THE ROAD

2009

RÉALISATION: John Hillcoat
SCÉNARIO: Joe Penhall
AVEC: Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Robert Duvall, Charlize Theron et Guy Pearce

Mon top trois, dans le désordre, de mes romans préférés est : Of Mice And Men de John Steinbeck, American Psycho de Bret Easton Ellis et The Road de Cormack McCarthy. Le premier bénéficia d’une adaptation cinématographique respectable avec Gary Sinise et John Malkovich. Le deuxième fut transposé dans l’un de mes films préférés de tous les temps! Le troisième vient d’être porté à l'écran par John Hillcoat. Comme on dit, jamais deux sans trois, car The Road est non seulement aussi percutant que le roman, mais vient également de se faufiler dans mon top dix de l’année!

Le Monde est dévasté par une catastrophe inconnue. La planète est réduite en cendres, le ciel couvert d’une épaisse couche de fumée, il ne reste plus aucune forme de vie et la plupart des survivants se tournent vers le cannibalisme. Ne pouvant rester dans leur maison un hiver de plus, un homme et son fils prennent la route vers le sud, la où, ils espèrent, se trouvent un climat plus chaud et d’autres survivants comme eux.

La plus grande difficulté dans l’adaptation de The Road au grand écran est de garder la saveur unique du texte. Dans le roman, l’histoire est racontée sous forme de paragraphe autonome, formant des pensées, des questionnements ou des événements que le personnage du père vie. Sans prétention, ont peut dire que la forme du roman ressemble quelque peu à la bible; un ensemble de paragraphes séparés formant un tout. Heureusement, John Hillcoat réussit à transposer le tout de façon à respecter l’œuvre et la fluidité du film en nous offrant une suite de scènes qui se suivent, des bribes d’histoires cousues entre elles par des paysages et des mini plans que les personnages parcourent.

The Road est un roman extrêmement dur dans lequel les personnages ne l’ont pas facile. Ils doivent survivre dans un Monde cruel et sans pitié, ce qui en fait un roman parfait pour en faire un scénario. Plusieurs scènes sont extrêmement crues et difficiles à regarder. Par exemple, lorsque nos deux survivants rencontrent des cannibales, le père se met parfois en position, son arme braquée sur la tête de son enfant, prêt à le descendre avec l’une des dernières balles qui lui reste, pour lui éviter de souffrir. De voir en images un père prêt à tuer son enfant pendant que ce dernier le regarde droit dans les yeux est très déstabilisant. Et le film est bourré de petits moments comme celui-là. The Road est loin d’être une œuvre rigolote. Le genre de film qu’il vaut mieux éviter si on se sent le moindrement déprimé.

Le Monde créé pour le film est à l’image du roman, très glauque, noir et déprimant. La photographie du film est extrêmement réussie, nous donnant des images de villes détruites, désolées, en ruines, sur un fond de ciel gris et enfumé. Le tout est si bien fait que le paysage prend presque vie en devenant le troisième personnage principal. De plus, Hillcoat maitrise parfaitement son jeu et la direction des acteurs. Ce talent, additionné du charisme et de la présence de Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee permet au film de nous donner des scènes où les dialogues ne sont pas nécessaires pour livrer des échanges entre le père et son fils.

Le seul aspect négatif que je peux trouver est le manque de narration de la part du père. Dans le roman, plusieurs versets sont écrits avec génie par McCarthy. Sa prose lorsqu’il émet des pensées sont ce qui fait du roman un texte si riche et bouleversant. Le scénariste Joe Penhall préfère plutôt livrer le texte avec des non-dits et des images. De temps en temps, Mortensen livre des bouts de narration par-dessus certaines images. Mais, à mon avis, Penhall aurait pu nous en donner plus, question d’offrir les meilleurs passages du texte aux spectateurs. Mais bon, ce n’est que se plaindre le ventre plein.

Le sort réservé au film est pathétique. La sortie du film est repoussée depuis je ne sais combien de temps. Finalement, le film sort sur grand écran, mais dans seulement trois salles au Québec. Pendant ce temps là, sur nos écrans, on nous balance des Halloween 2, Saw 6, The Stepfather et j’en passe. Alors que, tapis dans l’ombre, se trouve une œuvre déstabilisante, choquante, enlevante, époustouflante qui ne demande qu’a être vue! Et bien j’espère qu’avec ma critique, je vais avoir réussi à lui donner la petite poussée qu’il lui faut pour commencer son long et périlleux périple sur la route du cinéma.

  • Dominic Paulhus

  • The Mist (2007)
    War of the Worlds (2005)

     

     
     


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