PONTYPOOL

2009

RÉALISATION: Bruce McDonald
SCÉNARIO: Bruce McDonald
AVEC: Stephen McHattie, Lisa Houle, Hrant Halianak, Georgina Reilly et Rick Roberts

Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire d’un homme. Un homme qui a reçu un billet pour aller voir le film Pontypool gratuitement. Un homme qui a préféré rester chez lui ce soir-là pour s’occuper de sa femme. Un homme qui a dû payer 13$ de sa poche pour aller voir ce long métrage et le critiquer. Un homme qui sent son 13$ lui brûler le corps, consumer son âme et le tourmenter dans les ténèbres. Un homme qui aurait préféré voir Pontypool gratuitement, et encore là...

Un beau matin, Grant Mazzy se rend à la station de radio de sa petite ville d’Ontario. Tout se passe comme d’habitude jusqu'à ce que la station commence à recevoir des appels inquiétants. Des gens confus appellent et disent des choses incompréhensibles. Des émeutes éclatent un peu partout. Durant la journée, Grant et son équipe découvrent qu’en fait, certains mots sont infectés et transforment les gens en brutes sanguinaires assoiffés de sang. Ils devront donc tenter de survivre à cette attaque enfermés dans le studio.

Bon, j’ai peut-être légèrement exagéré dans mon introduction, mais cela n’empêche pas que Pontypool déçoit énormément. Le principal problème tient dans l’emplacement de l’action, tout se passe dans le studio. Le problème, c’est qu’on suit les événements uniquement de là. Toute l’action nous est racontée par les collaborations extérieures d’un reporter de la station, d’un animateur de télévision et de gens appelants à la station. Alors que dehors, une attaque époustouflante digne de 28 Days Later se passe, on est confiné à l’intérieur. Mais il ne se passe rien! C’est un peu comme si vous étiez dans votre auto et que vous écoutiez un CD où un acteur vous raconte avec une voix taciturne les événements de Dawn of the Dead. L’idée aurait pu très bien marcher, mais le scénario et la réalisation n’arrivent jamais à nous immerger dans l’horreur du film. On n’arrive pas du tout à sentir la panique et l’horreur des personnages.

Cependant, même si le réalisateur Bruce McDonald ne réussit pas à insérer de l'intensité dramatique à son film sa réalisation est excellente. Avec principalement un seul décor, il réussit à réaliser un film qui ne se répète pas visuellement et évite la claustrophobie.

Finalement, quand l’action commence, c’est beaucoup trop tard. Les « zombies » n’apportent pas vraiment d’horreur ni d’action et le niveau de testostérone n’augmente jamais vraiment. Seul moment d’horreur intéressant est lorsque la technicienne de la station devient infectée et qu’elle se promène, confuse, dans la station en s’automutilant. Le tout est principalement filmé de la cabine radio, ce qui fait que l’on n’entend rien de ce que la technicienne dit ou fait. Cela donne une aura spécialement horrifique à la scène.

Bien que les acteurs soient tous très bons, il y en a deux qui sortent du lot. Stephen McHattie incarne Grant Mazzy avec énormément d’intensité. Il fait d’ailleurs penser à Lance Henriksen dans ses belles années. L’autre acteur est Hrant Halianak. Lui, ce n’est pas son talent qui le démarque, mais plutôt le fait qu’il n’en a aucun. Halianak mérite sans problème la Citrouille D’Or du pire acteur de l’année. La cerise sur le sundae, est que son personnage est celui qui doit nous donner la majorité des réponses. Habituellement, ce rôle dans un film est hyper important. L’arrivée de ce personnage doit marquer un point tournant dans le film et nous donner une exultation, annoncer une finale enlevante, mais aussi boucler intelligemment le scénarisent. Ici, la prestation d’Halianak vient tout gâcher. Il n’a aucune présence et livre son texte avec un amateurisme écœurant. On dirait presque un personnage de professeur dans les vieux dessins animés de Bugs Bunny.

Pontypool souffre d’un manque d’intensité, ce qui gâche une idée de base extrêmement ingénieuse. À vous de savoir si vous voulez me rejoindre dans la tourmente de perdre un 13$.

  • Dominic Paulhus

  • 28 Weeks Later (2007)
    The Signal (2007)

     

     
     


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