Shark Night 3D

SHARK NIGHT 3D

2011

RÉALISATION: David R. Ellis
SCÉNARIO: Will Hayes et Jesse Studenberg
AVEC: Sara Paxton, Dustin Milligan, Chris Carmack, Katharine McPhee et Joel David Moore

Jaws a réussi à atteindre la perfection il y a de cela plus de trente ans. Pourquoi se forcer si nous ne sommes pas capables de l'égaler. Tel semble être la ligne de pensée de tous les cinéastes qui entreprennent le tournage d'un film d'horreur mettant en scène des requins. Bien qu'on lui ait fourni la fine pointe des joujoux technologiques, Shark Night 3D tente trop d'en faire pour avoir l'impact désiré. Comme les requins qui peuplent son lac, le scénario a un trop gros appétit qui finit par lui nuire.

L'histoire est fort simple et est le genre à laquelle on s'attend d'un film intitulé Shark Night 3D. Sept étudiants universitaires profitent d'un congé pour aller s'amuser dans la maison d'été des parents de l'un d'eux qui est située sur une île paradisiaque. Ce qui devait être un week-end plaisant tourne au drame lorsqu'un des jeunes se fait littéralement manger le bras alors qu'il s'adonnait au wakeboard. En tentant de trouver de l'aide, le groupe empire sa situation en tombant sur deux fouteurs de troubles qui ont une rancune envers l'une des filles du groupe.

Lorsqu'il se contente d'être un simple film de requins, l'oeuvre de David R. Ellis (Final Destination 2, Snakes On A Plane) divertit à fond. Beaucoup plus qu'elle ne le devrait. En effet, la première moitié de Shark Night 3D se présente comme un chapitre de Friday The 13th dans lequel on aurait substitué Jason Voorhees par des requins. Beaucoup de requins! Le scénario nous gratifie du troupeau d'adolescents clichés requis pour ce genre d'oeuvre. Ils sont tous superficiels au point qu'on souhaite leurs mort, mais pas assez détestables pour nous décrocher de l'histoire. En fait, si les producteurs du récent remake de Friday The 13th avaient eu le moindrement notre divertissement à coeur, le film aurait probablement ressemblé au début de Shark Night 3D.

J'irais même jusqu'à affirmer que les scénaristes Will Hayes et Jesse Studenberg, deux nouveaux venus, ont trouvé des revirements efficaces pour rendre crédible le désir des personnages de s'aventurer sur le lac alors qu'il est peuplé de requins. En préconisant le suspense, David R.Ellis offre une oeuvre compacte qui jumelle bien l'action et l'horreur, sa marque de commerce depuis le début de sa carrière de réalisateur. De plus, les touches d'humour sont bien placées, surtout les dialogues sortant de la bouche de l'acteur Joel David Moore (Hatchet, mais aussi un petit film du nom de Avatar). Il n'y a pas de doute que Shark Night 3D est un film bien intentionné.

Là où ça se gâte, c'est lorsque les scénaristes se croient meilleurs que le matériel en tentant d'apporter des twists à la formule du film de requins. Rapidement dans le récit, il est révélé que les requins ont été placés dans le lac par deux voyous, l'un d'entre eux étant l'ancien ami de coeur d'une des étudiantes envers qui il a une rancune énorme. Du moment que leurs intentions sont révélées, le rythme du film en prend pour son rhume et les requins sont relégués au second plan. Malheureusement, ces pseudo vilains sont trop occupé à s'écouter parler qu'à mettre à exécution leur plan. Un plan, qui conséquemment, transforme Shark Night 3D en une espèce de Hostel aquatique.

L'idée d'amener une querelle amoureuse comme excuse à ce carnage aquatique n'est pas mauvaise en soi et accentue même le côté série B assumé de l'oeuvre. Mais les vilains au centre de cette intrigue ne sont tout simplement pas intéressants et sucent carrément toute l'énergie du film. Il faut dire aussi que le scénario assume mal l'absurdité de ses revirements. Là où il aurait du suivre les traces de son cousin éloigné, Piranha 3D, en jumelant concept farfelu à du gore outrancier, Shark Night 3D y va de mollesse. Le suspense fonctionnait à merveille lorsque l'oeuvre était un simple film de requins. Mais lorsqu'il est révélé que ces requins sont munis de caméras contrôlées par des rednecks désireux de vendre des films snuffs sur le marché noir, on se doit de changer le ton et l'allure de son film!

Ajoutez à cela des effets 3D parfois corrects, mais trop souvent superflus, et il est difficile de ne pas ressortir du visionnement déçu. Dommage que le début était si prometteur. On doit quand même retenir que dans la catégorie requins mangeurs d'hommes, Shark Night 3D frappe plus haut que la moyenne. Gardez vos attentes basses!

  • Dany Champagne

  • • Requins 3D (version française/Québec)

     

    Deep Blue Sea (1999)
     

     


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