SEA BEAST

2008

RÉALISATION: Paul Ziller
SCÉNARIO: Paul Ziller
AVEC: Corin Nemec, Miriam McDonald, Daniel Wisler, Camille Sullivan et Gwynyth Walsh

Le SyFy Channel a une prédilection pour les films de monstres et d'animaux tueurs. Chaque mois, ce canal spécialisé torture ses spectateurs avec des oeuvres produites à la va-vite, sans passion et par des cinéastes qui peuvent se compter chanceux d'avoir un emploi. Pour ceux qui n'ont pas ce canal de télévision américain, réjouissez-vous, car les distributeurs n'hésitent pas à mettre la main sur ces films pour les vendre sur DVD avec des pochettes beaucoup plus alléchantes que le film même. Le dernier rejeton à subir ce traitement a pour nom Sea Beast.

Lorsqu'un de ses hommes péri en mer, le capitaine de bateau de pêche Will McKenna est certain d'avoir vu une étrange bête s'en prendre à son employé. Rapidement, il devient le mal-aimé de la ville et la récolte de poissons devient des plus ardue. Lorsque le bras d'un pêcheur disparu est retrouvé sur le bord d'un quai. Will est persuadé qu'il s'agit d'une nouvelle attaque de la bête. Il tente donc de convaincre, sans succès, les autorités du danger qui les guette. Aidé d'une biologiste marine, Will devra éliminer la menace lui-même, tout en gardant un oeil sur sa fille adolescente qui se laisse courtiser par un garçon qu'il n'aime pas!

Étonnement, Sea Beast est bien meilleur qu'il ne devrait l'être. Sans jamais atteindre le niveau d'horreur promis par la magnifique pochette DVD (Jaws aimerait ravoir son concept!), le film de Paul Ziller est un bon divertissement du dimanche après-midi, ce qui est déjà mieux que la majorité des films originaux du SyFy Channel! Malgré ce que laissent présager son titre et sa pochette (encore une fois, Jaws aimerait ravoir son concept!), Sea Beast n'est pas très porté sur l'eau. Les bêtes du film proviennent certes de l'océan, mais n'ont aucune difficulté à se déplacer et respirer hors de l'eau, ce qui avantage le faible budget du film. Les monstres en question rappellent un croisement entre le Gill-man de Creature From The Black Lagoon et le Prédateur dans le film du même nom. Parmi leurs nombreux pouvoirs, on retrouve l'invisibilité, un venin paralysant et une langue extensible parfaite pour étrangler des humains! Avec de telles options de défense, il est dommage que la liste de victimes soit aussi mince.

Le scénario de Sea Beast provient du même moule que tous les autres films de monstre du canal. D'ailleurs, le réalisateur et scénariste Paul Ziller est un habitué du genre qui compte Yeti: Curse Of The Snow Demon, Snakehead Terror et Swarmed à sa longue filmographie. Son histoire nous balance les éléments typiques aux films de monstres: une petite ville recluse, des habitants qui ne croient pas au danger imminant, des monstres qui attaquent et un héros déchu qui défend les siens. Malgré tout, le réalisateur semble constamment combattre la médiocrité qui semble obligatoire dans les productions du genre. Son film est morne et générique, mais il nous balance à un intervalle régulier des scènes pas mal du tout. On pense notamment à un homme, enfermé dans une cage pour attirer la bête, qui voit sa femme se faire décapiter alors qu'elle venait l'implorer de rentrer à la maison! L'affrontement entre un troupeau de bébés monstres et la fille adolescente du personnage principal est aussi fort divertissant pour un film du genre.

Bien entendu, les monstres du film sont produits par ordinateur. Compte tenu du faible budget, le résultat n'est pas trop mal si on n'y porte pas trop attention. Les bêtes bénéficient de beaucoup de détails et ont un look assez original. Une marionnette a été utilisée pour quelques plans et il est dommage que la technique n'ait pas été plus exploitée puisque le résultat est beaucoup plus réussi. Pour combattre ses bestioles, Corin Nemec fait office de Bruce Campbell des pauvres. Sa prestation témoigne de son désintérêt envers la production. Tant qu'à y être, les producteurs auraient dû utiliser un acteur produit par ordinateur, comme les monstres! Sa prestation aurait sans doute été plus vivante.

À moins de souffrir de naïveté aiguë, on ne regarde pas un film comme Sea Beast en s'attendant à un chef-d'oeuvre! Si vous introduisez le DVD du film dans votre lecteur, les chances sont que vous n'en êtes pas à votre premier film du genre et que vous avez épuisé toutes les nouveautés de votre club vidéo... Dans les circonstances, vous auriez pu tomber sur bien pire!

  • Dany Champagne

  • Island Of The Fishmen (1979)
    Humanoids From The Deep (1980)

     

     
     


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