SERIAL MOM

1994

RÉALISATION:John Waters
SCÉNARIO: John Waters
AVEC: Kathleen Turner, Sam Waterston, Matthew Lillard, Ricki Lake et Justin Whalin

La même année que Serial Mom est sortie, Oliver Stone offrait au monde son Natural Born Killers, un film traitant de l’héroïsation des tueurs en séries par les médias. Alors que le film de Stone est violent, cru, sale et réaliste, Serial Mom nous offre le même message, mais dans un emballage plus doux, drôle, mais tout aussi violent et divertissant. C’est peut-être bien la première fois que les deux côtés d’une médaille se valent également, car un Serial Mom est tout autant excellent qu’un Natural Born Killers.

Beverly est une femme au foyer modèle qui fait le ménage, la cuisine, recycle et apprécie l’ornithologie. Cependant, malgré ses airs de femme parfaite, se cache une dangereuse psychopathe qui harcèle ses voisins ou tue ceux qui l’ennuient. Beverly réussit à cacher son côté sombre jusqu’au jour où la police commence à la soupçonner de quelques actes affreux.

Serial Mom est, sans contredit, l’un des films les plus drôles et originaux que j’ai eu la chance de voir depuis longtemps. L’idée d’une mère au foyer modèle qui met le trouble dans le voisinage et assassine ceux qui nuisent à ses enfants est tout simplement géniale et permet d’installer une déstabilisation chez le spectateur. Ce n’est par pour rien que l’idée de la banlieue débilitante est l’un des thèmes favoris de John Waters. Avec Serial Mom, il pique le concept de la famille américaine typique des années cinquante avec l’idée que derrière ses familles normales se cachent probablement les pires des secrets. Que la bizarrerie, même s’il la dépeint souvent avec une touche de grotesque, est préférable à une conformité zombifiante.

Mais Serial Mom n’est pas qu’une œuvre profonde sur de multiples thèmes, c’est aussi une comédie extrêmement hilarante. Beverly traite ses voisines de vagin, elle tue une cliente bitch de son fils à coups de gigot d’agneau, on y voit des jeunes se branler sur de vieux pornos dégueus, des policiers traiter une suspecte de crisse de folle et j’en passe. Serial Mom est une comédie qui ne fait définitivement pas dans la dentelle. L’humour y est cru et vulgaire, mais mis droit dans le mille.

La cerise sur le sundae? Le scénario est brillamment livré par une brochette d’acteurs géniaux tels qu’un jeune Matthew Lillard, Ricki Lake, Justin Whalin ( de Dungeons and Dragons ), mais surtout par Kathleen Turner, une déesse ici. J’ai toujours respecté cette actrice, mais jamais sans plus. Après avoir vu Serial Mom, j’avais envie de me la faire grave! Elle n’a jamais paru aussi sexy et dangereuse à la fois. Il ne faut aucun doute que Kathleen Turner c’est donné à fond et à cœur joie dans ce rôle qu’elle joue avec énormément de folie. On n’a qu’a penser à l’une des scènes du début, lorsqu’elle fait un appel obscène à sa voisine, où elle s’amuse à rigoler, faire des faces et changer sa voix.

De tous les films de John Waters, Serial Mom est probablement son plus « commercial » autant dans son propos que sa réalisation, non pas que ça soit un défaut. Avec ce film, John se surpasse, nous offrant un visuel coloré et riche. De plus, Serial Mom est bourré d’action époustouflante, comme une scène de poursuite de près de dix minutes à pieds, en auto et dans un bar. Et puis Waters a aussi réussi certains exploits que peu peuvent se vanter d’avoir fait, c’est-à-dire rendre des scènes de procès intéressantes et captivantes.

Mais ce n’est pas tout! En plus de toutes ces belles qualités, Serial Mom est également un bel hommage à Herschell Gordon Lewis, le Père du Gore. Sauf qu’ici, le côté gore est délaissé pour laisser place à un clin d’œil au style d’histoire et de réalisation de Lewis. Ainsi, mis-à-part une scène ou l’un des personnages se fait attaquer par un tisonnier et un morceau de son foie reste pris après, le film est somme toute dénué de sang, ou presque. Ce qui ne veut pas dire que le film n’est pas violent ou horrifique, comprenant maintes scènes où des personnages se font poignarder, embrocher, fracasser le crâne par un gigot ou brûler sur une scène lors d'un spectacle punk.

Serial Mom a longtemps manqué à ma culture. Je m’en mordais les doigts quelques instants après la fin de mon visionnement. Un ange sous la forme d’un gringalet connu sous le nom de Dany Champagne m’a fait découvrir cette petite merveille. J’ai donc décidé de reprendre le flambeau avec ce texte. Serial Mom est l’une des meilleures comédies qui soient, point final!

  • Dominic Paulhus

  • • Maman Ne Se Laisse Pas Marcher Sur Les Pieds (version française/Québec)
    • Serial Mother (version française/France)

     

    • Parents (1989)
    Smash Cut (2009)

     

     
     


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