Raging Boll

RAGING BOLL

2010

RÉALISATION: Dan Lee West
SCÉNARIO: Dan Lee West
AVEC:Uwe Boll

Mon amour pour Uwe Boll n’est plus un secret. Cet homme, marginalisé en masse par les boutonneux aux cheveux graisseux qui habitent ce monde virtuel qu’est l’Internet, est loin d’être le diable incarné. Non! Uwe n’est pas l’un des meilleurs réalisateurs de ce monde. Mais il est très loin d’être le pire. Comme dirait mon critique préféré : « Uwe Boll n’est même pas le pire réalisateur allemand dont le prénom commence par la lettre U ». Cela fait des années que je tente d’ouvrir les yeux aux gens, de lui donner une petite chance ou du moins, d’y crisser patience, mais sans succès. Mais Dan Lee West a tenté plus. Il a décidé de réaliser un documentaire à propos de Mr.Boll. Espérons que ce film ne ternira pas plus la réputation boiteuse de mon héros!

Raging Boll est principalement une discussion à cœur ouvert avec Uwe Boll. C’est une longue entrevue entrecoupée par des passages avec des anecdotes de familles et certains faits. On nous relate la filmographie de Boll de House of the Dead, jusqu’à Postal, en passant par le brillant coup de publicité que fut le combat de boxe entre Uwe et quatre critiques.

Malheureusement, le film a une vision beaucoup trop étroite. Premièrement, Raging Boll se la joue trop mélodramatique. Le film est une suite incessante d’images de Uwe qui à l’air pensif, triste ou déçu. En essayant d’attirer de la sympathie de cette façon, le film le victimise plutôt. Ça m’étonne que l’on n’ait pas rajouté des larmes par ordinateur sur la face d’Uwe accompagné de musique triste. Ce personnage plus grand que nature n’a pas besoin de ça et ce n’est pas l’image qu’il projette. Après tout, c’est un homme qui malgré l’adversité réussit chaque année à lever des fonds pour faire ses films, malgré son manque de succès au boxe-office.

De plus, Raging Boll manque son coup en n’interviewant personne. Ce qui fait la qualité d’un documentaire à mon avis, c’est sa diversité d’opinion. Ainsi, il aurait été intéressant que l’on demande l’opinion de fans, d’acteurs ayant travaillé avec lui, de critiques et même de personne le détestant, afin de vraiment comprendre le phénomène Uwe Boll. Au lieu de cela, nous n’avons que le point de vue d’Uwe. Bien qu’il apporte quelques raisonnements intéressants, il a malheureusement tendance à se mettre parfois le pied dans la bouche et d’avoir un peu trop confiance en lui. Par exemple, lors d’une discussion qu’il a avec quelqu’un à propos de son film In the Name of the King, il affirme que d’après lui, le pire scénario c’est qu’il fasse 25 millions au box-office. Une vision très optimiste à propos de son film, ses talents et ses attentes face au public. Mais bon, c’est pour cela qu’on l’aime!

Sinon, l’attraction principale, dont fut inspiré le nom du documentaire, c’est le combat de boxe épique entre Uwe et quatre critiques. Cette partie est captivante seulement pour voir comment le tout fut préparé et pour voir les réactions et points de vue des dits critiques. Malheureusement, lorsque le combat nous est présenté, le ton est si sirupeux et mielleux que j’ai failli tomber dans un coma diabétique. On nous montre alors les images des quatre combats accompagnés mélangés de voix hors champ qui insulte Uwe afin de montrer contre quoi ce dernier se bat. Très premier degré. Il aurait été bien plus plaisant de voir soit l’intégralité du combat ou, du moins, un montage à la Rocky, quelque chose de plus allumer que ce qu’on nous offre.

Dès le début du documentaire, Uwe met le doigt sur le bobo. Il a tout simplement été pris en grippe et désigné comme tête de Turc. Après tout, comme il dit, allez chez votre club vidéo préféré et 95% des nouveautés sont pires que ce qu’Uwe fait. Des compagnies telles que VVS se sont spécialisées dans les mauvais films. Jamais je ne dirais que Uwe est un génie, mais je crois sincèrement qu’il y a bien pire que lui et personne n’en parle avec autant de hargne. Il est victime que de mauvais choix à mon avis. Il n’aurait pas dû commencer sa carrière en adaptant au cinéma deux grosses séries de jeux vidéos comme il a fait. Justement, parlant de ça, Paul W.S Anderson a bien trainé dans la boue le nom de Resident Evil et, bien qu’il a sa part de haine, jamais il n’est devenu un personnage comme Uwe. Pourquoi? D’un point de vue critique, sa carrière n’est guère mieux que celle d’Uwe. Il a fait un bon film ( Event Horizon ) et…c’est tout! Le reste de sa filmographie vole bien bas.

D'ailleurs, c’est assez ironique de remarquer que, si Uwe Boll est devenu ce qu’il est, c’est à cause de ceux qui le détestent! S’il n’avait pas été autant attaqué et insulté sur Internet, jamais il ne serait devenu le personnage qu’il est. Après tout, en connaissez-vous beaucoup de « mauvais » réalisateurs qui ont leur propre documentaire?

Ça serait facile de vous traiter d’imbécile et affirmer que vous ne connaissez rien. Et c’est ce que je vais faire. La plupart d’entre vous ne connaissent pas le vrai sens du terme « film minable ». Vous avez le droit de ne pas l’aimer! Ça, je ne peux pas vous l’enlever tant que vos arguments sont logiques et que vous parlez en connaissance de cause. Mais la plupart d’entre vous jugez d’avance les remakes, vous vous informez que sur les bons films afin de ne pas perdre votre temps. Mais il faut avoir gouté à du vin de dépanneur pour apprécier un Château-Neuf du Pape. Il faut avoir mangé un steak plein de nerfs pour apprécier le steak à 50$ de la Queue de Cheval. Il faut avoir connue c’est quoi une pipe fait par une débutante attribuer de broches pour connaitre la douceur de velours d’une bouche experte. Uwe ne mérite pas d’Oscar, mais encore moins toute la haine qu’il reçoit. Alors, changez votre disque et grandissez.

  • Dominic Paulhus

  • Herschell Gordon Lewis : Godfather of Gore (2010)
    • Spine Tingler : The William Castle Story (2007)

     

     
     


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