PHANTASM: OBLIVION

1998

RÉALISATION: Don Coscarelli
SCÉNARIO: Don Coscarelli
AVEC: A. Michael Baldwin, Reggie Bannister, Angus Scrimm, Bill Thornbury et Heidi Marnhout

Après avoir gagné un Oscar pour avoir co-écrit Pulp Fiction avec Quentin Tarantino, Roger Avary (qui a aussi scénarisé Silent Hill) a affirmé qu'il rêvait d'écrire un chapitre final démentiel à la série Phantasm qu'il intitulerait Phantasm's End. Il n'en fallait pas plus pour que les "phans" de la série salivent d'envie. Par contre, la vision d'Avary était beaucoup trop chargée pour accommoder le mince budget accordé au film. Le créateur de la série, Don Coscarelli, a donc dû trouver une alternative en Phantasm: Oblivion, à ce jour le chapitre final.

Oblivion débute là où Phantasm 3: Lord Of The Dead terminait. Mike conduit son corbillard, tentant à la fois d'échapper au Tall Man et ses disciples tout en cherchant des indices qui pourraient démystifier cet embaumeur venu d'ailleurs. Sa quête le mène en plein désert, là où un portail le mènera tout droit dans le passé, chez un dénommé Jebediah Morningside qui est à l'origine du Tall Man et de ses pouvoirs mythiques.

La série Phantasm est reconnu pour sa mythologie rocambolesque, ses revirements inattendus et son manque volontaire de cohérence et de logique. Avec le quatrième chapitre, Coscarelli pousse encore plus la divagation narrative faisant de Oblivion un chapitre autant frustrant que satisfaisant! Après un troisième opus mal reçu par la critique et les amateurs qui trouvaient son humour trop niait, le cinéaste revient au style intentionnellement confus du premier film. Phantasm: Oblivion est difficile d'approche et nécessite donc plus d'un visionnement et une bonne réflexion pour en saisir toutes les subtilités.

En apparence, cette suite n'est qu'une succession de scènes oniriques, horrifiques et même cocasses qui forment un tout peu convaincant. Par contre, deux éléments retiennent l'attention. Le premier est la divulgation d'informations sur le passé du Tall Man. Si par le passé, certaines séries ce sont tiré dans le pied en tentant de vulgariser le passé de leur croque-mitaine (ai-je vraiment besoin de les nommer?), Coscarelli a su éviter ce piège. Le scénario apporte son lot d'éléments nous permettant de répondre à plusieurs questions posées par les chapitres précédents tout en engendrant d'autres questions, encore plus pertinentes! Voir le personnage du Tall Man avant qu'il ne devienne qui (ou quoi) il est est tout simplement fascinant!

L'autre élément qui apporte une dimension unique au film est l'utilisation de scènes supprimées du film originale qui sont parfaitement intégrées dans la narration de ce quatrième chapitre. Puisque le premier montage de Phantasm durait trois heures, Coscarelli a coupé la moitié de son matériel pour en faire un film de 90 minutes. C'est à partir des scènes inutilisées (environs 20% du film) qu'il a construit l'histoire du quatrième film. On assiste donc à la performance des quatre acteurs principaux qui jouent leur personnage avec vingt ans d'intervalle. C'est donc dire que lorsque Coscarelli utilise des flashbacks, le réalisme est sans faille!

Malgré que les amateurs de la première heure sauront pardonner aux lapsus narratifs, Phantasm: Oblivion manque légèrement d'envergure, surtout si on le considère comme étant le chapitre final. Le budget dérisoire qui lui a été accordé lui fait mal, et ce, même si Coscarelli a su astucieusement l'utiliser. Comme les trois premiers chapitres débordaient d'action et de revirements hauts en couleur, il est dommage que Oblivion ne dégage pas la même énergie.

Phantasm: Oblivion ne réussit peut-être pas à combler entièrement les attentes, mais c'est néanmoins un film fascinant qui prend du mieux avec les écoutes subséquentes. Avec ce quatrième chapitre, Coscarelli nous ramène habillement à la case départ, celle de la confusion! Et puisqu'on parle de la série Phantasm, voilà une belle qualité!

  • Dany Champagne

  • Phantasm 4 (version française/France)

     

    Phantasm (1979)
    • Phantasm 2 (1988)
    Phantasm 3: Lord Of The Dead (1994)

     

    • Hellraiser: Bloodline (1996)
    Bubba Ho-Tep (2003)

     

     
     


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