SEVEN BLOOD STAINED ORCHIDS

1972

RÉALISATION:Umberto Lenzi
SCÉNARIO: Umberto Lenzi et Roberto Gianviti
AVEC: Antonio Sabato, Uschi Glas, Pier Paolo Capponi, Rossella Falk et Marina Malfatti

Seven Blood Stained Orchids fut le dernier krimi produit par le studio Rialto. Les films krimis renvoient à un cycle spécifique (de 1959 à 1972) de productions allemandes inspirées des romans d'Edgar Wallace, ou ceux de son fils, Bryan Edgar Wallace. Le giallo étant en quelque sorte le successeur du krimi, il n'est pas étonnant qu'il y ait eu fusion à une certaine époque (What Have You Done To Solange? en est un autre exemple). Umberto Lenzi, qui avait déjà quelques gialli sous la cravate, réalise donc Seven Blood Stained Orchids sous la forme d'un giallo, genre qui connaît un franc succès depuis le début des années 70. Néanmoins, le film sera commercialisé en tant que krimi en Allemagne.

Dans la ville, un tueur sévit sur des femmes laissant sur leurs cadavres de petites demi-lunes argentées. Alors qu'il tente de tuer sa troisième victime (Giulia), l'assassin est interrompu en plein cours de meurtre. Pour tenter de découvrir des indices sur l'auteur des crimes, la police décide de simuler les funérailles de Giulia. Frustré par l'incompétence des policiers, le mari de Giulia (Mario) décide de prendre l'enquête en main. Il devra procéder rapidement avant que le tueur ne fasse davantage de victimes.

Umberto Lenzi ne bénéficie pas d'une forte réputation chez les amateurs du genre. Bien qu'il ait touché à tous les genres et sous-genres en vogue en Italie, on entend rarement parler de ses films en tant que réussites. Seven Blood Stained Orchids, quoique loin d'un fiasco, ne fait pas exception à la règle pour Lenzi. D'un point de vue esthétique, le métrage est tout de même à point et peut rivaliser avec la plupart des gialli de cette époque. On a droit à une direction photo plutôt jolie, à quelques scènes efficaces tournées à la caméra subjective et à de ravissantes couleurs dans les décors. La réalisation de Lenzi, sans être brillante, est mieux que ce à quoi on pourrait s'attendre de lui. D'un autre côté, au fil du métrage, ses techniques deviennent rapidement redondantes. Malgré qu'il s'efforce de rendre son film dynamique, à l'aide du montage notamment, c'est tout le contraire qui advient. Son film possède un rythme faiblard et un manque d'intensité définitif.

Le scénario en soi contient certes quelques problèmes, mais c'est surtout dans l'exécution qu'il fait défaut. D'une part, les protagonistes du film sont mal développés et ne dégagent pas le charisme nécessaire pour qu'on s'intéresse à eux. Du début jusqu'à la fin du film, on a l'impression de suivre des individus robotisés dont on ignore les motivations. Par le fait même, les dialogues ne parviennent aucunement à éveiller notre intérêt. D'autre part, les scènes du film se ressemblent et se répètent, bien que souvent on ne sait plus trop où le récit en est rendu. Pour le spectateur, tenter d'identifier l'assassin devient une tâche qu'il confie volontairement à Mario et la police. Aussi, la plupart des revirements ne surprennent pas ou sont sans effets significatifs. D'ailleurs, la révélation finale semble survenir à un moment totalement inopportun et n'a du coup pratiquement aucun impact.

Autrement, les scènes de meurtres qui parsèment le film sont acceptables, mais n'épatent toutefois en rien. Comme pour le reste du film, elles manquent de rythme et échouent à faire monter la tension de façon considérable. Seul le meurtre à la perceuse quelque peu gore (peut-être le premier dans l'histoire du cinéma) se démarque du lot. La bande sonore composée par Riz Ortolani (Cannibal Holocaust, Don't Torture A Duckling) possède ses bons moments, mais se veut très ordinaire par rapport à la norme du genre. Le thème principal du film, mou, se marie malheureusement plutôt bien avec l'ensemble du métrage.

Seven Blood Stained Orchids est l'exemple typique d'un giallo esthétiquement louable, mais qui échoue à livrer son récit de façon captivante. Le genre a beaucoup mieux à offrir, passez donc votre tour sur celui-ci.

  • Maxime Duguay

  • Sette orchidee macchiate di rosso (titre original/Italie) )
  • Edgar Wallace - Das Rätsel des silbernen Halbmonds (titre alternatif/Allemagne)
  • Le Tueur À L'orchidée (titre français)

  • The Strange Vice of Mrs. Wardh (1971)
  • Deep Red (1975)

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