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PRIMEVAL2007
RÉALISATION: Michael Katleman Primeval a été balancé en salle sans avertissement et avec un minimum de publicité. Généralement, une telle procédure n'est pas un très bon signe! Au vu du produit fini, il devient par contre évident que le studio ne savait aucunement comment commercialiser un tel film. Voyez-vous, Primeval est bien plus qu'un banal film de crocodile mangeur d'hommes comme le suggère sa bande-annonce. Cette publicité mensongère risque d'anéantir toute chance au film de trouver son audience. Dommage! Dans la rivière Tangayika en Afrique, un crocodile géant, surnommé Gustave, sème la terreur. Selon la légende, il aurait fait plus de 300 victimes à ce jour. Après qu’une humaniste américaine ait été dévorée, une équipe de journalistes est envoyée sur les lieux. Ces derniers sont accompagnés de spécialistes chargés de la capture de l’animal. Ce qui devait s’avérer être un périple fascinant dans un coin perdu de l’Afrique tourne rapidement au cauchemar, lorsque le groupe se voit impliqué involontairement dans la guerre civile qui fait rage au pays! À se fier aux critiques majoritairement destructives, Primeval est l'équivalent d'une éclipse solaire! Tout ceux qui le regardent risquent de devenir aveugle! Avec le peu d'enthousiasme démontré par son propre studio, il était permis de s'attendre au pire. Inspiré de faits réels, Primeval est un film particulier, mais surtout rafraîchissant qui saura plaire à ceux qui n'ont pas une idée déjà préconçue du film. Primeval n'est pas un film de crocodile mangeur d’hommes! Je dirais même qu'il ne fait qu'effleurer le concept du film d'horreur! Gustave n'est que l'élément catalyseur au contenu sociopolitique du récit. Au beau milieu de la jungle africaine, les protagonistes sont mêlés à une guerre civile qui ne les regardent pas! Ils se font tirer dessus, poursuivre et sont témoins du massacre sauvage d'une famille innocente! Le méchant crocodile qui essaie de leur mordre le derrière est donc le dernier de leurs soucis! S’il est vrai que l’horreur du film n’est pas son meilleur atout, cela n’empêche pas Primeval d’être divertissant. Les tensions politiques sont bien mises en scènes et le massacre de citoyens ainsi que les tentatives d’attentats face aux journalistes gardent en haleine. Plusieurs scènes de meurtres sont assez brutales, en partie dû à leur nature réaliste. Je pense en particulier à un père qui se fait décapiter devant sa famille. Bien qu’il ne se montre pas le bout du nez bien souvent, Gustave est aussi responsable d’une bonne partie du carnage du film. Le crocodile format géant a été réalisé par ordinateur et le résultat est assez surprenant dans les circonstances. Ses premières apparitions sont d’ailleurs impressionnantes! Même si ses carnages sont filmés nerveusement par Katleman, on a néanmoins droit à quelques moments gores bien sentis, notamment une tête qui éclate sous les dents de la bête! Si on peut pénaliser le film, c’est sur son approche un peu trop légère face à des sujets très sérieux (génocide, guerre civile, esclavage). Le ton général de Primeval hésite entre le sérieux et le léger, ce qui vient amoindrir l’impact de l’étude sociale. Sans pour autant faire dans la comédie, le récit est parsemé de moments cocasses souvent inutiles. À cet effet, le personnage du caméraman, joué par Orlando Jones (Evolution) sert de clown au récit. Si quelques-unes de ses répliques sont savoureuses, la plupart ratent par contre la cible. Ses réactions face au crocodile sont aussi trop poussées. Le voir montrer son majeur à une bête de 30 pieds qui tente de le manger enlève un peu de réalisme au film! Aussi, pour une histoire basée sur des faits réels (le crocodile existe vraiment, l’expédition des journalistes n’a jamais eu lieu), Primeval n’hésite pas à faire dans le blockbuster hollywoodien. Les scènes d’action sont tirées par les cheveux à souhait! Les méchants tirent à quelques mètres des protagonistes, mais ratent toujours la cible. Ce n’est par contre pas le cas des journalistes qui, sans jamais avoir utilisé d’armes, réussissent à atteindre la cible du premier coup. Ce manque de réalisme bifurque l’attention du contenu politique qui lui, est très réussi. Malgré tout, cela ne vient qu’augmenter l’effet divertissant d’un film qui aurait pu être idiot sans un élément « cheesy »! Malgré son imperfection, Primeval est une agréable surprise! Ceci est en partie dû au fait que mes attentes étaient très basses, mais aussi grâce à l’efficace mélange d’horreur, d’action et de contenu politique.
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