PRIEST

2011

RÉALISATION: Scott Charles Stewart
SCÉNARIO: Cory Goodman
AVEC: Paul Bettany, Karl Urban, Cam Gigandet, Maggie Q et Lily Collins

En 1999, Kevin Smith sortit le film Dogma, une satire à propos de la religion catholique. Les fanatiques ont alors pété leur coche et fait du piquetage devant les cinémas afin de dénoncer le film qui tenait des propos jugés hérétiques… et parce qu'il contenait un monstre en caca. Personnellement, être un de ces zélés, j’aurais bien plus capoté à l’idée d’un film comme Priest qui ridiculise les fondements de leur religion. Le long métrage a beau ressembler à un pamphlet pour les bienfaits du Vatican, il fait passer les gens de l’Église pour une gang de caves, même si ici, les prêtres font du kung-fu contre des ninjas au lieu de simplement violer des petits garçons.

Depuis la nuit des temps, les hommes se battent contre les vampires. Mais à mesure ou les siècles avancent, le combat se fait de plus en plus violent, au point que la Terre en est presque morte. Les humains ont éventuellement gagné la guerre grâce à leurs armes ultimes, des prêtres/ninja. Après la victoire, l’église a placé les vampires survivants dans des réserves. Lorsque sa nièce se fait enlever par des vampires, le plus puissant des prêtres part à sa recherche malgré l’interdiction de ses patrons.

Non, mais quelle journée de merde! Jamais plus je ne passerais sous une échelle devant un chat noir un vendredi 13 si ça me cause de voir un film comme Priest, qui laisse un méchant arrière-gout. Je parle toujours du film là, pas des pénis des vieux cochons.

Fonzy ne se forçait pas pour être cool, il l’était, tout simplement! Les réalisateurs de films d’action horrifiques devraient prendre exemple sur ce personnage mythique d’Happy Days. Surtout ce Scott Charles Stewart avec ses navets tels que ce long métrage et son précédent, Legion. Pourquoi avoir autant besoin de mettre des scènes de combats au ralenti, des moments d’action impossible ( même pour un film de vampires ) et autres minables trucs de ce genre? Ce n’est pas parce que tu montres ton héros faire tout ça qu’il est nécessairement « hot ». Ça veut encore moins dire que ton film donne des frissons dans le dos. Je pourrais bien me filmer en train de manger 28 hot-dogs au ralenti que ça ne ferait pas plus de ce moment un instant cool. Le fait que je mange 28 hot-dogs, ça oui, mais pas le ralenti. Ça semble la solution facile ça maintenant, le ralenti. On manque d’inspiration pour une scène d’action? Mets du ralenti! On veut mettre l’attention sur quelque chose de précis? Mets du ralenti!

Et quand je dis moment cool, on s’entend. La plupart des scènes se résument à des passes de kung-fu au ralenti et de moments où notre héros utilise des armes ridicules, comme des shuriken en forme de croix sortants d’une bible. Il y a même un moment où le héros reçoit une arme en forme de croix d’un autre prêtre. À quelques reprises, on nous montre l’arme en gros plan pour bien comprendre qu’elle est puissante. Après avoir reçu une volée monumentale, notre héros sort donc cette fameuse arme avec un regard de fatalité, comme quoi il s’apprête à tout détruire sur son passage tellement l’arme est puissante. Finalement, il s’en sert… et on découvre que c’est juste un couteau bien normal! Toute cette « coolitude » pour rien! En fait, voilà bien le drame derrière Priest. Énormément de poudre aux yeux pour pas grand-chose.

Surtout qu’en plus, je ne sais pas si c’est mon cinéma ou si Priest est éclairé par la même équipe que AVP : Requiem, mais on ne voyait que dalle! Non seulement les scènes d’action sont trop courtes et mal filmées, mais en plus le film est beaucoup trop sombre. Même lors des scènes extérieures de jour en plein désert, je me demandais si le soleil ne jouait pas à cache-cache. La seule partie réussie du film, c’est le générique d’ouverture. Par le biais d’un dessin animé assez violent, on nous explique les guerres passées entre les humains et les vampires et pourquoi le monde est devenu ce qu’il est. Cette intro contient 95% du gore inclus dans le film et est pas mal plus divertissante que le 80 minutes qui suit.

Comme bien d’autres dans son genre, Stewart et son scénariste Cory Goodman utilisent la gamme complète des trucs faciles pour faire un film hollywoodien. Le scénario tiendrait sur trois carrées de papiers de toilette. Un peu comme pour les merdes du genre telles que Legion et Jonah Hex, le fil du film ne tient que sur les déplacements que font les héros pour finalement combattre le grand méchant loup et sauver tout le monde. Les personnages sont terriblement unidimensionnels, représentant chacun qu’une seule émotion durant tout le film, comme être en crisse, en manque ouse rouler les moustaches de façon machiavélique en grognant de rage. Sans compter que le scénario utilise tous les clichés du genre et qu’on voit les événements du film arriver à l’avance.

Le pire, c’est que je soupçonne le matériel original, un manga japonais, d’être bourré de références et d’une mythologie extrêmement complexe. Il y a bien quelques flèches envers la religion catholique, mais il semble que le scénario fut filtré au maximum pour ne laisser qu’un résidu peu nourrissant.

Un moment donné, on apprends que le méchant du film est en fait une nouveauté qui n’a jamais été faite auparavant, un vampire humain! Euh, vraiment? La reine des vampires n’a jamais regardé la télé avant ou lu Dracula? « Oui, bonjour? Le bureau des brevets? J’aimerais déposer une demande pour une nouvelle invention que j’ai découverte l’autre jour. J’appelle ça le pain tranché! ».

Legion, Jonah Hex, Priest, Van Helsing, en avoir vu un, c’est les avoir tous vu. On dirait que c’est universel de la part des prêtres de fourrer le monde, que ce soit dans le cul ou dans votre portefeuille. Vous voulez que je décrive Priest en un mot? Cliquez ici!

  • Dominic Paulhus

  • • Prêtre (version française/Québec)

     

    Jonah Hex (2010)
    Legion (2009)

     

     
     


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