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RAMPAGE
2009
RÉALISATION:Uwe Boll
SCÉNARIO: Uwe Boll
AVEC: Brendan Fletcher, Shaun Sipos, Matt Frewer, Lynda Boyd et Michael Paré
Uwe Boll est de retour et il est en tabarnak!
Bill est un jeune homme mécanicien habitant chez ses parents. Ceux-ci le poussent sans cesse à déménager et retourner aux études et son meilleur ami le bombarde d’idées politiques anarchistes, lui répétant sans cesse que le matérialisme n’apporte rien de bon. Le tout changera le jour ou Bill recevra sa dernière cargaison, ce qui lui permettra de compléter son costume en kevlar. Armé jusqu'aux dents, il sèmera la panique et la mort dans sa petite ville.
Avec Rampage, Uwe Boll a pas mal de choses à dire, nous bombardant de ses idées politiques et sociales, trainant dans la boue l’impérialisme Américain, parlant d’écologie et plus encore. Je pense entre autres à une scène lorsque Bill rentre dans une salle de bingo et s’y promène. Personne ne remarque sa présence, trop absorbé par leur partie ou simplement ignorant ce qui se passe autour d’eux, parallèle avec l’attitude Américaine envers les affaires étrangères, par exemple. Ou alors le fait que l’ami de Bill fasse des vidéos sur Youtube dans lesquels il vomit ses idées sans grandes convictions, démontrant que les militants de gauches eux aussi sont de grands parleurs, petit faiseur, répétant les mêmes discours plate par habitude, sans vraiment comprendre ce qu’ils disent ou offrir de solutions.
La plupart de ces idées forment la première partie du film qui, bien qu’intéressante, est assez banale et ennuyante. Ayant bien trop travaillé sur le sous-texte du scénario, Boll donne la liberté à ses acteurs d’improviser leurs dialogues. Bien que l’idée ait pu ajouter une touche de chaos contrôlé supplémentaire pour appuyer ses dires, Boll a eu la mauvaise idée de s’entourer d’acteurs ne pouvant bien improviser, même pour sauver leur vie. Les dialogues sont plates, sans saveurs, les acteurs répètent les mêmes affaires et parlent tous en même temps. Bref, une bonne idée gâchée.
En fait, Rampage au complet est une œuvre assez expérimentale. Boll joue énormément avec le montage, insérant des éléments futurs du film dans le présent, pour démontrer ce que Bill pense et fantasme. C’est peut-être le plus gros défaut du film. Malgré toute la bonne volonté, Boll ne parvient pas à rendre le tout cohérent et divertissant, cherchant plutôt à créer des scènes cacophoniques. Ou bien est-ce le but vu que le sous-texte part dans les tous les sens? Boll serait un génie? Hummm.
Cependant, lorsque l’action commence, tout change pour le mieux. Rampage passe d’un film expérimental politique à un film d’action intense et viscéral. Boll se surpasse alors, nous offrant entre autres d’ingénieux plans à la première personne, la caméra ne filmant que le visage masqué de Bill et coupant le son, comme si nous étions Bill, la tête dans le casque étanche et n’entendant alors que des cris de douleurs ou des coups de feu étouffés. Le tout est enchevêtré de scènes où tout le contraire se passe, nous démontrant des meurtres sadiques et froids, des innocents criblés de balles et suppliant pour leur vie. C’est dommage à dire, mais toute cette violence gratuite est ce qu’il y a de meilleur dans le film, Boll maitrisant parfaitement sa caméra. Au lieu de rendre le tout comique et exagéré avec des geysers de sang et des explosions de chair, le tout est extrêmement réaliste, nous plaçant dans une position plutôt inconfortable en tant que spectateur. Bien que divertissant, la violence de Rampage n’est pas la pour que l’on s’extasie, à la manière d’un Rambo disons.
Plusieurs d’entre vous, à ce point, peuvent en être à se poser la question : est-ce que Rampage est nécessaire? Pourquoi pas! Bien que ce soit un Elephant ( de Gus Van Sant ) pour les pauvres, Uwe Boll à également le droit d’étaler ses opinions grâce à l’idée d’un massacre gratuit et violent. Surtout que le film n’en fait pas l’apologie. Évidemment, Rampage ne sera pas pour tout le monde, mais c’est tout de même une œuvre de plus qui tente de faire réfléchir tout en repoussant les limites du cinéma, et ce, sans prétention aucune!
Bien que ce soit une œuvre expérimentale qui ne plaira peut-être pas à tous, Uwe Boll nous démontre avec Rampage qu’il possède un talent certain, n’attendant qu’à éclore, telle une fleur un jour de printemps ensoleillé. Dire que tout ce que ça prenait, c’est un Uwe Boll en colère! Alors, je vais me sacrifier! Uwe Boll, si tu lis cette critique : j’ai baisé ta femme, c’est laid chez vous et tu as un petit pénis! Et maintenant, va me faire un chef-d'œuvre.



• The Lost (2007)
• Elephant (2003)
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