RED

2008

RÉALISATION: Lucky McKee et Trygve Allister Diesen
SCÉNARIO: Stephen Susco
AVEC: Brian Cox, Tom Sizemore, Noel Fischer, Kyle Gallner et Shiloh Fernandez

Encore méconnu il n’y a pas si longtemps par la plupart d’entre nous, Jack Ketchum est maintenant sur toutes les lèvres grâce aux adaptations de deux de ses livres : The Girl Next Door et The Lost. Pour ma part, Red est le premier film que je vois adapté d’une de ses œuvres, et laissez-moi vous dire que je ne peux attendre plus longtemps de finir le travail que je puisse aller m’acheter tous ses livres!

Avery Ludlow est un vieux veuf reclus et sans amis, mis à part son chien, Red. Lorsqu’Avery part à la pêche avec son cabot, il se fait agresser par trois jeunes voyous. N’ayant rien de valeurs à leur donner, l’un des jeunes se fâche et abat son chien de sang froid. Ayant perdu son dernier ami et seul lien avec sa défunte femme, Avery se mets en quête de justice en demandant aux garçons et à leurs parents des excuses. Lorsqu’il se voit refuser sa requête de façon méprisante, Avery fera tout en son pouvoir pour que les jeunes se repentissent.

Version plus dramatique de Death Wish, mais à propos d’un chien, Red est une œuvre qui vient nous ébranler et ce, sans jouer dans la parodie sanguinolente. En effet, malgré un scénario qui pourrait tourner en véritable film d’action avec un protagoniste qui tire sur tout ce qui bouge, il n’en est rien. Au lieu de nous proposer une effusion de sang, on a droit plutôt à une œuvre qui nous fait réfléchir sur le sens de la violence gratuite et les conséquences qui en découlent, deux thèmes importants dans le scénario. Contrairement à un film comme Funny Games, la violence n’est pas traitée de façon crue et irrévérencieuse. C’est plutôt de son découlement naturel, seule solution acceptable en ces temps barbares de notre société que l’on veut nous parler. Malgré une volonté quasi chevaleresque d’avoir un semblant de justice correcte, le protagoniste et ses antagonistes ne peuvent faire autrement que de toucher le fond du baril dans la spiral de violence qu’engendrent les conséquences de leurs actes.

C’est donc ainsi que le film nous propose plusieurs thèmes, dont celui de la justice. Alors qu’Avery ne cherche qu’à avoir des excuses des jeunes garçons, il se trouve face à plusieurs murs. Tout d’abord, le richissime père du tueur ne veut rien entendre de la culpabilité de son fils, qu’il discrédite en menaçant Avery. Ensuite, la loi lui dit qu’il ne peut rien faire, car un chien n’est qu’une propriété. Ainsi donc, en tuant son chien, les jeunes hommes ne se trouvent pas à commettrent une infraction grave, même si les conséquences le sont dans la vie d’Avery, qui vient de perdre la dernière chose qui lui restait de sa vie d’autrefois.

Avery est l’un des personnages les plus tristes et touchant que j’aie vu. Lors de la meilleure scène du film, il raconte comment il a perdu sa femme et son plus jeune fils aux mains de l’aîné de la famille, qui les a froidement assassinés en les brûlants vifs. Tout cela est raconté dans un long monologue livré avec perfection par Brian Cox. Étant un acteur prolifique et admiré de tous, je trouve qu’il atteint ici l’apogée de son art, et qu’il mériterait une place dans les nominations aux Oscars. Il réussit à nous faire oublier qui il est au profit de son personnage.

Malgré un changement de réalisateur en cours de route (Lucky McKee, réalisateur de May a quitté en milieu de tournage), on ne ressent pas du tout le changement d’artiste et de ton dans le long métrage. Même que cela serait difficile de débattre à propos de qui a tourné quoi. Ce qui est sur, c’est que les deux réalisateurs ont réussi à pondre une œuvre touchante autant dans son scénario que dans son visuel. La direction des acteurs est géniale et les deux chefs d’orchestres réussissent vraiment à nous enrager au plus haut point grâce à ces fichus antagonistes.

Red est une œuvre très forte qui met en scène une simple quête de vengeance et de vérité à l’état pur de façon réaliste. Même si le scénario nous offre une œuvre qui nous fait grandement réfléchir, c’est la prestation de Brian Cox qui mène le bal et qui mérite amplement le visionnement du film.

  • Dominic Paulhus

  • • Pumpkinhead (1988)
    Funny Games (2008)

     

     
     


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