[REC]
2007
RÉALISATION: Jaume Balaguero et Paco Plaza
SCÉNARIO: Jaume Balaguero et Luis Berdejo
AVEC: Manuela Velasco, Ferran Terraza, Jeorge Serrano, Carlos Lasarte et Pablo Rosso
Grâce à Horreur-Web.com, j’ai eu la chance de découvrir plusieurs talents d’origines étrangères. Mais un nom m’a marqué plus que les autres pour son talent de réalisateur et l’originalité de ses scénarios. Jaume Balaguero ne cesse de m’épater. Connu dans notre pays en 2002 grâce à Darkness, Balaguero œuvre dans le domaine de l’horreur depuis le début des années 90. Son expérience ne peut que croître avec le temps et son nouveau film, qu'il a co-réalisé avec Paco Plaza, frôle la perfection. Avec [REC], vous risquez d’être éblouis.
Angéla est journaliste pour une télévision locale. Accompagnée de son caméraman, elle relate le quotidien de ceux qui travaillent la nuit. Un soir, elle accompagne une équipe de pompiers pendant leur quart de travail. La nuit est calme, aucune urgence. Jusqu’au coup de fil d’une vieille dame qui réclame du secours. Le tandem suit les pompiers et découvre en arrivant sur place des voisins très inquiets. D’horribles cris ont été entendus dans l’appartement de la vieille dame. Angéla perçoit la tension des habitants, et l’excitation l’envahi à l’idée que son reportage fasse enfin sortir son émission de l’ombre… elle n’imagine pas à quel point !
Jaume Balaguero s’est surtout démarqué par le passé pour ses authentiques histoires de fantômes (The Nameless, Fragile). Cette fois-ci, lui et son collègue nous proposent quelque chose de complètement différent. L’histoire traite d’un cas de contamination par la rage. Une nouveauté pour l’auteur et réalisateur qui nous en met plein la vue. Certain n’aimeront pas que l’action tarde un peu au début. Mais cette position est voulue par l’auteur afin de bien nous faire ressentir que l’émission d’Angéla souffre de sensationnel. Une fois que l’action débute, c’est comme si on déboulait des escaliers. Tout se passe très vite et l’adrénaline ne fait qu’augmenter. L’ensemble de l’histoire est glorieuse et les seuls défauts du film seraient les scènes quasi inutiles où Angéla nous présente certains habitants de l’immeuble et que la fin est facilement prévisible.
Autre nouveauté à laquelle Balaguero ne nous a pas habitué est le style d’image utilisé. Les œuvres précédentes du réalisateur sont remplies d’images parfaites, sombres et nettes. Dans le cas de [REC], la totalité du film est réalisé à la caméra libre, tout comme dans The Blair Witch Project et Cloverfield. Cette technique amène beaucoup de véracité au film et on voit tout à travers les yeux du caméraman. C’est comme si on y était. Certaines images ont été filmées en infra-rouge, et l’aspect des yeux des personnages vient amplifier la peur qu’on peut y lire. Les prisonniers de l’immeuble sont lancés dans une poursuite infernale pour leur survie, nous entraînant dans une bastringue d’images à couper le souffle. Ceux qui n’ont pas aimé The Blair Witch Project pour cet aspect visuel n’aimeront certainement pas [REC] puisque la caméra bouge plus vigoureusement. Viennent s’ajouter à cela quelques moments gores très appétissants.
Pour ceux qui n'ont pas déjà vu son remake américain Quarantine, la meilleure façon de vous résumer [REC] serait de vous le présenter comme un croisement entre 28 Weeks Later et The Blair Witch Project. Les fans de ces deux films seront estomaqués par le résultat. L’action et l’adrénaline sont au rendez-vous, avec juste assez de gore pour ne pas tomber dans l’exagération. Tous des éléments inhabituels à la fiche de Balaguero, mais de l’audace qu’on redemande.
Si vous souhaitez vous organiser une soirée horreur entre amis, [REC] est le film qu’il vous faut.



• Quarantine (2008)


• The Blair Witch Project (1999)
• Cloverfield (2008)
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