Fool, un jeune garçon, entre par effraction dans la maison d'une riche famille pour trouver de l'argent pour payer l'opération que doit subir sa mère. Malheureusement, il n'a pas choisi la bonne maison. Les habitants de l'immeuble sont un frère et une soeur qui ont enlevé plusieurs enfants dans le but d'en trouver un qui soit à leur goût. Une fois qu'il lui trouve un défaut, ils l'enferment dans le sous-sol. Fool devra trouver une façon de sortir de la maison qui est construite comme une prison. Avec l'aide d'Alice, la seule enfant ayant le droit de sortir du sous-sol, et de Roach, un jeune qui se faufile entre les murs, il tentera d'exposer les horreurs des deux maniaques qui habitent la maison.
Avec The People Under The Stairs, Wes Craven (A Nightmare On Elm Street, Scream) lance une flèche à la haute société américaine. Le scénario, écrit par le réalisateur, confronte les pauvres (Fool et sa famille qui habite dans le ghetto), contre les capitalistes (les méchants du film, qui sont aussi propriétaires des buildings du ghetto). En plus de faire une critique sociale, Craven nous offre un bon film d'épouvante contemporain et original. Chapeau au décorateur qui a réussi à rendre crédible la maison/prison vedette du film. Avec son sous-sol effrayant, ses murs décolorés, ses longs couloirs et ses passages secrets, la maison est le repère idéal pour tout psychopathe qui se respecte. L'idée du jeune (Roach), qui s'enfuit du sous-sol pour habiter entre les murs, est géniale.
Le scénario de Wes Craven s'égare parfois dans quelques moments de folie très appréciés. Les deux maniaques de The People Under The Stairs sont complètement déséquilibrés et n'ont rien à envier à Freddy et Jason. Par contre, j'aurais aimé qu'ils soient un peu plus développés. Une analyse plus profonde de leur relation aurait été bénéfique. Apprendre qu'ils ont des relations incestueuses aurait ajouté à leur degré d'aliénation. Les acteurs qui les personnifient (McGill et Robie) poussent à fond leur jeu, ce qui est bénéfique pour leurs personnages. Les deux enfants principaux du film, Fool et Alice, sont aussi très bien interprétés par Brandon Adams et A.J. Langer.
Le film aurait pu être beaucoup mieux si Craven n'y avait pas introduit plusieurs moments "cheesy". Par exemple, chaque fois que le personnage du frère se fait frapper, il a l'air d'un des méchants dans Home Alone ! De plus, il semble qu'il ne reçoive des coups que dans les couilles. Il est aussi difficile de croire au courage dont fait preuve le personnage principal, Fool, un garçon de 12 ans.
Si Wes Craven avait réalisé The People Under The Stairs avec la même sensibilité que ses premiers films (The Last House On The Left, The Hills Have Eyes), s'aurait pu être un chef-d'oeuvre. C'est néanmoins un très bon coup de la part du célèbre réalisateur.