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REPO! THE GENETIC OPERA
2008
RÉALISATION: Darren Lynn Bousman
SCÉNARIO: Darren Smith et Terrance Zdunich
AVEC: Anthony Stewart Head, Alexa Vega, Paul Sorvino, Bill Moseley, Paris Hilton et Sarah Brightman
Les amateurs de The Rocky Horror Picture Show peuvent aller se rhabiller, il y a un nouvel opéra-rock horrifique en ville! Repo! The Genetic Opera n'a définitivement pas fini de faire parler de lui!
Le monde est dévasté. Suite à une épidémie de défaillances d’organes, la compagnie GeneCo s’annonce comme un sauveur en offrant sa sélection d’organes, autant pour survivre que pour le plaisir. Car, dans un futur rapproché, la chirurgie plastique est devenue à la mode. Avoir un foie greffé ou changer de visage est très tendance. Mais, en contrepartie, si un client ne peut payer ses factures, GeneCo envoie un de leur RepoMan, un assassin qui reprend les organes non payés. C’est dans ce monde que vie Shilo, une jeune adolescente souffrant d’une rare maladie du sang. Elle se retrouve malgré elle dans un imbroglio entre son père (le meilleur RepoMan), Blind Mag (la plus grande chanteuse d’opéra), Rotti Largo (président de GeneCo), les héritiers de Rotti ainsi qu’un étrange personnage du nom de Graverobber.
Repo! The Genetic Opera est un opéra rock aux accents horrifiques créé par Darren Smith et Terrance Zdunick. Après avoir insisté auprès d’eux, le réalisateur Darren Lynn Bousman (Saw 2 à 4) s’est vu offrir de diriger l’oeuvre pour le théâtre en 2001. Après plus de huit ans de combat, Bousman réussit enfin à en faire un film, pour notre plus grande joie. Ce qui aurait pu être un désastre, car d’adapter des productions théâtrales pour le grand écran est toujours une tâche compliquée, dangereuse et fastidieuse, prend une toute autre tournure sous la direction de Bousman. Le scénario de Smith et Zdunich tient carrément du chef-d’œuvre. Tout d’abord, la construction de leur récit tient plus de l’œuvre classique que contemporaine. Le long métrage m’a souvent fait penser à des pièces de Marivaux, Shakespeare ou même Voltaire. L’intrigue contient une pléiade de personnages qui s’entrecroisent et qui jouent tous un rôle important dans l’histoire.
Mais la plus belle réussite de Smith et Zdunich est la composition des chansons et de leurs textes. La totalité des airs musicaux sont transposés dans le rock. Même lorsque dans certains numéros, la mélodie tient plus de l’opéra ou de la balade, les sonorités sont toujours ponctuées de guitares ou de batteries. De plus, la musique n’arrête jamais. Alors que la plupart du temps, les chansons dans les films musicaux ne font qu’entrecouper les multitudes de dialogues, ce n’est pas le cas avec ce film. Il doit n’y avoir que cinq phrases parlées à proprement dit. Ce qui est encore plus époustouflant, c’est que l’on en redemande. À chaque fois qu’un morceau fini, on est à la fois déçu que ça le soit, mais aussi excité à l’idée d’entendre le suivant. Plus le film avance, plus la qualité des chansons et l’ambiance démente augmente, jusqu’au point culminant de l’opéra génétique, évènement sacré dans l’univers du film. À la fin de la projection, je jubilais déjà à l’idée que, bientôt, je pourrais m’acheter la trame sonore. La musique est bonne à ce point, elle est capable de se tenir seule, éloignée du contexte du film. Il y a certaines chansons plus fortes que d’autres et qui mériteraient un Oscar, tels que I’m Seventeen (ponctuée d’un cameo par Joan Jett) ou I Never Knew I Loved You So Much.
Toutes ces chansons sont d’ailleurs magnifiquement rendues par tous les acteurs, qui offrent d’excellentes performances. Les deux plus remarquables étant Anthony Stewart Head et Alexa Vega. Tous les fans de la série Buffy The Vampire Slayer savent que Head (l'interprète de Rupert Giles) a une magnifique voix. Dans l’épisode musical Once More With Feelings, on ne pouvait faire autrement que de se dire que l’on n’en avait pas assez de sa voix particulière. Et bien, dans Repo!, on peut non seulement admirer tout son talent de chanteur, mais également d’acteur. Il nous faire rire, pleurer, bref il nous surprend. Il montre qu’il est capable de changer de personnalité et d’émotion en un tournemain. L’autre découverte est Alexa Vega. Connue pour avoir joué dans la série Spy Kids, elle nous montre ici qu’elle est une actrice et chanteuse hors pair. Elle est carrément la révélation du film.
Et cela est sans compter le reste de la distribution qui nous jette à terre, à commencer par le scénariste Terrance Zdunich lui-même, qui interprète le rôle de Graverobber. Sa carrière repose entièrement sur son projet de Repo!, mais il nous éblouit tellement par son talent, qu’on a peine à croire que c’est son premier rôle. Mais le plus important c’est que les sceptiques seront confondues par la performance de Paris Hilton. Moi-même pas très chaud à l’idée de la voir dans ce film, j’ai été surpris par sa prestation physique et surtout vocale. Avec ce film, elle peut facilement faire taire les « bitcheries » à son sujet et repartir sa carrière à neuf, car elle nous séduit et habite entièrement son personnage. Je doit donner aussi une mention honorifique à Ogre, membre du groupe Skinny Puppy, qui joue dans ce film le rôle de Luigi Rotti, un espèce de Schtroumpf coquet Italien qui change de visage comme bon lui semble avec incroyablement d’humour.
Parlons enfin de Darren Lynn Bousman. Ce dernier, qui n’est connu que pour la série Saw, change carrément de ton et de registre. Avec Repo! The Genetic Opera, il lâche sa réalisation style vidéoclip avec ses mouvements de cameras rapides et saccadés pour nous montrer un visuel léché et une réalisation éclatée. De plus, l’univers visuel qu’il a créé avec l’aide de Smith et Zdunich est incroyable, à mi-chemin entre Blade Runner et The Rocky Horror Picture Show, avec une ambiance immensément gothique. Autre aspect intéressant est que, afin d’expliquer le passé de certains personnages, le film est entrecoupé par une espèce de bande dessiné animé. Ces dessins sont d’ailleurs l’œuvre de Zdunich, un talent de plus à son arc. Ces dessins ont pour but de non seulement nous informer, mais aussi de servir de petites pauses aux numéros musicaux, même si la musique n’arrête jamais.
Mais l’autre aspect qu’il délaisse le plus est le gore. À vrai dire, plus ou moins. Repo! contient énormément de gore, de scènes dégueulasses et de morceaux qui revolent partout. Cependant, le tout est tellement grotesque que cela en devient même burlesque. Ici, le gore fait rire, délibérément. Je pense entre autre à une scène où Anthony Stewart Head est en train de reprendre possession d’un organe et, alors qu’il prends grand plaisir à son travail, plonge son bras dans la plaie béante du mort et se mets à le faire chanter comme si c’était une marionnette. Ceux qui s’attendent à voir des scènes de torture à la Saw seront donc terriblement déçus. Mais ceux qui sont ouvert à une violence plus burlesque vont se régaler!
Je ne sais pas comment vous dire à quel point vous devez absolument voir Repo! The Genetic Opera. C’est carrément une orgie visuelle, auditive, gothique, burlesque et grotesque. En fait, regarder ce film est une expérience en soit! Il y a de ces films qui survivent aux modes et aux courants pour devenir des oeuvres cultes ... des vraies! Des films comme The Rocky Horror Picture Show qui trente ans après sa sortie réunit les foules années après années lors de visionnement rocambolesque. Repo! a le potentiel de faire parler de lui pour encore longtemps. À vous maintenant de lui procurer cette chance!



• The Rocky Horror Picture Show (1975)
• The Nightmare Before Christmas (1993)
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