Le Sens De L'Humour

LE SENS DE L’HUMOUR

2011

RÉALISATION: Émile Gaudreault
SCÉNARIO: Émile Gaudreault et Benoit Pelletie)
AVEC: Louis-José Houde, Michel Coté, Benoît Brière, Anne Dorval et Sonia Vachon

Ici, au Québec, on aime notre comédie. On en met partout, comme si c’était du ketchup dans une cuisine de BS. Fort de leur mégasuccès De Père en Flic, le réalisateur Émile Gaudreault, Louis-José House et Michel Côté nous revienent avec leur nouveau long métrage Le Sens de L’Humour. Après avoir réussi le mélange comédie et « buddy cop », ils tentent un mélange horreur et comédie, un duo déjà dangereux en soi. Est-ce que ce sera une nouvelle réussite ou un échec lamentable?

Luc et Marco sont deux humoristes complètement à l’opposé l’un de l’autre, qui font une tournée ensemble. Un soir, alors qu’ils arrêtent dans un petit village, ils décident de tenter un nouveau numéro, rire ensemble de Roger, un spectateur dans la salle. Le hic? Ce charmant monsieur se trouve être un tueur en série. Alors qu’ils sont kidnappés et sur le point d’être assassinés, nos deux comiques réussissent à acheter un peu de temps en échange de cours pour rendre Roger plus drôle, afin que ce dernier puisse arrêter de faire rire de lui et charmer une collègue de travail.

Le mélange des genres n’est peut-être pas assez bien dosé, mais à défaut d’être épeurant, Le Sens De L'Humour est vachement drôle. S’il y a bien deux mots qui peuvent décrire avec précision Le Sens De L’Humour, ce sont « potentiel » et « gaspillé ». C’est sur qu’en considérant la nature du scénario, il aurait été difficile de mettre autant de comédie bon enfant dans une histoire aussi noire, si le scénariste s’était laissé aller. Et comme je disais plus haut, on aime trop la comédie pour laisser d’autre genre piler par-dessus. Ce qui donne un film avec un énorme potentiel horrifique intouché. Dès le début, on apprend que Roger est un tueur en série. Mais on ne le voit jamais à l’œuvre. De l’apercevoir en train de commettre des actes affreux aurait certainement donné plus de crédibilité à son personnage, mais aurait nui à son potentiel comique plus tard dans le film. Mais en même temps, ce défaut que je mentionne est expliqué vers la fin du film. C’est intéressant de voir la boucle se refermer, mais il y a un énorme potentiel horrifique de gaspillé. Ainsi, chaque fois que le film montre son côté noir, on y croit juste pas. Il n’y a qu’une seule fois où vraiment une scène est plus effrayante pour ainsi dire. Mais c’est trop peu. Cependant, durant ce moment, on voit clairement ce qu’aurait pu être le film s’il avait viré plus d’un bord que de l’autre.

Même avec le personnage de Louis-José Houde, on gaspille de belles opportunités. On apprend rapidement que son personnage fut abusé par son père plus jeune. On fait souvent mention de cela afin de comparer son passé avec celui de Roger. Mais chaque fois qu’on en fait mention et peut-être ainsi rendre son personnage plus noir ou fragile, on ne fait que l’effleurer, comme un aigle plongeant sur sa proie, mais la frôlant de ses griffes. On voit bien qu’il y a de quoi à faire avec cela, mais encore une fois, un gros potentiel de gaspillé.

La seule chose avec laquelle on ne se gêne pas dans ce film, ce sont les blagues. Une n’attend pas l’autre. On utilise, à bon escient, une pléiade de blagues verbales ou de « slapstick ». Évidemment, une comédie repose entièrement sur les textes et ses acteurs. Ceux-ci sont d’ailleurs d’une efficacité féroce. Il n’y a peut-être que Louis-José Houde qui me pose problème. Pas que je ne l’aime pas, au contraire, je l’écouterais me lire le bottin téléphonique! Je l’adore! Mais il me semble que son jeu est toujours pareil, unidimensionnel. C’est peut-être lui qui a un talent de jeu limité ou bien c’est qu’on n’a jamais pris le temps de bien le former, se fiant seulement à son « delivery » humoristique.

Étant un fan d’humour, j’ai particulièrement aimé l’aspect pédagogique du film. À quelques reprises, Luc et Marco donnent des cours d’humour 101 à Roger. On apprend alors les bases de l’humour, tel que les « punch-lines », le « delivery », trouvées son clown intérieur, etc… . Tous des trucs hyper intéressants. On se serait cru à un atelier de l’École National de L’humour!

C’est sur que je ne m’attendais pas a une comédie d’horreur du niveau de Shaun Of The Dead et autres, mais j’avais quand même espoir qu’on réussisse a prendre au sérieux l’horreur autant que l’humour au Québec. Une ode à mes deux genres préférés! Mais bon, je me suis au moins bien bidonné, et ce, pas au détriment du film! Chose trop rare dans mon cas.

  • Dominic Paulhus

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