RÉALISATION: David Cronenberg
SCÉNARIO: David Cronenberg
AVEC: Marilyn Chambers, Frank Moore, Joe Silver, Howard Ryshpan et Susan Roman
Rabid est le deuxième film du célèbre cinéaste Canadien David Cronenberg. Tout comme pour son premier film, Shivers, Cronenberg s'intéresse aux dangers de la médecine expérimentale. Le film débute en nous montrant un jeune couple faisant de la moto. La vitesse ne leur fait pas peur et ils profitent pleinement des routes désertes de la campagne. Un peu plus loin, une famille tombe en panne, bloquant la rue au complet. Lorsque les motocyclistes arrivent, ils évitent l'auto de justesse, mais sont victimes d'un terrible accident. La fille, Rose, est dans un état critique. Pas le temps de l'emmener à l'hôpital: les ambulanciers la débarquent dans une clinique de chirurgie alternative. Rose est opérée par le médecin de la place et semble sortie de tout danger. Lorsqu'elle se réveille, elle remarque qu'elle a un orifice dans l'aisselle de son bras gauche. Dès qu'elle est en contact avec un humain, elle sent un désir en elle. Une fois près de sa "proie", un pic sort de l'orifice de son aisselle et se plante dans le corps de sa victime. Celle-ci devient alors infectée et devient un espèce de zombie.
L'idée de départ de Rabid est vraiment très intéressante. Cronenberg nous offre une petite métaphore sur les maladies transmises sexuellement, plus précisément le sida, qui commençait à faire son apparition. Le réalisateur a même eu l'audace de donner le premier rôle du film, Rose, à Marilyn Chambers, star du cinéma porno! L'obsession qu'a Cronenberg pour les anomalies du corps humain est une fois de plus exploitée. Le fait que l'héroïne de Rabid ait un orifice en dessous du bras est génial. Il n'y a que dans les films de David Cronenberg qu'on voit ça. Par contre, outre l'idée de départ, Rabid ne contient pas grand chose. Une fois qu'on découvre l'anomalie de Rose, cette dernière infecte des victimes qui, à leur tour, s'attaquent à la population. La dernière heure de film nous offre une série d'attaques. J'aurais cru que Cronenberg aurait poussé son sujet plus loin, mais ce n'est pas le cas. Rabid manque de la profondeur qui caractérise les oeuvres futures du cinéaste tel que The Brood, Videodrome ou The Fly.
Ce n'est pas un mauvais film pour autant. Il ne faut pas oublier qu'il s’agit du deuxième film seulement d'un grand cinéaste en devenir. Le budget très modique du film, moins de 300 000$, joue aussi contre lui. Visuellement, Rabid n'a pas très bien vieilli si on le compare à d'autres films de l'époque, comme Halloween ou The Omen. Les zombies, en particulier, sont plus risibles qu'effrayants. À l'époque, la grande attraction du film était la présence de l'actrice porno Marilyn Chambers (Behind The Green Door pour ceux qui s'y connaissent ...). Cette dernière voulait se consacrer au cinéma "normal" et quitter le monde de la porno. Sa performance est bonne, pour une actrice porno sans réelle expérience, et elle m'a surpris. L'expérience Cronenberg a dû la traumatiser car Rabid est le seul film non-porno auquel elle a participé. Le film offre aussi un cachet particulier pour les Québécois, car l'action se déroule à Montréal. Ceux qui sont intéressés de voir à quoi ressemblaient les Pharmaprix, Radio Shack et SAQ en 1977 seront bien servis.
Les fans de Cronenberg ne voudront pas manquer ce film qui, à défaut d'être une de ses plus grandes réussites, procure un certain divertissement. Ceux qui ne sont pas familiers avec le cinéaste devraient commencer par écouter ses oeuvres plus classiques.