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SEED
2008
RÉALISATION: Uwe Boll
SCÉNARIO: Uwe Boll
AVEC: > Micheal Paré, Will Sanderson, Ralf Moeller, Jodelle Ferland et Thea Gill
Le Yin représente l’obscur, le Yang représente le lumineux. Les deux ne peuvent vivre sans l’autre. Le bien ne peut exister sans le mal. Alors pour chaque Yang ( Postal ), il doit nécessairement y avoir un Yin ( Seed ). Est-ce un trop gros prix à payer?
Une loi dit que si un condamné à mort survit après trois décharges de 45 secondes sur la chaise électrique, on doit le libérer. Ainsi, après avoir lamentablement échoué l’exécution du tueur en série Seed, le chef de prison décide de l’enterrer vivant. Malheureusement pour eux, Seed n’est pas une « lopète » et parvient à sortir de sa tombe. Il fera donc goûter sa douce vengeance à tous ceux qui lui ont nuie.
Alors que Uwe Boll est capable du meilleur, Postal par exemple, il réussit quand même encore à canaliser toutes ses mauvaises idées pour en faire un film. Son scénario, quoique quand même intéressant, est construit tout croche. Ayant entreprit le tournage tout de suite après celui de Postal, je crois que Boll était trop fatigué et avait les yeux dans la graisse de « bine ». L’intrigue n’est pas linéaire et contient plusieurs retours en arrière, mal placé et sans indication. On passe du présent, au passé, à un autre passé mais juste avant le présent, pour ensuite revenir au présent actuel. Tout ça, dans une période qui ne s’étend que sur quelques années, ce qui fait que l’on a aucun repère historique. Alors que l’on est perdu dans tout ce brouhaha, on n’arrive encore moins à s’accrocher aux personnages. Boll met beaucoup trop l’emphase sur des scènes inutiles et qui ne devraient pas durer plus que cinq minutes. Alors au lieu de se concentrer à nous faire emphatiser avec ses personnages, on nous emmène à gauche et à droite, sans pouvoir larguer nos amarres sentimentales sur les personnages et leurs futurs sorts.
En entrevue, Boll soulignait que Seed était née de sa frustration envers les medias qui mènent une campagne de salissage sur sa carrière et ses films. Ainsi, il canalisa plein d’idées pour faire son film le plus noir de sa carrière. Bien que l’exercice de nous écœuré soit réussit, Boll en beurre un peu trop épais de façon gratuite. La scène du début relate parfaitement ce que j’exprime. On nous montre le tueur en train de regarder un vidéo où des animaux (des vrais, les vidéos ont été fournies par PETA) se font maltraiter, torturer et tuer pour vrai. On voit aussi des scènes où des insectes, animaux et humains meurent de faim et pourrissent en accéléré. Le but est de déstabiliser le spectateur et, probablement, à le faire réfléchir sur la cruauté des animaux et sur l’échelle de sensibilité que nous avons envers la mort entre des animaux et des humains. Mais, connaissant Boll, c’est sûrement juste pour choquer, de façon trop grossière malheureusement. Cependant….
Le film, comme plusieurs autre avant lui, m’a fait réfléchir. J’ai remarqué que la plupart d’entre nous sommes beaucoup plus écœuré et bouleversé par la mort d’animaux dans un film que par la mort d’un humain. La scène dans American Psycho où Patrick Bateman tue un chien a fait grimacer pas mal plus que bien des scènes de torture de Saw, Hostel et d’autres films du genre. C’est alors qu’on est en droit de se demander si on est rendu à ce point insensible à la douleur humaine et au sort de l’humanité que l’on emphatise plus avec des animaux que notre propre espèce. Où bien si c’est quelque chose de plus fondamentale qui nous fait ressentir plus la douleur d’un coyote en train de se faire scalper vivant, que ce soit réel ou un effet spécial.
Mais bon, ceci n’est pas un Hurlement, mais une critique. Donc, malgré tout cela, Boll continue à nous démontrer qu’il maîtrise quand même relativement bien son art parmi quelques scènes. Celle qui m’a le plus charmé est celle dans laquelle les policiers se rendent chez Seed pour le coffrer. Tout cela se passe la nuit, sans lumière. Les scènes ne sont éclairées que par les lampes de poches et les lumières des gyrophares. Tout cela donne une ambiance vraiment intense et réaliste à la scène. On croit réellement que le tueur sort de nulle part pour attaquer les gens. C’est seulement dommage que pour les scènes où l’on ne fait que parler et ou l’histoire avance, le tout est filmé en « guerilla », c'est-à-dire avec une camera a l’épaule qui bouge pas mal trop et ne suit aucun cadre spécifique. Par exemple, comme un cameraman qui suit un verre qui s’est fait lancer, mais revient vite au personnage, car il réalise comme un con qu’il ne peut pas bouger assez vite pour suivre le dit verre!
D’ailleurs, Boll nous offre des scènes de meurtres vraiment géniales. La majorité feront sursauter et crier de joie la plupart des fans d’hémoglobine et de meurtres violents. Je pense entre autres au gardien de prison que Seed tue en lui donnant un coup de pied derrière la tête et que celle-ci passe entre deux barreaux de métal.
Étant un fan inconditionnel de Uwe Boll et un optimiste déterminé, je me dit que Seed est le dernier projet expérimental raté de Boll avant que sa carrière ne décolle en flèche et que les trophées (autrse que les Razzies) ne lui tombent dessus. Mais le critique en moi ne peut faire autrement que lui dire de prendre une pause afin de faire de l’introspection et de réaliser que l’horreur pure et dure n’est peut-être pas pour lui…



• Shocker (1989)
• Andre The Butcher (2005)
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