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RED MIST
2008
RÉALISATION: Paddy Breathnach
SCÉNARIO: Spence Wright
AVEC: Arielle Kebbel, Sarah Carter, Stephen Dillane, Andrew Lee Potts, Michael Jibson
Après les récents Unrest, Pathology et Insanitarium, voici un autre film d’horreur se déroulant en milieu hospitalier. C’est à croire qu’Anatomie – film allemand de 2001 qui demeure pour plusieurs la référence dans le genre – avait touché un nerf sensible. Même que, si la tendance se maintient, le cinéma d’horreur suscitera autant de méfiance chez la population envers les médecins qu’il le fît jadis envers les dentistes… ou, mieux encore, les requins !
Une bande de jeunes étudiants à la médecine se la coule peut-être un peu trop douce une fois rendu à l’extérieur des classes. Alors que le groupe fait la fête dans un bar, Kenneth, un employé de l’hôpital souffrant visiblement d’une déficience intellectuelle, s’approche pour parler à Catherine, une des seules parmi eux lui portant un certain respect. Tous se moquent de l’intrus et lui crient des insultes. Sur le point de quitter l’endroit, Kenneth craque et révèle qu’il a capté sur vidéo l’un d’eux qui s’emparait illégalement de médicaments. Cherchant une solution pour se tirer d’embarras, le groupe oblige Catherine à convaincre Kenneth de se joindre à leur fête. Une forte dose d’alcool et de drogue est administrée au jeune homme. En peu de temps, il convulsionne et perd conscience. Nos futurs médecins sont dans le pétrin et décident de laisser Kenneth sur le chemin sans rien révéler. Mais Catherine est rongée par les remords et traite secrètement Kenneth à l’aide d’un médicament aux propriétés obscures. C’est alors que les étudiants concernés sont assassinés un par un, et ce, même si Kenneth est toujours dans un état comateux.
Red Mist est la seconde entrée dans le monde de l’horreur pour le réalisateur irlandais Paddy Breathnach. Quoique Shrooms (2007) souffrait d’une intrigue inutilement alambiquée et d’un montage irritant, la réalisation de Breathnach et la direction photo soignée permettaient de rendre le produit pratiquement comestible. C’est donc avec une certaine curiosité qu’on aborde son dernier film mettant en vedette Arielle Kebbel (Reeker, The Uninvited), une jeune actrice en vogue.
Les problèmes de Red Mist proviennent principalement de son scénario. La grande faiblesse de Spence Wright est d’abord son incapacité à intégrer adéquatement plusieurs thèmes dans un tout cohérent. On nous sert ici une histoire convenue comme il s’en fait peu, le tout parsemé de quelques idées intrigantes, mais qui, le plus souvent, crèvent simplement dans l’oeuf. Ainsi, on se demande encore pourquoi, en début de récit, Wright s’acharne autant à vouloir nous faire comprendre la réalité psychologique particulière à Kenneth. Car, au-delà de l’empathie que cela peut faire naître à l’égard du personnage, ces informations n’auront aucune utilité pour la suite. Aussi, le dilemme éthique et moral engendré par le drame initial perd tout son intérêt lorsque le film adopte maladroitement le mode slasher.
Red Mist prend trop souvent le spectateur par la main pour lui confirmer ce qu’il sait déjà. Par exemple, pourquoi, lors des meurtres, vouloir systématiquement nous montrer en montage alterné Kenneth sur son lit s’agiter spasmodiquement. D’ailleurs, le sujet du voyage astral, qui devrait être déterminant au sein du film, est traité sans le moindre raffinement. Le public se désintéresse donc naturellement de la quête de Catherine pour se rabattre vers les quelques scènes de meurtres. Ceci étant dit, la réalisation et le montage nous gardent bien en suspens avant chacun des sympathiques moments gore. Mais les personnages secondaires sont si peu développés que leur mort est avant tout consommée comme une distraction. Autrement, les acteurs jouent correctement pour la plupart et l’esthétique du film dégage un certain dynamisme qui l’empêche d’être trop ennuyant.
Pour résumer, disons que Red Mist est une fausse tentative de slasher profond. Pensez à un mélange très mal dosé entre I Know What You Did Last Summer, Final Destination et Tamara. Un petit divertissement sans défense.



• freakdog (titre alternatif/Royaume-Uni)


• The Dead Zone (1983)
• The Living And The Dead (2006)
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