THE PHANTOM CARRIAGE
1921
RÉALISATION: Victor Sjöström
SCÉNARIO:Victor Sjöström et Selma Lagerlöf
AVEC: Victor Sjöström, Hilda Borgström, Tore Svennberg, Astrid Holm et Tor Weijden
C’est fou de voir à quel point le cinéma est parti de loin depuis les frères Lumières! On est passé de l’hystérie à cause du premier film à vie ( parce que les gens croyaient que le train aller réellement foncer vers eux ), jusqu’aux œuvres actuelles qui sont, elles aussi parfois, plus vrai que nature à nos yeux. Mais, il ne faut pas oublier que contrairement à des biscuits qui trainent dans le fond du garde-manger, pour le cinéma, vieux ne veut pas nécessairement dire moins bon. The Phantom Carriage en est la preuve!
Il existe une légende selon laquelle la dernière personne morte le soir du Nouvel An doit servir la mort durant une année en ramassant pour lui les âmes des défunts. Ainsi, le soir du Nouvel An, David Holm se fait accidentellement tuer après une bagarre avec deux de ses amis. L’esclave de la mort, une ancienne connaissance de David, viendra donc le chercher afin de lui laisser sa place. Mais avant, il montrera à David tout le mal qu’il a fait dans sa vie afin de lui faire repentir ses pêchés.
On parle donc ici d’un film tiré du roman de Selma Lagerlöf, livre ressemblant pas mal au conte de Charles Dickens A Christmas Carol. Une histoire toujours aussi fascinante que dérangeante lorsqu’on se met a soi-même analyser sa vie, ses actes et s’apercevoir des conséquences qu’on eu celles-ci dans la vie d’autrui. Sommes-nous tous prêts à dire que nous n’avons jamais causé de mal à autrui lors de notre vie?
Avant même de visionner le long métrage, j’ai eu peur que le film ait mal vieilli. Après tout, avec ce genre de film, on aime ou l’on n’aime pas. C’est un goût qui n’est pas présent chez tout le monde. Mais oh combien j’ai été surpris! C’est sûr que c’est un film de son époque, mais la réalisation est surprenante! Victor Sjöström semble toujours en contrôle, ne perdant jamais le fil de son histoire ou de sa trame narrative. De plus, l’utilisation d’images juxtaposées afin de créer des fantômes donne une allure lugubre et glauque à The Phantom Carriage. La réalisation présente aussi quelques moments d’horreur intéressante, dont une scène qui résonne avec l’œuvre de Stanley Kubrick, The Shining! Soit dit en passant, le distributeur Criterion a fait un travail de maitre lors de la restauration de l’image!
Mais la vraie star de The Phantom Carriage, c’est sa trame sonore. Comme pour tous les films muets, c’est la musique qui doit soutenir le film, qui doit parler à la place de ses acteurs. Et ici, la trame nous en fait voir de toutes les couleurs avec sa musique joyeuse, lugubre ou exaltée remplie de violons et de percussions. C’est un personnage à part entière qui nous accompagne main dans la main tout au long du film et qui sait venir nous chercher là où il faut. Une musique qui ne s’essouffle et ne se répète jamais. Le genre de trame sonore que l’on pourrait facilement écouter en tant que tel dans notre auto.
Plus haut, j’ai mentionné le conte A Christmas Carol dont le personnage principal, Ebenezer Scrooge est un être affreux et détestable. Un personnage classique de la littérature et du cinéma. Eh bien disons que David, antihéros de The Phantom Carriage ne laisse pas sa place non plus. C’est véritablement un personnage exécrable, insultant une sœur qui vient de recoudre son manteau délabré, toussant dans le visage de ses enfants afin de les rendre malades. La descente aux enfers de ce personnage, quoique tragique, est tout de même divertissante. C’est d’ailleurs le jeu de Victor Sjöström qui fait toute la différence, insérant assez de charisme pour rendre son personnage délectablement détestable.
Seul bémol, c’est que c’est trop long. Une heure quarante-cinq pour un film de 1921! Il y a trop de choses qui se passent, trop d’évènements dont on est témoin et qui prennent leur temps pour nous mettre toutes les pièces en placent. Sans parler que le début du film est assez décousue comparativement au reste.
Lorsque j’ai vu que le film était disponible à critiquer, j’ai proposé mon nom. C’est loin d’être mon genre de film habituellement, mais la curiosité s’est emparée de moi. Une curiosité qui fut finalement payante!



• Körkarlen (titre original/Suède)


• The Seventh Seal (1957)
• A Christmas Carol (1938)
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