RUN! BITCH RUN!

2009

RÉALISATION: Joseph Guzman
SCÉNARIO: Joseph Guzman et Robert James Hayes II
AVEC: Christina DeRosa, Cheryl Lyone, Peter Tahoe, Johnny Winscher et Ivet Corlea

Ma cause est noble. Aussi noble que la recherche du Temple Perdu d’Indiana Jones. Aussi importante que le sacrifice de Donnie Darko pour sauver le monde d’une crise temporelle. Aussi majestueuse que la conquête du meilleur burger d’Harold et Kumar. Ma cause? Celle, bien humble, de découvrir le film d’exploitation le plus drôle, cru, rempli de totons et le plus dépravé que la Terre ait connu! Black Devil Doll m’a fait faire un pas de géant dans mon voyage. De loin, j’aperçus Run! Bitch Run!, mais, d’un peu plus proche, je découvris que ce film, qui semblait le Saint Graal du genre, n’était en fait qu’un piètre mirage.

Catherine et Rebecca sont en mission : elles doivent partager la bonne nouvelle et vendre des bibles. Malheureusement, sur leur chemin, elles rencontreront un trio de truands. Rebecca sera tuée et Catherine, au bout d’une pénible journée, sera laissée pour morte dans la forêt. Tout juste sortie de l’hôpital, Catherine n’a qu’une seule chose en tête, la vengeance!

Avec un titre et une histoire comme celle-là, Run! Bitch Run! ne semblait pouvoir n’être autre chose que le meilleur film de tous les temps! Évidemment, plus haut le piédestal, plus haute la chute. Le scénario du film n’est aucunement obligé de suivre une logique ou un cheminement précis. L’aspect le plus important est simplement de nous donner des répliques savoureuses et des événements sensationnels. Avec une tâche aussi simple à accomplir, Joseph Guzman et Robert James Hayes II ont réussi à échouer. Après tout, comment ne pas trouver de belles choses à dire lorsqu’un des personnages est une putain bisexuelle cinglée? Pourtant, nos scénaristes chéries trouvent le moyen de rendre cette poufiasse aussi divertissante qu’une visite chez le proctologue! Même chose avec les deux autres antagonistes, l’un ne faisant que crier comme un loup aux deux secondes, l’autre bégayant ses répliques inintéressantes.

Bon, ok, les dialogues sont oubliables au mieux, alors que ce passe-t-il dans le film? Humm, pas grand-chose! Durant les trente premières minutes, nos deux catholiques sexy se promènent, rencontre des gens, disent des niaiseries, rencontrent une vieille mémé qui ne veut rien savoir de leurs bibles, se montrent les totons, rencontre Daeg Faerch (le jeune Michael Myers dans Zombieween), et rien de bien intéressant par la suite. Rendu aux deux tiers du film, on nous emmerde avec les scènes de viol et de torture ridiculement inefficaces. Non pas que le viol soit un acte banal, mais disons que la chose est transposée de façon inefficace et ne justifie pas sa présence dans le film. Tout ça, pour finalement nous donner les moments de revanche de Catherine… qui ne sont présent que pour les dix dernières minutes! Une heure et dix minutes désolantes pour dix minutes d’action ordinaire.

Vous pouvez me traiter de fou, de misogyne ou de ce que vous voulez, mais il me semble que, quand je regarde un film d’exploitation, je m’attends à des sensations fortes ou des scènes démesurément divertissantes. Par exemple, un peu plus tôt durant le film, on aperçoit la truande du film se masturber avec le manche d’un débouche toilette. Plus tard, elle oblige l’une des filles à la manger alors que l’autre la regarde. Alors, quand à la fin, Catherine rentre dans la pièce, avec un shotgun à long museau dans les mains et que la putain atterrit sur le divan, les jambes écartées, je me dis « Wow! Elle va lui crisser le shotgun dans le vagin et tirer en disant un truc du genre “Get off on this, bitch!” et au contraire, on nous donne un combat de guidounes, c’est compréhensible que je sois déçu. Je veux dire, si tu pousses la note au point de faire masturber ton personnage avec un manche de débouche toilettes, tu viens de franchir une ligne imaginaire, celle de pousser les limites de ton film au maximum! Pourtant, je suis un jeune homme sensible, qui adore les films d’ambiance et qui ne veut pas nécessairement du gore pour apprécier son film d’horreur, mais quand tu as envie d’un gros morceau de gâteau gras et sucré, tu veux le gâteau quintuple chocolat trempé dans du chocolat fondant! Tu ne veux pas la petite salade de fruits moumoune!

Je suis délibérément dur avec ce film, je le sais. À vrai dire, Run! Bitch Run! n’est pas un mauvais film en tant que tel, il est juste facilement oubliable. Ce qui est frustrant, c’est d’être autant émerveillé par la bande-annonce du film, l’une des meilleurs que j’ai vu à ce jour, pour me faire crever ma balloune! Surtout que, pour le reste, le film n’est pas si mal. Le jeu de Cheryl Lyonne est convaincant, surtout vers la fin. Il y a quelques bonnes scènes par-ci et par-là. Et le film contient une quantité énorme de totons! Chaque actrice qu’on voit dans le film, on est assurée de la voir nue, qu’elle soit belle ou non! Mais encore là, trop c’est comme pas assez! Guzman semble penser, à tort, que plus il y a de boules, plus le film est réussi. Même moi, un moment donné, je me tanne.

Enfin, je vais enfermer de nouveau le maniaque en moi sous clé, jusqu’à ma prochaine découverte. Là-dessus je vais aller continuer mes activités normales, c'est-à-dire me mettre la queue dans le crâne décomposé de ma voisine tout en écoutant Faces of Death!

  • Dominic Paulhus

  • Black Devil Doll (2009)
    The Last House on the Left (1972)

     

     
     


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