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PIRANHA 3D
2010
RÉALISATION: Alexandre Aja
SCÉNARIO: Pete Goldfinger et Josh Stolberg
AVEC: Elisabeth Shue, Jerry O'Connell, Ving Rhames, Christopher Lloydd et Richard Dreyfuss
Suite au succès international de Haute Tension, le cinéaste français Alexandre Aja a été repêché par les majors américains qui en ont fait un expert du remake! Coup sur coup, le talentueux réalisateur a dépoussiéré le classique de Wes Craven, The Hills Have Eyes et a réinventé le film coréen Into The Mirror (Mirrors). Maintenant, c'est sur le classique de Joe Dante, Piranha, qu'Aja a jeté son dévolu. Avec la promesse que son film contient plus de poissons, plus de totons et un nombre record de litres de sang, le tout en 3D, Aja avait le potentiel de livrer LE remake qui fera fermer la gueule à tous les autres remakes!
La paisible ville de Lake Victoria s'apprête à accueillir des milliers d'étudiants en délire venus célébrer le traditionnel "spring break" américain. Les célébrations coïncident avec un tremblement de terre qui a débouché un lac sous-terrain dans lequel habitent des piranhas préhistoriques. Libérés, ces piranhas à la force incroyable, se voient offrir un véritable buffet humain. Alors que la fête tourne au drame, c'est sur la policière Julie Forester (Elisabeth Shue) que repose la tâche de limiter les dégâts.
Remake d'un film d'exploitation à petit budget, Piranha 3D prend plusieurs libertés sur sa source, tout en demeurant fidèle à celle-ci. Car même si Aja clame que son film n'est pas vraiment un remake, on demeure en territoire "piranhas qui mangent des plaisanciers"! Sur ce point, Piranha 3D livre ce qu'on s'attend d'un film intitulé ... Piranha 3D! Sanglant à souhait et dévergondé comme ce n’est pas possible, le nouveau film d'Aja est un film d'horreur estival très divertissant. Le terme "film à regarder entre amis avec de la bière " est certes cliché, mais il résume parfaitement l'essence du film... surtout si vous êtes un homme et que vos amis le sont aussi!
Alexandre Aja n'est pas un menteur. Lui qui vantait la quantité astronomique de litres de sang utilisés dans son film depuis des mois livre la marchandise. Il est prudent d'affirmer que vous ne verrez certainement pas de sitôt autant de nudité et d'hémoglobine dans une production hollywoodienne d'envergure! En fait, l'histoire du film n'est qu'un prétexte pour la pièce de résistance qu'est le massacre des étudiants. Piranha 3D devrait s'approprier le terme "bain de sang" sans gêne! Les pauvres jeunes venus festoyer y goûtent alors que les piranhas les démembrent, décapitent, castrent, coupent en deux, mangent les seins (au sens non figuré) et grugent les os! Outre des dizaines de filles à poils, le camp des victimes peut compter sur le cinéaste Eli Roth (Hostel), dans la meilleure scène de mort du film, et l'acteur Richard Dreyfuss qui reprend son rôle de Matt Hooper dans Jaws.
Avec sa courte durée, Piranha 3D file à vive allure et vous laissera un sourire aux lèvres permanent. L'oeuvre ne se prend jamais au sérieux et tout comme le spring break, se veut un divertissement éclaté où tout est permis! Alors, pourquoi avec tous ces ingrédients, Piranha 3D n'est-il pas introduit sur le champ au panthéon de la Citrouille d'Or? Parce que comme toute bonne chose, trop c'est comme pas assez! À trop vouloir nous en mettre plein la vue, Aja a oublié certains petits détails de base essentiels pour accoucher d'une oeuvre plus solide qui dépasse le qualificatif de divertissement popcorn.
Comme c'est le cas de bien des jeunes cinéastes, Aja a tendance dans Piranha 3D à banaliser la nudité et la violence au lieu de l'utiliser pour titiller et choquer le spectateur. La nudité est si présente, qu'elle vole la vedette à l'histoire au lieu de l'agrémenter. La violence, quant à elle, est abondante, mais rarement marquante. Une bonne partie du film est concentrée sur le carnage qui survient lors des festivités du spring break. Aja nous donne une excellente vue d'ensemble sur l'étendue du massacre, mais il personnalise trop peu souvent les attaques des piranhas. Rarement voit-on un personnage se faire réellement massacrer par les créatures, les cadavres et les vues d'ensemble prenant toute la place. Pourtant, c'est lorsqu'il porte son attention sur une seule victime que Piranha 3D est le plus efficace.
Un autre problème est qu'en dehors du carnage, le scénario est quasi inexistant. Souvent, la narration se concentre sur les mauvais personnages (le réalisateur porno joué par Jerry O'Connel) au lieu de développer les plus intéressants (la policière personnifiée par Elisabeth Shue). L'histoire progresse donc rarement. Ironiquement, c'est lorsqu'il emprunte une narration semblable à ses prédécesseurs, Piranha et Piranha 2: The Spawning que le remake est le plus intéressant. L'histoire secondaire impliquant la policière et un sismologue à la recherche de solution aurait gagné à être mieux développée. Surtout qu'elle repose sur l'apparition hilarante de Chrstopher Lloydd (Back To The Future) dans le rôle d'un propriétaire d'une animalerie spécialiste en piranha!
Sans vouloir enfoncer d'avantage une oeuvre qui mérite tout de même le détour, il faut mentionner que les effets 3D sont très décevants. L'utilisation du 3D n'apporte rien visuellement à Piranha 3D. Seule une séquence bénéficie de la technologie, mais à 3$ additionnel du billet d'entrée, on aurait pu s'en passer! Les producteurs voulaient clairement ajouter "3D" au titre pour attirer un plus large public et c'est dommage, car si le film s'était réellement assumé, l'utilisation du 3D aurait pu être légendaire!
Somme toute, Piranha 3D est un bon remake très divertissant qui ne surpasse jamais sa source, mais surtout, qui ne va jamais au-delà de son potentiel. Est-ce une raison de manquer le bateau ? Oh que non!!



• Piranha (1978)
• Piranha 2: The Spawning (1981)
• Piranha (1995)


• Spring Break Shark Attack (2005)
• Mega Piranha (2010)
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