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RED HILL
2010
RÉALISATION: Patrick Hughes
SCÉNARIO: Patrick Hughes
AVEC: Ryan Kwanten, Tommy Lewis, Steve Bisley, Claire van der Boom et Jim Daly
Pourquoi diable est-ce que votre critique du jour semble bien être celle… D’un western?
Film australien bénéficiant de l’éminent Greg McLean (Wolf Creek, Rogue) à titre de producteur exécutif, Red Hill ne correspond pas aux archétypes classiques du cinéma d’horreur, c’est clair et net. Alors, pour ce qui est des puristes qui considèrent qu’aujourd’hui l’étiquette « Horreur » s’applique à des films trop alternatifs à leur goût et qui ne cadrent pas dans les standards préétablis (par qui exactement?) du genre, passez votre chemin. Red Hill est en fait un western contemporain façon No Country for Old Men (la référence est définitivement difficile à éviter, ce n’est pas la première fois que je l’emploie dans une critique) saupoudré d’une pincée de Training Day, enrobé à la manière de Death Wish et croisé avec… Halloween! Inutile, je le crois, de dire que ce projet n’est pas de ceux que l’on case avec aisance.
C’est la première journée de l’officier de police Shane Cooper dans son nouvel emploi. Délocalisé avec sa femme enceinte d’un milieu très urbain au profit de la petite ville de campagne de Red Hill, son adaptation se fait à la dure. Malheureusement pour lui, il n’aura pas seulement à affronter le mauvais caractère des vétérans du nouveau poste de police, puisqu’un dangereux prisonnier s’est évadé la nuit précédente d’un pénitencier à sécurité maximale. Et le prisonnier en question a une sacrée dent contre Red Hill… Il y revient donc en quatrième vitesse, armé jusqu’aux dents et bien décidé à mettre la ville à feu et à sang. Shane aura définitivement bien mal choisi la date de son premier jour!
Pourquoi critiquer Red Hill sur Horreur-Web, exactement? Et bien simplement parce que le traitement du film lui donne souvent l’air d’appartenir au cinéma d’horreur! La majeure partie du long métrage consiste en la traque impitoyable de Jimmy Conway, notre tueur, à-travers les rues de la ville. Cette traque est mise en scène avec un grand souci dans la tension, l’ambiance générale ainsi que la violence. Ce n’est pas mêlant, Red Hill a presque l’air d’un slasher! Dès la première apparition de Jimmy, le niveau de stress est à son paroxysme. Cela est nettement dû à la qualité incroyable de la réalisation de Patrick Hugues ainsi qu’à l’excellente trame sonore qui accompagne le film, toujours bien adaptée à la situation. Le tueur du film est d’une stature monolithique et ne prononce pas un traître mot. À la façon d’un Michael Myers, il avance d’un pas lent mais indestructible à-travers la nuit et tue tous ceux qu’il croise.
Plusieurs des meurtres commis sont d’ailleurs des bijoux de mise en scène. Ces derniers ont beau se commettre à l’arme à feu, on sent régulièrement la nette influence de notre si cher cinéma horrifique. La scène où un vieil homme est coincé dans son saloon, par exemple, est délectable! Jimmy semble être un tueur omniscient, possédant toujours une longueur d’avance sur ses victimes, prenant même le spectateur en déroute à plus d’une reprise. L’arme à feu qu’il transporte est d’un calibre énorme et le réalisateur la filme souvent d’une telle manière qu’elle en vient à évoquer la crainte à la manière d’un couteau de boucher.
D’un autre côté, Red Hill propose simultanément à cela sa part de drame. Tous les éléments guident notamment vers un twist final qui retourne comme une crêpe notre perception du film! Rapidement dans l’histoire, Shane, notre protagoniste principal, est mis K.O. par Jimmy et ne peut que suivre son sillage meurtrier avec un constant retard. Il tente tant bien que mal de survivre en faisant le boulot pour lequel on l’a engagé et son dévouement fait rapidement adhérer le spectateur à sa cause. Suivre son personnage est d’ailleurs important pour nous puisqu’il est clair que celui-ci, dans cet environnement qui ne lui est pas familier, est comme nous le sommes nous-mêmes dans une dynamique d’ignorance et de découvertes constantes. Notre curiosité est donc stimulée (à juste titre) tout du long de Red Hill.
Certains pourraient douter de la pertinence de Ryan Kwanten (Dead Silence, True Blood) quant à assumer le rôle principal de cette production, mais l’acteur y démontre au contraire avoir beaucoup de fibre dramatique. À mon sens, maîtriser le rôle de Jason Stackhouse (True Blood) au point auquel il réussit incessamment à le faire proposait déjà une certaine part de défi et pointait clairement vers le potentiel du jeune homme, potentiel qui sera ici cristallisé avec une prestation exigeante sur tous les plans. De son côté, Tommy Lewis incarne un tueur effrayant, qui saura à la fois inspirer la crainte et, lentement, autre chose.
Au final, ce qui fait pour moi que Red Hill peut prétendre être un must est que le film serait digne d’avoir été réalisé par John Carpenter. Tout y est extrêmement maîtrisé et je crois que les amateurs de films d’horreur, particulièrement de slashers, se doivent de regarder ce film pour sa partie centrale. Quoiqu’il en soit, cet hybride westerno-horrifique (j’aime inventer des mots) est certainement cent fois plus tendu que plusieurs des films d’horreur hautement médiatisés récemment parus au cinéma, The Rite et The Roommate en tête de peloton! Red Hill figure parmi ces propositions différentes et rafraîchissantes qui permettent à notre genre favori de se diversifier et de cesser d’être constamment perçu comme « le lépreux du 7e art ». Définitivement à voir!



• Halloween (1978)
• Death Wish (1974)
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