PREDATORS

2010

RÉALISATION: Nimród Antal
SCÉNARIO: Alex Litvak, Michael Finch
AVEC: Adrien Brody, Alice Braga, Topher Grace, Danny Trejo et Laurence Fishburn

Avec l’apparition de la désappointante série des Alien vs Predator (Requiem, quel navet !) au cours des dernières années, plusieurs amateurs du genre en sont venus à se poser une question : Le Prédateur mérite t-il sa réputation, avec seulement deux films à son actif ? Les détracteurs diront sans doute que non. Mais pour les fans de la créature aux dreadlocks (J’en suis ! Sachez le dès maintenant), la question n’est même pas à poser. Predator et sa suite sont des films marquants des années 80. Extrêmement populaires, nominés aux Oscars et encensés par la critique, ils viennent confirmer que dans une série, il vaut mieux faire primer la qualité sur la quantité.

En 1994, un jeune réalisateur de films d’action nommé Robert Rodriguez a soumis son scénario pour Predator 3 aux studios en charge. Il était un grand fan de la saga, qui fait partie (entre autres choses) de ses références lors de l’écriture du scénario de From Dusk Till Dawn. Il proposait dans son script un retour en grande pompe de Dutch (Schwarzenegger). Malheureusement pour lui (et pour nous !), on a refusé sa proposition. Ce n’est que 15 ans plus tard, dans le fort d’une vague de remakes et de reboots, que les studios l’ont approché pour lui proposer de réaliser ce fameux film. Il est donc déplorable de savoir que ces derniers sont passés à côté d’une opportunité en or, puisque Rodriguez est indisponible pour les prochaines années. Néanmoins, le coréalisateur de Grindhouse et Sin City a agit en tant que producteur exécutif sur ce film, qui a été réécrit pour l’occasion.

Plusieurs militaires et tueurs en tout genre sont parachutés dans un mystérieux environnement après avoir été enlevés. Ils sont de diverses nationalités, ne se connaissent pas, et ne savent pas comment ils sont tombés dans cette jungle étrange. Cependant, ils réaliseront bien vite qu’ils ne sont plus sur Terre, ayant été emmenés sur une réserve faunique par un trio d’extra-terrestres désireux de faire une bonne partie de chasse. Composé de plusieurs caractères opposés, le commando de fortune devra néanmoins s’organiser s’il désire survivre à ces gigantesques monstres aux technologies surdéveloppées…

Précisons tout de suite que Predators est une suite à part entière, puisque de nombreuses personnes semblent l’interpréter comme le remake qu’il n’est pas. De nom comme de recette, Predators est clairement l’équivalent d’Aliens. Le film propose un nouveau point de vue des éléments (Jungle, chasse aux commandos) qui donnèrent du charme au film de 1986, tout en offrant une expansion très sympathique à la mythologie de la créature! Si ce troisième opus peut ramener vers celui de John McTiernan, l’idée de transporter les protagonistes vers une jungle extra-terrestre offre un tout nouveau pan d’histoire et d’opportunités. Faute de budget, cet environnement différent n’aura pas la gueule d’un Avatar, mais on en fera tout de même assez pour tenter de vous dépayser.

Pour une nouvelle fois, j’ai aimé en découvrir plus sur ces mystérieuses créatures que sont les Prédateurs ! Ainsi, on offre au spectateur d’intéressantes nouveautés sur la configuration sociale de leur monde. Malgré tout, Predators se focalise beaucoup sur les séquences d’action. Ne vous attendez pas à subtilité et grandes thématiques sous-jacentes ! C’est avant tout un jeu de survie intense. Le tout est allié à plusieurs de ces pointes d’humour qui faisaient le charme du métrage original.

L’une de mes plus grandes angoisses face à ce film était son réalisateur. Les Vacancy et Armored de Nimród Antal sont, à mon humble avis, deux réalisations assez mauvaises. Pourtant, la surprise est ici d’excellente qualité! Dès les premières minutes, Antal démontre un savoir faire surprenant. La séquence des parachutes introduit bien le film. Durant tout le déroulement, des scènes d’action au doigté remarquable viendront marquer l’esprit du spectateur. Un montage serré et une bonne tension marquent la progression globale. Predators est vraiment plus sombre que ses prédécesseurs (Qui évoluaient dans un esprit mid-80’s très prononcé), et vous le remarquerez rapidement. Les créatures n’ont aucune pitié, et chassent de façon extrêmement agressive ! C’est d’ailleurs là toute la tension du film.

Bien entendu, c’est au niveau des dites scènes d’action que la supervision de Robert Rodriguez, qui est sans doute LE meilleur en ce domaine, se fait sentir ! Entre l’attaque de créatures qui tiennent guise de chiens de chasse aux Prédateurs, la pléiade de pièges vicieux, le superbe combat final ou un duel au sabre qui n’a rien à envier à Kill Bill, les amateurs seront ravis ! Les sangs verts et rouges se mêlent, culminant avec une décapitation des plus délicieuses ! D’ailleurs, l’affrontement qui oppose deux Prédateurs d’espèces différentes devrait servir de leçon à ceux qui ont tournés les combats très banals d’Alien vs Predator!

Si le casting réunit divers gros noms (Adrien Brody (encore ?), Laurence Fishburn, Topher Grace, Danny Trejo), certains personnages sont sous-utilisés, et la destinée de la majorité est nettement prévisible dès les prémisses. Quelques surprises n’auraient pas été de refus ! D’ailleurs, deux revirements nous sont balancés dos à dos vers la fin du film. Des éléments qui m’ont estomaqué, mais qui se sont partiellement dissipés avec une poursuite du récit plus classique. Malgré tout, le groupe a un certain charisme, et on se prend à s’attacher à eux. Topher Grace (That 70’s Show) possède des lignes hilarantes, Fishburn incarne un personnage auquel je ne m’attendais pas et Brody fait preuve d’une froideur très authentique. Alice Braga, qui incarne l’une des protagonistes principale, est une belle découverte.

Les multiples clins d’œil/références faits au film original saturent peut-être un peu Predators, mais ils sont pour la plupart très sympathiques. Qui n’appréciera pas un affrontement final digne de celui d’Arnold Schwarzenegger, ou une bonne vieille extraction de colonne vertébrale ? Musicalement, l’hommage est aussi de la partie. Le retour de plusieurs des morceaux cultes d’Alan Silvestri m’a fait crier d’extase dans la salle de cinéma !

Predators n’a clairement pas à avoir honte de quoique ce soit. Il s’agit d’un troisième film d’excellente facture et d’une très belle façon de ressusciter les aventures en solo du meilleur de tous les extra-terrestres ! Si quelques facilités de scénario m’empêchent de monter ma note plus haut, je recommande chaudement à tous les vrais amateurs de cette saga de se rendre au cinéma au plus vite pour apprécier ce qui, peut-être, n’est qu’un prélude à Predator 4 et 5 !

Et n’oubliez pas de manger des Old Dutch en le regardant !

  • Marc-Antoine Labonté

  • • Les Prédateurs (version française/Québec)

     

    Predator (1987)
    Predator 2 (1990)
    Alien Vs Predator (2004)
    Alien Vs Predator: Requiem (2007)

     

    Aliens (1986)
    Dog Soldiers (2004)

     

     
     


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