Saint

SAINT

2010

RÉALISATION: Dick Maas
SCÉNARIO: Dick Maas
AVEC: Huub Stapel, Caro Lenssen, Egbert Jan Weeber, Escha Tanihatu et Bert Luppes

Mettez de la neige dans un film d’horreur et je suis heureux comme un enfant dans un magasin de jouets. Ajoutez la fête de Noël à l’équation et je suis heureux comme un enfant dans un magasin de jouets qui a un chèque en blanc dans les mains! Si après nous avoir offert quelques bijoux, le jumelage de Noël et cinéma d'horreur a sombré dans le ridicule, l’année 2011 témoigne de son retour en force de par deux films étrangers; Rare Exports : A Christmas Tale et l’objet de cette critique, Saint.

Il faut mentionner que Saint, film de Dick Maas (Amsterdamned, The Elevator) qui nous provient des Pays-Bas, n’est pas un film d’horreur de Noël dans le sens traditionnel de la chose. Saint exploite la légende européenne de Saint-Nicolas, qui dans la nuit du 5 décembre vient porter des cadeaux aux enfants qui ont été sages. Saint montre un portrait peu reluisant de l’homme. En 1492, Saint-Nicolas s’en prend aux familles démunies en saccageant leur village avec ses serviteurs et en taxant exagérément les villageois. Ces derniers, tannés de se faire malmener ainsi décident de se venger en brûlant vivant Saint-Nicolas dans son bateau. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que leur vengeance a libéré une malédiction. Dorénavant, chaque 32 ans, lorsque la pleine lune tombe un 5 décembre, le spectre de Saint-Nicolas et de ses acolytes reviennent hanter Amsterdam pour venger sadiquement son traitement plusieurs siècles auparavant.

Avec Saint, nous sommes bien loin des beaux jours de Black Christmas, Gremlins ou même Silent Night, Deadly Night, mais l’œuvre s’attire une certaine sympathie si ce n’est que parce qu’elle ne met pas en scène un biscuit en pain d’épice maléfique ou une dinde possédée. À une époque où films d’horreur du temps des fêtes riment généralement avec gimmick facile du studio Full Moon, il est rafraîchissant de voir un film qui s’attaque à la légende même de Saint-Nicolas avec une intention horrifique. Mais vulgarisons quand même un peu la chose. Saint, c’est un remake de The Fog dans lequel le Père Noël et ses lutins auraient remplacé les pirates!

Il n’y a pas de doute que Saint est sympathique, mais il n’est jamais réellement engageant. Le réalisateur Dick Maas joue à saute-mouton autant avec ses personnages qu’avec les différents styles. Il y a une scène tôt dans le film qui est calqué à la perfection sur un segment du Halloween de John Carpenter. Il s’agit du moment où trois étudiantes rentrent à la maison en parlant des garçons, le tout dans un quartier de banlieue accompagné d’une musique minimaliste au piano. Une des filles s’apprête même à aller garder un petit garçon. On parle ici clairement d’un hommage et pendant un certain temps Saint se présente comme un slasher typique dans lequel Saint-Nicolas joue le rôle du croque-mitaine qui sévit dans des décors atmosphériques et ombragés.

À peine somme-nous confortable dans le genre que le tapis nous est tiré de sous les pieds. Saint n’hésite pas à se présenter parfois comme un film d’action à grand déploiement ou en festival gore, le tout en prenant la peine de revenir vers le slasher. Il y a même une scène dans laquelle Saint Nicolas s’enfuit à cheval sur les toits d’immeubles alors qu’un policier lui tire dessus. Une scène intéressante qui se culmine avec l’un des meilleurs moments du film, mais qui avait déjà été exploitée plus efficacement dans le récent remake de The Wolfman. Bref, le spectateur n’a jamais le temps de se mettre à l’aise dans chacun des genres, ni de se familiariser avec la pléiade de personnages qui peuplent le film. Certains semblent tous droit sortis d’une mauvaise comédie pour ados, tandis que d’autres semblent s’être écartés d’un épisode de CSI.

Ceci dit, on ne s’ennuie jamais devant Saint. L’humour léger, les scènes de meurtres nombreuses qui n’épargnent même pas les enfants et les décors hivernaux d’Amsterdam aident à faire passer la pilule d’un film qui s’éparpille trop souvent. Aussi, l’apparence du Saint-Nicolas méchant, avec son costume classique et son cheval blanc, donne de la prestance à ce qui est à la base le rôle d’un Père Noël de film d’horreur. C'est aussi le retour du cinéaste Dick Maas au cinéma d'horreur. Maas, à qui l'ont doit les sympathiques Amsterdamned et The Shaft a une dextérité certaine, c'est seulement son scénario qui manque de peaufinage.

Saint ne réinvente rien et ne deviendra certainement pas une nouvelle référence à visionner dans le temps des fêtes. C’est une curiosité honnête qui a l’honneur de traiter de son sujet sans tomber dans l’exploitation de bas niveau. À voir une fois, question de donner un petit repos à votre DVD de Black Christmas.

  • Dany Champagne

  • • Sint (Titre original/Pays Bas)
    • Saint Nick (version anglaise/États-Unis)

     

    Rare Exports: A Christmas Tale (2010)
    Amsterdamned (1988)

     

     
     


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