas le cas. Elle a préféré s’en tenir à la base et c’est tant mieux ainsi. De toute façon, elle a pu monter son film elle-même, ce qui lui a permis d’arranger son long métrage comme elle veut. Elle n’a eu qu’un peu d’aide directrice de la part d’un ami d’Harry Knowles pour apprendre à se servir d’une table de montage. Finalement, même si le jeu des acteurs, tous des amis ou proche d’Emily, est carrément risible, on ne s’y arrête pas. C’est vraiment l’ensemble de l’œuvre qui nous accroche et non pas la panoplie de détails. D’ailleurs, souvent de voir les jeunes jouer de façon hyper gêné et les voir se forcer à ne pas regarder la camera est plutôt comique et sympathique.

Malgré tous ces défauts, pourquoi est-ce que j’ai autant aimé ce film ? Tout simplement parce que c’est génial ! Une enfant de douze ans a fait un long métrage divertissant, gore et presque mieux fait que la plupart des deux-de-piques hollywoodiens. Je recommande ce film à tout ceux qui n’ont pas peur d’écouter un film même si visuellement, la qualité n’est pas écœurante. Pathogen devrait se retrouver dans toutes les collections d’amateurs d’horreur qui veulent un peu d’espoir, car rêver fait vivre et certains rêves deviennent réalité.

Pour encourager une future maître de l'horreur, vous pouvez vous procurer le DVD de Pathogen pour la modique somme de huit dollars! Pour ce faire, visitez le site officiel en cliquant ici.

  • Dominic Paulhus

  • 28 Days Later (2003)
  • Cabin Fever (2003)

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