PURGATORY

2006

RÉALISATION: Éric Falardeau
SCÉNARIO: Éric Falardeau
AVEC: Miguel Doucet et Josée Barlow

Lorsque j'ai su que je devais faire la critique du court métrage québécois Purgatory, j'ai tout de suite été intrigué par le titre. En démarrant le DVD, l'introduction du film par Lloyd Kaufman en personne m'a encore plus mis l'eau à la bouche. Deuxième court métrage du réalisateur Éric Falardeau, Purgatory se veut un film ambitieux qui, sans le moindre dialogue, nous transporte dans l'univers obscur d'un homme souffrant. En seulement une quinzaine de minutes, Falardeau nous propose une expérience plutôt hors de l'ordinaire.

Il serait vain de résumer le scénario de Purgatory, puisque le film ne possède pas de contenu narratif à proprement parler. Pour tenter de vous donner une idée, comprenez que le film comporte deux éléments principaux: un homme et sa douleur intérieure. L'homme est filmé à l'intérieur de pièces étranges et on l'observe agir en silence. Pour le bienfait de ceux qui ne l'ont pas vu, je n'en révélerai pas davantage. Ce que je peux vous confier par contre, c'est que Purgatory est troublant à souhait.

L'esthétique de Purgatory est particulière. Le réalisateur a décidé d'utiliser une pellicule granuleuse et s'est assuré de la vieillir. L'effet est très réussi et sert très bien le propos du film. Cette idée est également appliquée aux effets sonores qui occupent une importance capitale (étant donné l'absence de dialogue). Autant on sent le monde intérieur du personnage complètement distorsionné, autant à l'image et au son cela se répercute. En définitive, au niveau de la réalisation, je n'ai que des compliments pour Éric Falardeau. Les éclairages sont adéquats et le réalisateur ne manque pas d'idées pour rendre son film intrigant.

La musique, pour sa part, est discrète mais efficace pour donner froid dans le dos. Je tiens d'ailleurs à mentionner que Purgatory a le pouvoir de gravement effrayer. J'ai rarement été aussi tendu de façon continue devant un film. La grande force du film est surtout son atmosphère qui est assez unique. Parfois, on se croirait dans un délire surréaliste. La relation entre chaque plan est souvent ambiguë et il est difficile d'imaginer une logique au film. Néanmoins, c'est tant mieux ainsi, puisque l'idée du film réside précisément sur le désordre intérieur. Malgré cet apparent chaos, je vous assure que Purgatory forme un tout cohérent. Il surprend, déstabilise, mais son but n'est pas de vous donner mal à la tête. De plus, son rythme en facilite le visionnement à plusieurs reprises (!). Sans vouloir trop vous mettre l'eau à la bouche, je dois ajouter que le film contient des scènes de gore marquantes. En considérant son budget très restreint, les effets spéciaux de Purgatory sont d'une grande qualité. L'acteur principal, pour sa part, fait un excellent travail.

Il est possible que le faible budget du film en rebute certains. Il faut avoir en tête que Purgatory est un film indépendant qui ne bénéficie pas des mêmes ressources matérielles que celles des grosses productions. L'idée du travail sur la pellicule est très intéressante, mais serait peut-être mieux sortie avec un budget décent. Cependant, je répète que j'ai trouvé le résultat impressionnant. Pour vous fournir un exemple, l'effet n'est pas sans rappeler ces fameux "snuff" movies.

Après visionnement, je vous confirme que Purgatory porte justement son titre. Avec un tel film, on ne peut qu'espérer qu'Éric Falardeau continue dans le genre. Si vous croyez qu'au Québec, on ne verra jamais un long métrage d'horreur pur et dur, attendez peut-être de voir ce film. Pour ma part, je ne peux faire autrement que de placer Purgatory parmi les meilleurs courts métrages que j'ai eu l'occasion de visionner. À regarder dans la noirceur avec le son au maximum! Pour vous procurez le DVD de Purgatory, visitez le site du Festival Vitesse Lumière en cliquant ici.

  • Maxime Duguay

  • The Awakening (1990)
  • Subconsious Cruelty (1999)

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