RECTUMA
2004
RÉALISATION:Mark Pirro
SCÉNARIO:Mark Pirro
AVEC: Bill Devlin, Dani Leon, Jean Black, Jim Rainey et Alex W. Chen
Nous sommes en 2010 et pourtant, il y a encore d’énormes tabous sur une partie de notre corps que plusieurs ignorent ou méprise : l’anus! Pourtant, c’est un centre vital de plaisir! Qui n’a jamais ressenti de plaisir à laisser s’échapper un gros dépôt? À lancer subtilement un vent perfide sous les couvertures? Tenter de flamber ce même vent? À s’acharner sur sa copine pour qu’elle se laisse faire dans cette zone érogène peu fréquentée? Rire quand un membre de Jackass se rentre n’importe quoi dedans ou te chie dans la face en 3D? Mark Pirro l’a compris bien avant nous! Il se sert donc d’une paire de fesses mutantes pour amuser son public avec Rectuma.
En vacances au Mexique avec sa femme, Waldo se fait baiser par une grenouille mortelle. De retour au pays, il ressent d’atroces souffrances au ventre et à l’anus. Le verdict est final, il va mourir sous peu. Désespéré, il tente un traitement expérimental : se faire rentrer une barrière d’uranium dans le trou du cul. Malheureusement, Waldo oublie de se rincer l’anus avec de l’eau salée et ses fesses subissent une transformation. Elles peuvent maintenant se détacher de Waldo et tuer des gens comme bon leur semble. En tentant de se débarrasser de son problème, il aggrave les choses au point où son arrière-train se détache définitivement et prend des proportions gigantesques.
Trop, c’est comme pas assez. Voilà ce dont souffre Rectuma. Le scénario est rempli de folie, mais part dans tous les sens, une panoplie d’éléments et de sous-éléments à l’histoire qui s’entrecroisent. Mais à force de s’occuper de tout, le fil conducteur perd de sa puissance. Le pire étant tout ce qui se passe avec une agente du FBI qui se prend pour Jodie Foster en Clarice Starling, personnage de The Silence of the Lambs. Et plus le film avance, pire c’est. Rectuma passe ainsi d’un slasher à un film de monstre géant. Les nombreuses idées sont bonnes, mais auraient pu être mieux ficelées si le film avait duré trente minutes de moins ou si Mark Pirro avait créé deux films au lieu d’un seul.
Malgré tout, Rectuma bénéficie de l’humour déjanté propre à Pirro (Nudist Colony Of The Dead). Que dire des personnages loufoques, comme le savant fou qui demande à une victime de lui dire combien il montre de doigt, de lui faire un signe et de lui pousser dessus avec un doigt s’il l’entend pour finalement lui demander de mettre sa main dans son pantalon et branler sa queue s’il est conscient. Ou regarder notre personnage principal utiliser un dictionnaire anglais/langage de rue pour jaser avec un bandit. L’humour ne manque définitivement pas, même si elle tombe plusieurs fois à plat.
Toujours aussi fervent de musique, Pirro insère une fois de plus un aspect musical à son film sous forme de narration musicale. Un peu comme le trio de chanteuses dans Little Shop of Horrors, il y a un duo de Japonaises qui chantent ce qui se passe en ce moment. Mais les paroles sont un peu plus croustillantes que ce à quoi on peut s’attendre, les chanteuses faisant des blagues cochonnes ou envoyant carrément chier l’audience.
C’est étonnant que personne avant Mark Pirro n’ait pensé à faire un film comme Rectuma quand on sait que l’humour pipi/caca est l’une des pierres angulaires de notre société! Qui sait, Rectuma est peut-être le premier film qui parodie un film de cul et non le contraire. Et comme ce dernier, Rectuma s’écoute très bien un vendredi soir, quand on n’arrive pas à dormir tout en se sentant un peu honteux.



• Idle Hands (1999)
• Attack of The Killer Tomatoes (1978)
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