POOR PRETTY EDDIE

1975

RÉALISATION: Richard Robinson et David Worth
SCÉNARIO: B.W. Sandefur
AVEC: Leslie Uggams, Shelley Winters, Michael Christian, Ted Cassidy et Dub Taylor

Un autre de ces "classiques cultes des années 70" dont personne n’a entendu parler, qui refait surface à l’ère de la haute définition. Poor Pretty Eddie jouit d’une réputation plutôt enviable, comme la majorité de ses confrères réédités, et sa prémisse a su piquer ma curiosité, mais on n’apprend pas à un vieux singe comment faire la grimace. J’ai connu mon lot de déceptions au fil du temps. Dupé par l’emballage, le synopsis, la réputation ou les trois. Après tout, le qualificatif "cult classic" ne signifie plus grand-chose dans le marketing de films obscurs…

Une chanteuse de jazz afro-américaine prénommée Lyz tombe en panne dans un bled perdu, alors qu’elle se rend je ne sais trop où. Elle se retrouve dans un motel dirigé par le jeune Eddie et la grosse Bertha, un couple de rednecks profonds qui n’a pas l’habitude des clients. Eddie promet à la chanteuse que sa voiture sera fonctionnelle dès le lendemain matin, et l’invite à dormir au motel. Progressivement, Eddie se convainc que la belle Lyz le trouve de son goût, et décide de prolonger son séjour, au grand désarroi de sa grosse Bertha. Les délusions d’Eddie le mènent à violer la chanteuse, avant de la garder captive, et d’ultimement, en faire son épouse lors d’une fête de village absurde.

Poor Pretty Eddie a traversé l’épreuve du temps grâce à une histoire de viol et de triangle amoureux tordus, qui, encore aujourd’hui, reste passablement fâcheuse. Si Leslie Uggams est très mauvaise dans le rôle de la chanteuse afro-américaine, Shelly Winters elle, brille dans le rôle de la grosse Bertha burlesque. La folie qui découle de sa relation avec Eddie (efficacement joué par Michael Christian) prend un certain temps à s’installer, mais une fois en place, ne cesse de surprendre.

Somme toute, le film de Richard Robinson n’est qu’un autre film d’exploitation vite fait, mais contrairement à ses semblables, Poor Pretty Eddie accuse une part de mérite artistique. Ça prend un certain temps, mais on fini par sentir le film se dégêner. À mi-chemin, on commence à avoir droit à certains plans de caméra plus audacieux, ainsi qu’à une trame sonore plus complexe, destinée à accentuer les malaises.

Je peux comprendre l’étiquette "culte", à partir du moment où un film comporte au moins UNE scène mémorable. UNE raison de s’en souvenir et de vouloir en parler. Poor Pretty Eddie passe le test de justesse, alors q’Eddie viole Lyz pour la première fois. La scène est entrecoupée d’images d’accouplement de chiens, servis avec une joyeuse chanson pop. Le facteur weird se réveille, et entame une ascension qui ne se terminera qu’à la dernière scène, impliquant tout le village.

Malheureusement, la qualité du transfert est absolument exécrable. On a souvent l’impression de regarder une vieille VHS tellement le travail a été bâclé. HD Cinema Classics semblent vouloir nous faire vivre l’expérience de l’exploitation jusqu’au bout, en nous refilant des Blu Rays de moindre qualité. Apparemment, eux aussi ont l’intention d’encaisser des dollars sans trop d’efforts.

  • Robert Parent

  • • Black Vengeance (titre alternatif)

     

    • Thriller : A Cruel Picture (1974)
    Two Thousand Maniacs! (1964)

     

     
     


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