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THE RESIDENT
2011
RÉALISATION: Antti Jokinen
SCÉNARIO: Antti Jokinen et Robert Orr
AVEC: Hilary Swank, Jeffrey Dean Morgan, Christopher Lee, Lee Pace et Aunjanue Ellis
On peut sans aucun doute dire que le studio Hammer est un des plus respecté parmi les amateurs de cinéma d'horreur. Ce studio nous a donné les plus grandes vedettes du genre et des classiques qui ont marqué leur époque. Mais comme personne n’est parfait, Hammer nous a également pondu quelques œuvres qu’il serait mieux d’oublier. Des années après sa fermeture, Hammer Films a rouvert ses portes. Après une minisérie présentée sur le web (Beyond the Rave), Hammer a sorti son premier long métrage, Let me In, le remake de Let the Right One In, un des rares remakes a avoir égalé, sinon surpassé l’original, à mon avis. Ainsi, voilà le premier long métrage original pour le studio, The Resident. Un futur classique ou déjà la première plaie?
Après une dure rupture, Juliet se cherche un appartement. Quelques visites de minables logements plus tard, elle reçoit l’appel de Max, le propriétaire d’un édifice luxueux. Il lui offre de louer un immense appartement pour un prix ridicule. Juliet saute donc sur l’occasion, mais elle découvrira que cet appartement a son lot de vices cachés.
The Resident est ce genre de film que l’on hait ne pas aimer. Le film a tout pour lui, malheureusement, quelques petits défauts le tirent vers le bas.
Parlons d’un gros problème tout d’abord. Avoir de l’argent et vivre a Hollywood, je paierais pour imprimer une affiche sur les pintes de lait à propos de la disparition du suspense dans les films. Dans le cas de The Resident, après 30 minutes, le film se résume comme si c’était un court métrage, on revoit alors tout le film, mais selon le point de vue du propriétaire, qui traque sa proie. Qu’est-ce qu’est devenu le suspense? Pourquoi dans les films récents est-ce que le maniaque se fait sentir trop vite? Surtout que le film nous présente trois personnages potentiellement fous. Au lieu de jouer avec ça, bam, on apprend très vite lequel des trois est un malade mental. Alors, pourquoi avoir présenté les autres si c’est pour rien? Ça transforme vulgairement le suspense en voyeurisme. Le meilleur exemple que je pourrais donner c’est So I Married An Axe Murderer. C’est une comédie d’horreur avec Mike Myers pré-Austin Powers, dans lequel on est tenu en haleine jusqu'à la dernière minute à propos de l’identité du tueur! Voilà un parfait exemple de suspense. Si un film avec Mike Myers est capable de réussir ça, pourquoi pas d’autres?
En fait, c’est également dommage, le manque de développement des personnages. Particulièrement en ce qui concerne le personnage du grand-père de Max, joué par Christopher Lee. Il y a tellement à faire avec lui, mais au lieu de ça, on le range rapidement dans le placard. Outre le revirement qui arrive beaucoup trop tôt dans le film, le scénario possède d’autres petites anicroches, tel qu’un personnage de médecin qui prend un mois avant de se rendre compte qu’elle se fait droguer, un manque d’imagination à propos de ses personnages et de quelques revirements ici et là. Je ne sais pas à quel point Antti Jokinen est impliqué dans le scénario, mais il devrait plutôt se contenter sur sa réalisation.
Car cette dernière est contrôlée. Malgré les défauts du scénario, Antti Jokinen s’en sort très bien. Spécialement vers la fin, lors de l’affrontement entre Juliet et Max. Nos deux personnages jouent alors au chat et à la souris dans l’appartement et ses passages secrets. L’intensité de la finale vaut quand même le détour.
La photographie est sublime également. Beaucoup de beaux plans et d’exercices avec la noirceur. Je pense surtout à une scène où l’on voit Juliet dormir et tout à coup, Max sort de la noirceur lorsqu’il s’avance, assis sur sa chaise plongée. J’ai beau chialer contre le manque de suspense, ça permet tout de même au long métrage d’avoir d’excellentes scènes où Max se promène dans la maison sans que Juliet s’en aperçoive.
Je crois que c’est la première fois qu’Hilary Sawnk m’est présenté comme une femme sexy et désirable. Est-ce moi qui ai changé d’avis ou le réalisateur qui a su la mettre en valeur? Qui sait! Bien qu’elle soit charismatique dans son rôle, disons que ce n’est pas sa plus grande performance à vie. Jeffrey Dean Morgan, quant à lui, présente un beau mélange de séduction, de folie et de fragilité, à mille lieux de ses autres personnages tels que The Comedian dans Watchmen. C’est un acteur que j’adore et The Resident lui a permis de montrer une autre facette de sa personnalité.
Ni vraiment un film digne d’Hammer, ni un excellent suspense, The Resident possède tout de même son lot de qualité.



• La Résidente (version française/Québec)


• Single White Female (1992)
• Psycho (1960)
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