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S&MAN2006
RÉALISATION: J.T. Petty Lorsqu'il était jeune, un des amis de J.T. Petty a trouvé une caméra vidéo en marche dans sa cour. Ses parents ont décidé d'appeler les autorités locales. Ceux-ci ont trouvé le propriétaire de la caméra ... ainsi qu'un millier de vidéocassettes témoignant des faits et gestes des habitants du village. Lorsqu'ils ont appris qu'ils devraient projeter tous les vidéos à un jury pour incriminer le voyeur, les résidents ont abandonné les poursuites. Plus de vingt ans après les événements, le voyeur habite toujours le même village. Le cinéaste J.T. Petty a été profondément marqué par cette histoire. Le voyeurisme est d'ailleurs le thème principal de ses deux premiers longs métrages, Soft For Digging et Mimic 3: Sentinel. Pour son troisième film, Petty a décidé de faire un documentaire sur le fameux voyeur. Après un refus catégorique de l'homme, Petty a tenté d’épier ses faits et gestes. En six semaines, le voyeur n'est pas sorti de chez lui une seule fois. Petty se retrouvait donc sans documentaire. Puis, il lui est venu l'idée d'élargir ses horizons et de faire son documentaire sur le rapport étrange entre le voyeurisme et le cinéma d'horreur. Tout en faisant des parallèles avec des classiques comme Peeping Tom, The Texas Chain Saw Massacre, Halloween et Henry: Portrait Of A Serial Killer, Petty pose une réflexion sur la place de la violence au cinéma. Qu'est-ce qui attire les foules à voir de tels films ? Sommes-nous sains d'esprit ? Pour S&man (prononcé s"and"man), Petty a donc interrogé des réalisateurs de films d'horreur obscurs, tels que Fred Vogel (August Underground) et Bill Zebub (Jesus Christ: Serial Rapist), l'actrice Debbie D (The Vegas Showgirl Strangler) ainsi que quelques psychologues. À l'aide de leurs témoignages, le cinéaste tente de démystifier l'attrait des spectateurs à une violence réaliste et barbare. Petty dresse un portrait d'un univers qui, même pour un amateur assoiffé dans mon genre, m'est apparu complètement détraqué. Vogel, qui est reconnu comme un des réalisateurs les plus osés, raconte pourquoi il tourne de tels films. Normal et articulé, Vogel est tout le contraire du stéréotype gothique imaginé par le public. Pour sa part, Zebub raconte (entre deux gorgées de bière) qu'il ne fait pas de l'art, mais tourne des films pour empocher l'argent des pervers! Ça vous donne une idée du personnage... Le documentaire est à son meilleur lorsque Eric Rost est à l'écran. Il est le jeune réalisateur responsable de la série de film S&man. Dans chacun de ses films, Rost suit une jeune femme sans qu'elle ne le sache. Puis, il la kidnappe et la tue (supposément pour de vrai). À mesure que le documentaire progresse, nous découvrons en Rost un être malsain et dérangé. Même s'il est évident que ses films ne sont pas des "snuffs", son comportement donne froid dans le dos. Rost parle de ses actrices comme étant ses victimes. Le plus intrigant est que Rost ne veut pas que Petty rencontre une des actrices pour le documentaire. Un des moments les plus bizarres survient lorsque Petty découvre que Rost l'a suivi et filmé avant même leur première rencontre. À première vue inoffensif, Eric Rost est un dérangé social que je n'aimerais pas rencontrer dans la rue. La dernière partie de S&man, consacrée aux films "snuffs", est la plus intéressante. Petty pose une réflexion sur les limites à franchir dans un film d'horreur. Sans vouloir entrer dans les détails, la finale est superbe. Bien qu'il manipule la réalité, Petty nous offre une dernière scène très dérangeante. J'aimerais énormément en dire plus sur la finale et le côté manipulateur du réalisateur, mais il est préférable de s'en tenir au minimum pour ne pas vous gâcher la surprise. Disons juste que c'est le genre de scène qui reste graver dans la mémoire. S&man est un documentaire intelligent, fait sur mesure pour les amateurs de films d'horreur.
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