SHARKTOPUS
2010
RÉALISATION: Declan O'Brien
SCÉNARIO: Mike MacLean
AVEC: Kerem Bursin, Sara Malakul Lane, Ralph Garman, Shandi Finnessey et Eric Roberts
Jadis le roi du cinéma d'exploitation, le producteur Roger Corman a trouvé une façon ingénieuse de redonner un peu de résonnance à son nom. En attribuant à un navet un titre absurdement accrocheur, il a fait tourner la tête de bien des gens qui n'ont pas hésité à partager la bande-annonce de Sharktopus sur Facebook et Youtube. La tactique a fonctionné puisque le téléfilm présenté sur Syfy en septembre 2010 a battu des records d'auditoire.
Créé par l'armée américaine, le S-11, un hybride entre un requin et une pieuvre, se veut l'arme secrète idéale. Mais lorsque l'implant servant à le contrôler se détache, la bête sème la terreur dans un village touristique du Mexique. Le scientifique qui l'a conçu, Nathan Sands, devra s'armer de courage s'il veut vaincre la bête.
Le résumé de Sharktopus est le même que les 72 derniers films de terreur aquatique offerts par le réseau Syfy ces dernières années. Et c’est là la faiblesse de ce fameux Sharktopus. Son hybride requin-pieuvre est certes rigolo, mais il pourrait être changé pour n’importe quel animal « normal » qu’on en remarquerait aucune différence. En gros, Sharktopus est identique aux autres copies de Jaws sans ambition avec comme seule différence des effets par ordinateur plus excentriques, mais tout aussi ratés.
Pourtant, Sharktopus avait tout pour se démarquer. À commencer par son titre qui annonce une œuvre bien consciente du point de non-retour atteint par son sous-genre. Ajoutez à cela que Roger Corman a produit par le passé une panoplie de films d’horreur aquatique qui sont devenus des références, dont Piranha (l'original de 1978), Up From The Depths et mon favori Humanoids From The Deep. De plus, l’avènement du Piranha 3D d’Alexandre Aja ayant fait accepter les excès que peut offrir ce style de film d’horreur dans la conscience populaire, il était permis de saliver devant les possibilités d'un tel hybride.
Hélas, les seuls qui semblent avoir eu du plaisir dans la production de ce téléfilm sont les concepteurs d'effets par ordinateurs qui ont eu congé de créer un simple requin ou autre mégalodon. Sous la direction de l'anémique Declan O'Brien (Wrong Turn 3), l'oeuvre sombre dans les contraintes du téléfilm et ne parvient jamais à se défaire de l'étiquette généralement attribuée aux films produits pour Syfy. Même le récent Lake Placid 3 avait plus de culot et d'audace que Sharktopus, une oeuvre qui aurait dû à tout le moins tenter de fracasser les balises de l'absurdité. L'exercice s'est malheureusement arrêté au titre.
Fier de l'engouement remporté par son film, O'Brien clame avoir voulu réaliser un pastiche d'un sous-genre fort populaire. Si tel est le cas, et entre vous et moi, je ne doute pas des intentions du cinéaste, O'Brien a raté complètement sa cible.
L'attrait de Sharktopus dépend majoritairement à votre intérêt de voir un requin-pieuvre attaquer des gens! Mais malgré cela, la nouvelle production de Roger Corman ne vaut aucunement toute l'attention qu'on lui a portée. À conseiller à ceux qui sont attirés par les Shark Attack 3 ou autre Psycho Shark.



• Devilfish (1984)
• Mega Piranha (2010)
| |
|