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QUARANTINE 2: TERMINAL
2011
RÉALISATION: John Pogue
SCÉNARIO: John Pogue
AVEC: Mercedes Masöhn, Josh Cooke, Mattie Liptak, Ignacio Serricchio et Bre Blair
Depuis quelques années, un questionnement me hante. Voyez-vous, je fais partie des ces nord-américains mal chanceux qui, inconscients de l’erreur qu’ils commettaient alors, ont vu Quarantine avant le film original qu’il remakait efficacement mais sans trop d’inventivité, l’éminent REC. « Pourquoi est-ce donc grave, Marc-Antoine? », me demanderez-vous sans doute. Parce que, bien que j’eusse regardé REC par la suite, je préfère toujours Quarantine, que j'estime plus prenant et viscéral. Et ainsi, il m’arrive parfois de me réveiller la nuit en me demandant ce qui serait arrivé si j’avais vu en premier lieu la version espagnole. Les larmes coulent alors abondamment sur mes joues à l’idée de cette réponse que je n’obtiendrai jamais.
À mon grand dam, REC n’aura peut-être pas exactement réussi à égaler son homologue américain mais, maintenant que les deux films bénéficient de séquelles indépendantes l’une de l’autre, ce sont les sagas que nous aurons aujourd’hui à comparer.
La nuit même où un mystérieux virus est mis en quarantaine dans un vieil immeuble de Los Angeles (voir Quarantine), les passagers d’un avion commercial déserté vont vivre un cauchemar similaire. En effet, peu après le décollage, l’un des passagers présente des symptômes de cette rage virulente qui agitait les gens dans le premier film. Atterrissant d’urgence, les membres de l’équipage ainsi que leurs passagers n’en seront pas au bout de leurs peines pour autant puisque le tarmac sera mis en quarantaine par le CDC et encerclé par des autorités qui ont ordre de tirer à vue. À présent, les passagers de notre avion ne pourront plus compter que sur eux-mêmes pour survivre à toute cette agitation… Et découvrir qui a importé l’infection meurtrière dans l’appareil.
Conçue avec le quart du budget du remake original (!), cette suite est tout simplement affligeante. Avec une somme équivalente aux 3 millions de dollars qui ont servis à concocter le navet qu’est Quarantine II (désolé si la surprise sur la qualité du film vous est derechef gâchée), Jaume Balagueró et Paco Plaza livreront sans aucun doute des REC 3 ET 4 mille fois plus convaincants.
On se demandera d’ailleurs plus d’une fois ce qui lie cette suite au film original. Ce second volet est une série Z lamentable qui tente paresseusement de faire un pont avec son prédécesseur et qui n’ose même pas relever le pari de continuer la série en caméra à l’épaule. Car pour ceux qui l’ignoraient toujours, Quarantine 2 est un film tourné de manière tout ce qu’il y a de plus banale… Ce qui est même un euphémisme, dans son cas.
Ce film n’a aucun potentiel. Il n’ose rien du tout. On reprend un schéma identique à Quarantine, notamment l’intervention des services de santé, l’idée que tout le monde est contre soi, cette volonté de s’échapper de l’endroit où l’on est enfermés par les égouts… Mais exit l’ambiance oppressante, le stress, le sang… Tout cela n’existe pas ici. Les créatures n’ont rien d’effrayant, handicapées par des maquillages plutôt moches et une mise en scène qui n’est pas maîtrisée. Les lieux explorés sont risibles, particulièrement comparativement à ce vieil immeuble des plus glauques qui était filmé avec une adresse sans bornes. Quant à eux, les effets gores sont à peine dignes de mention et la cinématographie est pauvre. Il est tout bonnement incroyable qu’un film avec si peu de tension et d’atmosphère succède à un chef-de-file dans le genre! Quarantine II m'a carrément évoqué le navet Flight of the Living Dead, qui lui avait au moins de son côté une médiocrité telle qu'elle en devenait hilarante.
De plus, les personnages impliqués ne viennent définitivement pas au secours de ce film. Là où Quarantine parvenait habilement à présenter ses divers protagonistes (et ainsi permettre au spectateur de clairement les distinguer) avant une suite des choses plus musclée, ce second volet propose un lot de personnages inutiles, voir interchangeables. Certains disparaissent sans même qu’on le réalise, personne n’est clairement défini… Ce sont des ébauches d’individus qui fuient devant un danger pas si terrible que ça. Les gens s’abandonnent les uns les autres, dans certains cas lors de séquences à la stupidité incroyable… Pourtant, on adhère si peu à eux que leurs morts n’évoquent pas une seule ride à un masque de désintérêt marqué.
« C’était qui lui, déjà? »
Seule l’actrice principale bénéficie d’un traitement un peu plus enviable pour son personnage. Malheureusement, le jeu de Mercedes Masöhn est absolument ridicule. Là où Jennifer Carpenter livrait des scènes d’hystérie incroyablement crédibles et angoissantes, Masöhn n’a l’air que d’une idiote. La majorité de ses réactions sont d’ailleurs d’une stupidité rarement égalée. Bien près de la trentaine, son personnage de jolie hôtesse de l’air doit s’occuper d’un sosie de Justin Bieber, un adolescent qui a la moitié de son âge et qui pourtant la séduit ouvertement en plus de sembler beaucoup plus stable émotionnellement qu’elle en pleine invasion d’enragés hystériques. Même le "méchant", un membre de la secte vaguement évoquée dans Quarantine (et dont tout l'impact est réduit à néant par le scénario de cette séquelle), ne donne jamais la frousse et ne possède rien de plus que les airs d'un mégalomane de pacotille.
Quarantine II est la preuve tangible que sans l’inspiration novatrice de Jaume Balagueró et de Paco Plaza au-dessus de leurs têtes, les américains sont incapables de faire suivre à leur série un cours original. Cette séquelle est fauchée, déjà vue et ridicule. Elle n’a absolument rien à voir avec son prédécesseur. Rien du tout. De son côté, et avec seulement 50% du budget de ce film, REC 2 est une proposition prenante et novatrice. Il pouvait autrefois être difficile d’établir hors de tous doutes lequel des deux films originaux remportait la palme, mais il devient à présent évident que Quarantine, une série dont l’essence même est l’absence crue d’originalité, est déjà bonne pour la poubelle.
En priant pour qu’ils s’arrêtent ici. Moi, je continue dorénavant avec REC.



• En Quarantaine 2 (version française/Québec)


• Quarantine (2008)


• Flight of the Living Dead (2007)
• REC 2 (2009)
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