RÉALISATION: Brian De Palma
SCÉNARIO:Brian De Palma
AVEC: John Lightgow, Lolita Davidovich, Steven Bauer, Frances Sternhagen et Gregg Henry
Après avoir abandonné le film d'horreur au début des années 80, le réalisateur Brian De Palma s'y est temporairement replongé en 1992 avec Raising Cain. L'histoire est celle de Carter, qui, durant sa jeunesse, a été victime d'une sordide expérience. Son père, un éminent pédiatre, l'a rendu fou dans le but d'étudier la formation d'identités multiples chez l'enfant. Aujourd'hui adulte, Carter mène une vie normale. Lorsqu'il voit sa femme le tromper avec un autre, Carter craque et laisse sortir ses multiples personnalités. Il part alors à la recherche de jeunes enfants pour les kidnapper et tuer leurs parents.
Brian De Palma a, par le passé, prouvé qu'il était un très bon réalisateur de films d'horreur. Je n'ai qu'à nommer Sisters, Carrie, Dressed To Kill et The Fury comme exemple. En 1992, il est revenu au genre qui l'a rendu populaire avec Raising Cain. De Palma a encore beaucoup de flair visuellement. Sans être aussi impressionnant que ses premières oeuvres, Raising Cain nous offre quelques scènes au visuel très original. Malheureusement, son scénario, lui, ne mène nulle part. Assez difficile à suivre, Raising Cain mélange les rêves, la réalité, les fantasmes, les rêves dans les rêves et les flashbacks. Ajoutez à cela un personnage principal qui change de personnalité à chaque cinq minutes et vous obtenez un sérieux mal de tête !
De Palma brise sa structure narrative dans le seul but d'être égal à lui-même. Si, par le passé, cette technique lui servait pour faire progresser l'histoire (rêves, fantasmes, flashbacks ...), ici, il s'en sert juste pour épater visuellement. Le pire, c'est que ça marche: certaines scènes sont extrêmement réussies, comme celle où, sur son lit de mort, une femme a comme dernière vision son mari en train d'embrasser une autre femme.
Il serait injuste de faire une critique d'un film de Brian De Palma sans faire référence à Hitchcock. Son scénario est largement inspiré de Psycho. Ça devient de plus en plus évident vers la fin du film quand Carter se déguise en femme pour commettre ses crimes. Non seulement DePalma s'inspire d'Hitchcock, mais il réussit même à rendre hommage (voulu ?) à un de ses propre film, Dressed To Kill avec sa fameuse scène de l'ascenseur.
Raising Cain est un film inégal, voire même décevant. Si vous êtes fan de De Palma, le film contient quelques bonnes passes visuellement. Par contre, dans son ensemble, Raising Cain n'est pas à la hauteur du talent de son réalisateur.