PATHOLOGY

2008

RÉALISATION: Marc Schoelermann
SCÉNARIO: Mark Neveldine et Brian Taylor
AVEC: Milo Ventimiglia, Michael Weston, Alyssa Milano, Lauren Lee Smith et Johnny Whitworth

Pour plusieurs les médecins sont des êtres supérieurs qu’il faut regarder de bas. Ils sauvent des vies, nous prennent en charge lorsque ça ne va pas bien et font figure de bouée de secours lorsque l’humain est à son plus précaire. Ce que plusieurs oublient, c’est qu’un médecin est avant tout un être humain aussi vulnérable que les autres.

Après avoir gradué à Harvard, le docteur Ted Grey est admis dans un des programmes de pathologie les plus prestigieux d’Amérique. Son talent et sa renommée ne passent pas inaperçus auprès d’un groupe d’internes. Si au début, Ted ne se contente que de faire la fête avec eux, il devient rapidement impliqué dans leur petit jeu. Qui pourra concocter le meurtre parfait, celui qui ne laisse aucune trace? Voilà un défi de taille pour les pathologistes les plus prometteurs du pays!

Caméra vidéo à la main, la tête d’un cadavre dans l’autre, un étudiant en médecine s’amuse à faire parler les morts. Le tout, au plus grand plaisir de ses camarades, tous sous l’influence de l’alcool et de la drogue. C’est avec cette scène choc que débute Pathology, film d’horreur hospitalier qui a bénéficié de trop peu de couverture médiatique. La scène en question marque, non seulement par sa morbidité, mais surtout parce qu’on sait bien qu’elle reflète une réalité cachée du monde de la médecine. Pathology met en scène une bande de médecins pathologistes souffrant du complexe de Dieu. Leurs connaissances dans leur domaine d’expertise leur donne tous les droits et bien rapidement, ils s’en servent à des fins peu médicinales.

Bien que le scénario de Pathology rappelle quelque peu celui de l’excellent film allemand Anatomy, l’œuvre se rapproche plus de Crash de David Cronenberg de par son approche fétichiste envers la mort. Teinté d’un tension sexuelle palpable, l’atmosphère de Pathology est des plus morbide puisque les protagonistes utilisent l’adrénaline que procure la pratique de l’autopsie pour intensifier les sensations occasionnées par la drogue, l’alcool et le sexe. Le petit jeu auquel s’adonnent les médecins est des plus bouleversant puisqu’ils en ont réellement le pouvoir. Les voir tenter de trouver la façon dont leur confrère a tuer un être humain comme si c’était une partie Poker, donne froid ans le dos!

Malgré tous les éloges, Pathology aurait gagné à accentuer son côté macabre au lieu d’emprunter la voix facile en fin de parcours. Après avoir offert une observation inquiétante de la psyché humaine, le scénario change de ton, devenant un film d’horreur où le sanguinolent prend le dessus sur le psychologique. Sans réel avertissement, le vilain principal se transforme en psychopathe en une vitesse déstabilisante. Pathology abandonne alors son étude de comportement, sa tension sexuelle et sa morbidité au profit d’une violence explicite qui a bien moins d’impact. La finale semble forcée et reflète peu l’intelligence du reste du film. Dommage.

Il n’en demeure pas moins que Pathology est un très bon mélange entre horreur et médecine. Un film qui fait réfléchir et dans lequel l’humour noir vient nous claquer en pleine gueule. Dommage que les scénaristes n’aient pas osé s’aventurer au coeur de leur sujet…

  • Dany Champagne

  • • Pathologie (version française/Québec)

     

    Anatomie 2 (2003)
    • Autopsy (1975)

     

     
     


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