| |
SEASON OF THE WITCH
2011
RÉALISATION: Dominic Sena
SCÉNARIO: Bragi F. Schut
AVEC: Nicolas Cage, Ron Perlman, Stephen Campbell Moore, Stephen Graham et Claire Foy
À première vue, Season of the Witch semble être une piece d’anthologie! Après tout, ce film comporte les deux plus grosses stars qui acceptent pas mal n’importe quoi à Hollywood, peu importe le niveau de la qualité du produit. L’un parce qu’il doit de l’argent à l’impôt et l’autre parce que, selon une entrevue, sa femme aimerait trop les chaussures! Est-ce que la collision entre ses deux superstars cause un big-bang de merditude? Surprenamment, non!
Dégoutés par les horreurs qu’ils ont commises au nom de Dieu durant les Croisades, Behmen et Felson désertent. Quelques semaines plus tard, alors qu’ils font un arrêt dans une ville, ils se font arrêter. L’autorité religieuse de la région en profite donc pour leur offrir leur liberté en échange d’escorter une possible sorcière, responsable de la peste. Nos deux chevaliers acceptent donc, sans savoir dans quoi ils s’embarquent.
Pour les connaisseurs, c’est difficile de discuter de Season of the Witch sans faire mention de Black Death de Christopher Smith. Deux films sortis à peu près en même temps qui parlent des mêmes sujets, soit la peste, la sorcellerie et de la foi. Black Death, lui, traite du sujet de façon beaucoup plus sérieuse avec plus de suspense. Season of the Witch, lui, est plus léger, avec beaucoup de scènes de combats, de dialogues légers et de fantaisies. Autrement dit, deux variations sur un même thème. L’un n’est pas nécessairement meilleur, à mon avis, seulement différent. Disons qu’ils se complètent bien lors d’une soirée vidéo.
Ce qui est clair, c’est que Season of the Witch se prend moins au sérieux. Pour un film d’époque, il y a énormément d’humour et de one-liners. La plupart tombent à plat, mais quelques-unes réussissent à nous faire sourire en coin. Sans compter que le scénario tombe souvent dans la facilité, spécialement la recette pour démontrer comment deux personnages ont des liens solides entre eux. Season of the Witch contient tous les ingrédients, que ce soit l’aller-retour de blagues sarcastiques, le souvenir qu’il se remémore, les regards complices et j’en passe. Le scénario essaie beaucoup trop, ce qui rend parfois le long métrage plus drôle ou léger qu’il ne voudrait être.
Dominic Sena n’a jamais été un grand réalisateur. Il a fait un seul véritable bon film à mon avis, Gone in 60 Seconds. Ici, même si le sujet est parfois ridicule, il réussit tout de même à constamment nous tenir en haleine, ou du moins, nous divertir. J’aime particulièrement comment il nous présente la sorcière, parfois propre et toute mignonne et d’autre fois sale et moche, nous faisant sans cesse douter de sa véritable nature, même si le film nous montre assez rapidement la vérité sur elle.
Ce que j’aime par-dessus tout lorsque j’écoute un film, c’est de remarquer de petites choses pour me faire rire. Ici, ce sont les accents de Nicholas Cage et Ron Perlman. Tous les personnages ont un accent anglais, qu’il soit subtil ou prononcé. Tout le monde, sauf Cage et Perlman. Nos deux cabochons sont des chevaliers en 1341 et ils parlent avec un accent américain. De mémoire, même Bill et Ted s’étaient forcés en cruisant les princesses lors de leurs voyages temporels.
Le film est empreint d’une grosse aura fantastique, que ce soit par la présence de loups à l’allure démoniaque ou de sorcières qui ressemblent à des zombies. Malgré tout, tout le long du film, Season of the Witch réussit à garder une allure semi-réaliste. Mais tout ça est malheureusement balayer du revers de la main lors de la finale du film. C’est dommage, car on dirait alors un tout autre long métrage, nous sortant de notre zone de confort alors établie. Bien que ce soit tout de même divertissant, c’est un peu trop tirer par les cheveux, surtout à cause des effets spéciaux. Le tout est ensuite recouvert d’une belle sauce à l’eau de rose pour la fin du film.
Difficile de vraiment mettre une opinion sur ce film. Il y a bien quelques défauts, mais pas assez pour vraiment nous déranger. Le film contient un scénario bien intéressant, mais pas assez pour vraiment nous épater. En fait, le film flotte toujours entre deux eaux, ne réussissant jamais à nous éblouir ou nous emmerder. Ce procédé a au moins comme résultat de faire un film divertissant où tous pourront y trouver leur compte.



• La Sorcière Noire (version française/Québec)


• Black Death (2011)
• Army of Darkness (1992)
| |
|