RESIDENT EVIL : EXTINCTION

2007

RÉALISATION: Russell Mulcahy
SCÉNARIO: Paul W.S. Anderson
AVEC: Milla Jovovich, Oded Fehr, Ali Larter, Iain Glen et Ashanti

Paul W.S. Anderson peut être fier. À défaut d’avoir créé la meilleure trilogie d’horreur au monde, il a quand même pondu la première trilogie adaptée d’un jeu vidéo. Préférant de nouveau être scénariste plutôt que réalisateur, il laisse sa place à Russel Mulcahy, reconnu pour ses films d’Highlander. D’ailleurs, comme le personnage immortel d’Highlander, on se demande si la série Resident Evil devrait continuer de vivre pour toujours ou si elle devrait s’arrêter là.

Cinq après les événements de Resident Evil: Apocalypse, Extinction raconte l’histoire d’Alice qui se promène seule dans le désert du Nevada. Par pur hasard, elle entrera en contact avec un convoie de survivants mené par Carlos Olivera et Claire Redfield. Malheureusement, Alice menace ce convoie par sa présence, car le Dr. Isaacs est toujours à sa poursuite afin de pouvoir l’étudier et « sauver » ce qui reste de la race humaine.

À mi-chemin entre le premier et le deuxième film de la série, Resident Evil: Extinction réussit à ne pas sombrer dans les mêmes défauts que les deux autres et nous offrir un divertissement respectable. Tout d’abord, Anderson a compris que la pire chose en adaptant un jeu vidéo, c’est de rendre l’histoire beaucoup trop complexe, à la limite du farfelue. Dans le premier film, cela ralentissait le rythme et nous donnait seulement le goût de lancer le DVD comme un frisbee, surtout que le scénario suivait plus ou moins l’histoire du jeu, ce qui est une des pires insultes pour les fans. Ici, il a remédié à la situation. Il y a juste assez de dialogues et de péripéties pour rendre le film intéressant sans tomber dans le n’importe quoi. À cela, Mulcahy a ajouté une bonne dose d’action, comme dans le second opus. Cependant, au lieu de miser sur la réalisation MTV et le manque d’originalité, il a plutôt opté pour une ambiance horrifique. Tout cela crée un mélange parfait à partir des essais/erreurs produites par les deux premiers volets.

Dans une entrevue, Russell Mulcahy nous promettait qu’il allait réussir à rendre le soleil et les scènes d’horreur en plein jour épeurantes et il a en parti réussi. Avec cet aspect en tête, Mulcahy réalise deux scènes assez enlevantes. La première est l’attaque des corbeaux, grandement plagiée de l’œuvre The Birds d’Alfred Hithcock. Mulcahy réussit quand même à se l’approprier sans que l’on cri à l’outrage et contient plusieurs meurtres juteux. Ensuite, il y a l’attaque de zombies à Las Vegas qui n’en reste pas moins une des scènes contenant le plus d’action et d’horreur du film. L’idée de faire un long métrage de zombies à la lumière du jour et dans le désert est bien pensée, mais elle aurait été sûrement mieux utilisée dans les mains d’un maître de l’art, tel que George Romero. Cependant, bravo ! Je crois que c’est la première fois que j’ai eu un peu peur en écoutant un film de Resident Evil. Mulcahy s’est rappelé que la série fait partie du monde de l’horreur et non de l’action et a servi les fans avec les deux scènes mentionnées plus haut. Evidemment, le film ne se passe pas qu’à la clarté du jour et a inclu quelques scènes d’intérieur. Mais elles sont moins glorieuses et intéressantes comparées à ce qu’il a pu faire dans la lueur du jour.

Resident Evil: Extinction est le dernier film de la trilogie se concentrant sur les aventures d’Alice. Il se devait donc de terminer son arc en beauté. Etant un film écrit par Anderson, on devait s’attendre inévitablement à une déception. Et bien celle-ci arrive à la toute fin, durant les dix ou quinze dernières minutes. C’est alors que le film, pas si mal que ça jusqu'à maintenant, plonge tête première dans le n’importe quoi et la facilite bâclée. C’est alors que Anderson semble s’être souvenu qu’il devait finir son histoire à propos d’Alice et précipite les choses de façon radicale vers une finale farfelue. Pour continuer dans la même veine que les deux opus précédents, Alice devra donc se battre contre un "boss final" super puissant et pas fin. De plus, alors que de finir un arc suppose soit que la série est finie ou que le personnage final meurt dans un acte héroïque, ici Anderson laisse libre court à une fin hyper ouverte. Ce qui annonce une déception future s'il y a des suites contenants d’autres personnages principaux. C’est comme si je tuais le tueur d’une trilogie mais que je fesais quand même un quatrième opus, même si c’est impossible qu’il survive…cela serait plutôt stupide non ?

Divertissement d’enfer pour certains, blasphème pour d’autres, on ne peut nier que la trilogie Resident Evil a fait couler beaucoup d’encre ...et de larmes. Heureusement, mis à part la finale bâclée, Resident Evil: Extinction a réussi à racheter les graves erreurs de ces prédécesseurs. Dommage que le seul épisode vraiment divertissant soit peut-être un des derniers.

  • Dominic Paulhus

  • Resident Evil: L'Extinction (version française/Québec)

  • Resident Evil (2002)
  • Resident Evil : Apocalypse (2004)

  • Dawn of the Dead (2004)
  • 28 Weeks Later (2007)

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