SAW VI

2009

RÉALISATION: Kevin Greutert
SCÉNARIO: Patrick Melton et Marcus Dunstan
AVEC: Costas Mandylor, Betsy Russell, Peter Outerbridge, Shawnee Smith et Tobin Bell

Bien que chaque suite de la série Saw ait été plus mauvaise que la précédente, cela ne m'empêche d'être premier en ligne à chaque nouveau chapitre. "Cette fois-ci, c'est le bon!" Voilà des paroles qui témoignent de ma naïveté volontaire! Alors, est-ce que ce sixième chapitre est celui qui renverse la vapeur? Disons simplement qu'en file pour la présentation d'un éventuel Saw 7, il y a de fortes chances que je me dise: "cette fois-ci c'est le bon"! Que voulez-vous, je suis un éternel optimiste!

Après s'être débarrassé d'un partenaire qui le soupçonnait d'être le complice de Jigsaw, le détective Mark Hoffman entreprend les dernières volontés de son défunt maître. Aidée de l'épouse de Jigsaw, Rosman kidnappe le président de la compagnie d'assurances qui a refusé de financer des traitements expérimentaux qui auraient pu guérir le cancer de Jigsaw. Avec ses pièges ultra-élaborés, il compte bien lui faire la leçon. Mais à mesure que son plan machiavélique se déroule, il se rend compte que le plan de Jigsaw est peut-être plus élaboré qu'il ne le croyait.

Il serait peut-être temps de fournir aux spectateurs qui se présentent au cinéma pour visionner le dernier chapitre de la série Saw une encyclopédie consacrée à la saga. Avec tous ses revirements, flashbacks au passé, flashbacks à un des chapitres précédents et personnages qui réapparaissent, la série est devenue aussi complexe qu'un manuel d'assemblage pour un meuble Ikea! Réalisé par Kevin Greutert, qui s'est chargé du montage des cinq films précédents, Saw 6 est un 90 minutes de n'importe quoi et une piètre excuse pour remplir les coffres du studio Lionsgate. Visiblement à court d'idées pour poursuivre la série, les scénaristes Patrick Melton et Marcus Dunstan ne se soucient guère de la mythologie préétablie, contredisant la vision même de Jigsaw dans le simple but d'offrir au spectateur une soi-disant succession de scènes choquantes et gores.

Ce qui est dommage avec les suites de Saw, et ce sixième opus n'y échappe pas, ce sont les opportunités ratées à offrir un film réellement malsain au lieu d'un exercice technique masturbatoire. D'autant plus qu'avec Saw 6, les pièges concoctés traînent de la patte en terme d'efficacité. Ils sont soit tellement élaborés (le labyrinthe a dû coûter des milliers de dollars à son créateur, sans compter l'embauche d'un architecte) qu'ils tombent dans le ridicule ou sont tout simplement fades. Le semblant de gore qu'ils nous offrent est trop souvent massacré par le style de montage épileptique préconisé par la série. Et avec le monteur attitré à la série dans le rôle de réalisateur, la technique atteint son paroxysme.

Cette fois-ci, les deux scénaristes ont voulu ramener à la série sa morale initiale qui veut que l'être humain prend pour acquis sa vie et n'en profite pas pleinement. Patrick Melton et Marcus Dunstan poussent encore plus loin en s'attaquant au système de santé américain pris en otage par les compagnies d'assurances. L'idée est excellente, les scénaristes s'en prenant à une cible qui mérite de telles attaques. Mais dans son élaboration, elle oblige les scénaristes à s'éloigner de la vision initiale de leur croque-mitaine. Leur obsession à toujours revenir au passé devient aussi lassante. Bien que la série soit rendue à six films, les dernières suites ne font que tourner en rond et sortir d'une boîte à surprise des revirements reliés au passé qui alourdissent une mythologie déjà trop complexe. Si ça continue, le septième film va nous apprendre que la mort de Jigsaw est une conspiration gouvernementale reliée aux événements du 11 septembre!

Les nombreuses failles du scénario sont de plus mises en évidence puisque Saw 6 est traité avec sérieux. Les contradictions et les imbécillités se comptent par dizaines. Suffit de rester attentif à l'intrigue pour en faire une overdose! De plus, la plupart des acteurs offrent des performances lamentables, ce qui n'aide pas la cause du film. Costas Mandylor, qui interprète le détective Mark Hoffman, est particulièrement atroce. L'acteur semble avoir les bras et les pieds pris dans le ciment! On peut presque lire dans ses yeux qu'il souhaite que son personnage crève enfin (il est là depuis Saw 3) pour ne pas être obligé de faire le prochain chapitre!

La finale de Saw 6 a au moins le mérite d'être la plus satisfaisante depuis plusieurs chapitres. Elle ferme la porte sur plusieurs intrigues tout en laissant planer un mystère sur certains éléments. Sur ce point, c'est réussi. Le tout permet de mettre la table pour Saw 7, qui, sait-on jamais, sera peut-être le bon!!

  • Dany Champagne

  • • Décadence 6 (version française/Québec)

     

    Saw (2004)
    Saw II (2005)
    Saw III (2006)
    Saw IV (2007)
    Saw V (2008)
    Saw 3D (2010)

     

    Steel Trap (2007)
    Breathing Room (2008)

     

     
     


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