PERVERT!

2005

RÉALISATION: Jonathan Yudis
SCÉNARIO: Mike Davis
AVEC: Sean Andrews, Mary Carey, Darrell Sandeen, Juliette Clarke, Jonathan Yudis

Pervert! se veut un hommage aux comédies de sexploitation des années 60 et 70, ou plus précisément, aux films du défunt cinéaste Russ Meyer (Faster Pussy Cat Kill Kill). N'étant aucunement familier avec l'univers de ce dernier, je me suis néanmoins renseigné avant mon visionnement pour savoir de quel genre de films il s'agissait. J'ai pu constater qu'il allait sûrement y avoir dans Pervert! des femmes aux poitrines imposantes, de l'humour en bas de la ceinture et de la violence. Un mélange qui me plaît bien généralement.

James se rend chez son père dans le désert pour y passer l'été à travailler. Les premiers temps ne sont pas faciles pour James, lui qui rêve d'avoir la chance de son père Hezekiah. Ce dernier est un vieux pervers qui connaît un franc succès auprès des jeunes femmes alors que James essuie les échecs coup sur coup. Suite à la soudaine disparition d'une maîtresse d'Hezekiah, James se demande si le vieux n'aurait pas des tendances meurtrières. L'étrange atelier dans lequel il fabrique des sculptures en viande n'a rien de trop rassurant à ses yeux et il décide d'entamer sa petite enquête.

Le film de Jonathan Yudis s'ouvre sur une représentation en bande dessinée des personnages du film. Cette idée n'est pas bête car le contenu de Pervert! aurait bien cadré dans une bande dessinée. En effet, le scénario de Mike Davis paraîtrait peut-être moins ridicule s'il était segmenté en plusieurs petits épisodes. L'histoire de Pervert! est si farfelue que la recevoir d'un coup est très abrutissant. Pourtant, la première demi-heure du film promettait de bons moments à venir. Dès le générique d'ouverture, on nous bombarde de gros plans de poitrines dorées par le soleil du désert, le tout sur fond de ciel bleu. La musique thème de genre rock est accrocheuse et les premiers gags atteignent la cible. Peu à peu, on reconnaît les personnages types de ce genre de production. Un jeune homme obsédé et masturbateur compulsif, le père viril mais vieillissant qui réussit à s'entourer de jolies jeunes femmes, un mécanicien de style « redneck » aux intentions douteuses et des filles aux tenues aguichantes et aux amples bustes. En somme, on baigne dans ce à quoi on s'attendait et on ne s'en plaint pas.

Par contre, vous comprendrez qu'un bon départ est facile à oublier lorsque le reste du film garde la même note trop longtemps. Le problème dans Pervert! est d'abord le type d'humour préconisé. On veut bien rire et on tolère au début mais à force de répétition, il perd de son effet pour devenir extrêmement lassant. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le film n'est nullement choquant ou vraiment malsain. Son récit est certainement axé sur la sexualité, mais c'est traité d'une manière si conventionnelle que notre intérêt ne fait que diminuer au cours du métrage. Pervert! offre simplement des scènes milles fois vues dans les comédies pour adolescents. Par exemple, lors d'un repas, une femme simule une fellation à l'aide d'un épi de maïs. Le jeune homme face à elle tente tant bien que mal de parler de choses sérieuses sans fléchir. On sourit un peu sur le moment, mais lorsqu'on réalise qu'il s'agit du meilleur gag du film ou presque, on désespère rapidement!

Si Pervert! peut fièrement porter son étiquette de série B sans prétention, il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un film très con. D'ailleurs, à partir du moment où l'identité du tueur est révélée, le film se surpasse en cette matière. Je vous en épargne les détails, mais disons que la bestiole animée en « stop-motion » était le comble pour ma patience. Le scénario de Pervert! est aussi un fouillis total et les revirements sont insignifiants. On comprend que c'est volontaire de la part du scénariste, mais on ne peut s'empêcher de croire que le scénario est dépourvu de qualités. Pour ajouter à cela, l'impact comique des répliques est diminué par le manque de spontanéité des acteurs. Du lot, Mary Carey retient le plus l'attention dans son rôle d'allumeuse surexcitée (son physique avantageux est peut-être en cause). Au niveau du gore, le film de Yudis est également fort décevant. L'atelier du père aurait pu être l'endroit par excellence pour tourner de belles boucheries ou même des scènes érotiques immondes. Malheureusement, le réalisateur préfère le meurtre hors-champ et la suggestion. À la réalisation, Yudis fait dans la facilité et ne parvient pas à nous accrocher à l'histoire. À moins de ne jurer que par la présence de gros seins, on doit aussi admettre que le film est visuellement pauvre. La musique et le montage pour leurs parts renforcent le caractère stupide de certaines scènes. Le but du réalisateur est clair, mais quand c'est déjà trop...

Le DVD de Pervert! est distribué au Québec gracieuseté de TLA releasing. Les suppléments contiennent un making of, deux commentaires audio, des scènes supprimées, une scène de lesbiennes allongée(!), des bloopers, un vidéoclip musical et des bandes-annonces.

Certes, Pervert! contient quelques sympathiques scènes érotiques. Admettons que d'un point de vue d'homme hétérosexuel, du miel qui coule sur une poitrine est rarement un évènement désagréable. Cependant, c'est bien le seul domaine dans lequel on peut accorder quelques points au film. En définitive, Pervert! n'est rien d'autre qu'un ramassis de scènes prévisibles et répétitives, le tout enrobé d'un humour fort chancelant. Moi qui croyais que ce genre de film ne pouvait être si raté.

Trivia : Mary Carey est une star de la porno qui s'est présentée aux élections californiennes de 2003. C'est finalement Arnold Schwarzenegger qui a été élu.

  • Maxime Duguay

  • Massacre In Dinosaur Valley (1985)
  • Blood Feast 2: All U Can Eat (2002)

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