THE REAPING

2007

RÉALISATION: Stephen Hopkins
SCÉNARIO: Carey Hayes et Chad Hayes
AVEC: Hilary Swank , David Morrissey, Idris Elba, AnnaSophia Robb et Stephen Rea

Ma mère m’a toujours dit que si je n’étais pas capable de bien faire quelque chose, je ne devrais même pas le faire. Stephen Hopkins a respecté ce motto pendant des années, jusqu'à aujourd’hui. Apres être disparu du monde de l’horreur suite aux échecs de A Nightmare on Elm Street 5 et Predator 2, Hopkins se concentra plutôt sur l’action ( tel que Lost in Space et 24 ) et les drames ( Life and Death of Peter Sellers ). Cependant, Hollywood a été assez fou pour lui confier un projet d’horreur 17 ans après son dernier projet horrifique.

Après avoir perdu sa famille, Katherine Winter tourne le dos à Dieu et décide de travailler comme « mythbuster » afin de prouver que chaque miracle ont une explication scientifique. Doug, habitant de la petite ville de Haven, vient demander l’aide de Katherine après que l’eau de la rivière fut changée en sang, comme la première des plaies d’Égypte. Katherine et Ben, son assistant, devront alors découvrir la vérité derrière tout les plaies et en apprendre plus sur la petite fille dont tout le monde semble pointer d’un doigt accusateur.

L’idée de base derrière The Reaping est géniale, c’est-à-dire d’utiliser les dix plaies d’Égypte dans un contexte de film d’horreur. Malheureusement, une idée ne fait pas le travail à elle seule. Même si le contexte est intéressant, le scénario ne parvient pas à faire lever la sauce. Tout d’abord, le développement du film est lent et ennuyeux.. Durant ce temps, les premières plaies apparaissent, mais sans marquer le spectateur. Elle ne semblent qu’être la que pour remplir le temps. Pendant que le film avance, les personnages nous sont développé, mais de manière tellement prévisible et caricaturale, que l’on devine d’avance ce qui va se passer. Par exemple, est-ce que le sidekick-comic relief noir va survivre à la fin du film? A vous de deviner! Le pire, c’est que tout ces mauvais éléments sont étirés jusqu'à la toute fin, lorsqu’on se rend compte qu’il ne reste plus de temps au film et que ça doit se terminer. C’est alors que le scénario boucle l’histoire de façon expéditive. Mais la palme des éléments inutiles revient aux flashbacks que Katherine recoit. Dans ces petits moments, on est témoin de la tragédie qui a frappé cette dernière des années auparavant. Cependant, c’est complètement inutile à l’histoire, un simple monologue aurait suffit! Mais non, on doit nous l’expliquer en image pour être bien sûr de comprendre. La cerise sur le sundae est bien sûr le punch final. Je ne le vendrais pas, même s’il est hyper prévisible, mais disons que c’est carrément une insulte au film. Tout d’abord , parce que ça contredit carrément tout ce qui se passe dans le long métrage, mais aussi parce que ce genre de finale a été utilisée beaucoup trop souvent à Hollywood.

L’autre gros problème de The Reaping, c’est que les deux scénaristes ont pris les meilleures scènes tirées des films bibliques, de possessions et sataniques pour les adapter à leur histoire. Si je donnerais un titre à ma critique, cela ressemblerait à « Les dix plagiats ».!!! La plus évidente est la scène de viol tirée de Rosemary`s Baby. Dans ce dernier, la scène est très bien faite et nous donne réellement une ambiance de démence et de rêve. Cependant, dans The Reaping, la scène dure cinq secondes et ne procure qu’un prétexte pour un punch final nul à chier. Chad Hayes et Carey Hayes ont du se dire que c’était une idée de génie de s’inspirer de ces films ou que ça serait un peu comme un clin d’œil, mais ils ont oubliés qu’un clin d’œil doit être intéressant et non obligatoire. Les frères Hayes s’inspirent aussi de la finale de The Wicker Man pour expliquer quel rôle Katherine doit jouer dans tout cela. Il y a aussi le moment clé où Katherine se fait dire par un prêtre qu’elle doit tuer l’enfant car c’est l’incarnation du mal. Cela vous dit quelque chose? Eh oui, The Omen vient aussi faire son tour! Comme vous pouvez remarquer, ce ne sont pas des ressemblances fortuites, mais carrément du plagiat. Avec un seul film, Hopkins et les frères Hayes réussissent à cracher sur plusieurs classiques!

Comme dans beaucoup de films d’horreur, le développement ennuyeux est souvent suivi d’une conclusion haute en couleur, mais trop courte. Du moment que le personnage principal comprend ce qu’elle doit faire, le film change de ton et de rythme. C’est alors que le clin d’œil gros comme le bras de The Omen arrive et que l’action commence. Les quatre dernières plaies deviennent alors plus violentes et intéressantes et ce, jusqu'à la finale. La plaie à propos de la pluie de sauterelles nous donne d’ailleurs droit à la plus intéressantes des scènes du film. Cependant un quinze minutes d’action ne pardonne pas une heure trente d’ennuie!

La plupart des acteurs en vogue ou oscarisés essaient toujours de faire un film d’horreur pour le plaisir ou pour la forme. Malheureusement, certains acteurs comme Hilary Swank prennent mal le temps de s’informer sur le scénario et le réalisateur, surtout ce dernier dans ce cas-ci. Le bon Dieu a plusieurs milliers d’années de retard car sa onzième plaie vient de sortir et j’ai nommée, The Reaping!!!

  • Dominic Paulhus

  • La Moisson (version française/Québec)

  • The Omen (2006)
  • Stigmata (1999)

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