RED RIDING HOOD

2011

RÉALISATION: Catherine Hardwicke
SCÉNARIO: David Leslie Johnson
AVEC: Amanda Seyfried, Shiloh Fernandez, Max Irons, Billy Burke et Gary Oldman

Avant toute chose et tout jugement de votre part, j’aimerais vous rappeler qu’autrefois, jadis, dans le temps où on enregistrait la radio sur nos cassettes et qu’on chaussait des Doc Martens, j’étais une adolescente en fleur qui, malgré son penchant pour les films d’horreur et Kurt Cobain, rêvait, une fois de temps en temps, au prince charmant.

Catherine Hardwicke avait manqué d’aplomb sa cible avec son premier Twilight, me laissant pleines de regrets d’avoir assisté à une si piètre réalisation. Et les suites, qui n’avaient rien à voir avec la dame, n’étaient, qu’en résumé, une énorme perte de temps et, selon moi, surestimées à l’os. J’allais donc voirRed Riding Hood, vendredi dernier, avec peu d’espoir malgré l’admiration sans borne que je voue à Charles Perrault et aux frères Grimm. Un classique est si vite souillé! En toute franchise, j’ai ADORÉ ce film. Mais comme la plupart d’entre vous ont sauté l’étape de l’adolescente en fleur (la majorité des lecteurs étant de sexe masculin), il est fort probable que vous éprouviez un sentiment inverse.

L’histoire du Petit Chaperon Rouge, nous la connaissons tous. Depuis notre enfance, chacun d’entre nous avons rencontré de multiples versions de ce conte issue d’une tradition orale européenne. C’est par contre grâce à la transcription de Perrault en 1697 et aux deux adaptations de Wilhelm et Jacob Grimm en 1857 que ce récit à réussit à traverser les époques sans se démoder. La version du film écrite par David Johnson pige dans les trois écrits et brode de nouveaux éléments afin d’assurer un contenu solide. Nous n’assistons pas à une transposition contemporaine proprement dite. L’histoire se passe toujours au moyen âge mais la toile de fond est tissée de manière à ce que les adolescentes actuelles reconnaissent les aléas de leur existence. Bien joué... mais prévisible tout de même lorsqu’on souhaite remporter un franc succès auprès de notre public cible.

Les habitants d'un petit village isolé au milieu d'une dense forêt vivent dans la peur depuis deux générations. Chaque soir, ils ferment leurs volets, barricadent leur porte, déposent une chèvre en offrande au centre du village et s'assurent que le couvre-feu est respecté. Toute personne osant sortir la nuit risque de faire face au loup-garou. La bête ayant déjà trucidé plusieurs villageois, laissant en deuil les familles impuissantes, la crainte et la colère s’insinuent dans tous et chacun. Valerie (Amanda Seyfried) mène sa barque comme elle le peut malgré la légende bien présente. Ses parents l'ont promise au jeune espoir voisin, fils du forgeron. La pauvre est follement amoureuse du rebelle mais doit se soumettre à la volonté de ses parents. Ses envies de fugue amoureuse seront vites oubliées lorsque la bête sanguinaire met fin aux jours de sa sœur cadette. À la limite du désespoir, le prêtre du village fait appel à un chasseur de loup-garous renommé. Une quête pleines de rebondissement s’en suit et chacun sera soupçonné, des prétendants à la grand-mère de Valerie (bien entendu).

Red Riding Hood personnifie le divertissement pour adolescentes par excellence. Les scènes d’actions aux tonalités horrifiques se mélangent harmonieusement avec celles romancées. L’âge ingrat et ses complaintes sont traités avec intelligence et réalisme. Je pense entre autre à l’impression de ne pas se faire comprendre par ses parents, à l’amour intensément aveuglant, aux premières relations sexuelles et à la rivalité entre personnes du même sexe. Question de rendre l’histoire encore plus alléchante aux demoiselles, on ajoute une musique moderne aux essences tribales ainsi qu’une scène de danse chorégraphiée.

Les choix de décor et les paysages hivernaux sont magnifiques. Les effets spéciaux créés par ordinateurs ne fonctionnent pas toujours malgré le lourd budget de la production. Les acteurs livrent une performance crédible et Seyfried incarne le parfait chaperon rouge dans toute sa splendeur et son innocence.

Les thématiques du conte original comme la violence crue, la découverte de la sexualité et même l'anthropophagie y sont effleurés. Le classique n’est point démoli. Le défaut majeur du film sera probablement sa sortie à un moment où la saga Twilight a beaucoup de poids et d’estime dans le coeur des jeunes filles. Pour ma part, je me suis amusé à me laisser submerger par l’ambiance fantastique de Red Riding Hood.

  • MaryBel Gervais

  • • Le Chaperon Rouge (version française/Québec)

     

    The Village (2004)
    Twilight (2008)

     

     
     


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