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RED HOOK
2009
RÉALISATION:Elizabeth Lucas
SCÉNARIO: Sammy Buck et Elizabeth Lucas
AVEC: Christina Brucato, Terrence Mann, Tate Ellington, Alex Brightman et Karla Mosley
La pire chose dans la vie, à mon avis, c’est d’être seulement correct. Quand tu es près de la perfection, on t’apprécie, la vie est plus facile et les gens te regardent avec fierté. Être médiocre apporte son lot de désavantages, mais au moins, on fait jaser, on permet aux autres d’avoir l’air meilleur. Mais être moyen? On passe dans le vide, on ne nous donne aucun choix préférentiel, on est un « bon Jack » ou on est le film que personne ne loue au club vidéo, comme Red Hook.
Jenny commence l’Université. Elle vient d’emménager à New York, après avoir quitté la maison familiale où sa sœur fut tuée devant ses yeux quelques années auparavant. Alors qu’elle tente de se faire des amis et d’apprendre à vivre dans son nouvel environnement, elle se fait pousser dans le dos par un jeune étudiant pour qu’elle participe à une chasse au trésor. Convaincue par un jeune dont elle tombe amoureuse, Jenny s’inscrit. Mais les participants ne trouveront pas que des indices dans cette chasse, mais aussi la mort.
Red Hook fait partie de la pire catégorie de films qui soit à regarder ou critiquer, la catégorie des longs métrages qui font moyennement la job. Le film possède un amalgame balancé d’éléments positifs et négatifs, qui en font une œuvre banale. Si Red Hook était une personne, ce serait un petit orphelin mignon et un peu sale a qui on a seulement envie de faire un câlin et lui dire que tout ira bien en le berçant, mais sans avoir envie de l’adopter
Elizabeth Lucas possède une certaine maitrise de réalisation. Ses plans sont toujours léchés, bien cadrés et essaient quelques fois de sortir des sentiers battus, mais seulement la moitié du temps. Alors que le film nous montre les images « normales », c'est bien correct. C’est lorsqu’elle tente d’insérer des montages ou des interludes à changement de plans que ça se corse. À plusieurs reprises, Lucas insère des images prises du point de vue du tueur, avec une caméra merdique. On passe alors souvent d’une image de qualité à un plan granuleux, sans couleur et qui bouge comme si le caméraman souffrait d’une crise d’asthme…ou se branlait, ce qui ferait beaucoup de sens en fait… .
Sinon, le plus grand crime du film est sa bande sonore. Je ne sais pas si les chansons ont été triées sur le volet ou créées pour le film, mais elles sont d’une banalité époustouflante. De plus, je penche plus sur la théorie que les chansons ont été faites sur mesure pour le film, car les paroles sont toujours au poil avec ce qui se passe à l’écran. Un peu plus, et la chanson avertissait Jenny de regarder des deux coté de la rue avant de traverser, de regarder ou elle marche, car il y a une peau de banane a terre et de faire attention, car une goutte de ketchup est sur le point de tomber sur sa blouse.
On peut dire que le scénario n’est pas si pire que ça, mais il est loin d’être original. Même qu’après dix minutes, on sait déjà qui est le tueur… sans l’ombre d’un doute… pour qui que ce soit… peu importe le QI… ou les connaissances en cinéma…. qu’il respire ou non. Honnêtement, pas grand-chose à dire de ce côté. Le texte souffre des problèmes normaux de film petit budget et d’un manque d’imagination, mais rien de flagrant.
Par contre, je dois lever mon chapeau pour la responsable de la distribution. Je ne peux pas dire que les acteurs sont hors du commun et seront de futures vedettes, mais tous mon surpris par la qualité de leur jeu. Malgré tous les défauts du film, les acteurs réussissent à nous charmer et garder notre attention. C’est rafraîchissant de voir qu’il y a du talent caché encore aujourd’hui. Enfin, petit budget ne rime plus avec petit talent.
Ainsi donc, vous comprenez certainement mieux maintenant. Moi qui prends d’habitude un malin plaisir à décortiquer et rire de films de piètre acabit, ici je ne trouve rien à dire. Le film ne mérite pas de se faire abattre, mais ne mérite pas plus notre attention. Ni mauvais, ni bon, Red Hook passe dans le beurre cinématographique comme un maigre pénis dans un vagin trop « slack » ou pour les cœurs sensibles, Red Hook n’est qu’un « bon Jack ».



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