SHIVER

2008

RÉALISATION: Isidro Ortiz
SCÉNARIO: Hernan Migoya et José Gamo
AVEC: Junio Valverde, Blanca Suarez, Jimmy Barnatan, Mar Sodupe et Francesc Orella

Personne ne peut connaître une suite de réussites sans quelques échecs. Les Canadiens de Montréal se font laver continuellement depuis deux semaines, l’ADQ est en voix d’extinction et les producteurs de Pan’s Labyrinth et The Orphanage ont produit Shiver, le moins bon de leur trio.

Santi a une maladie très rare qui le rend allergique au soleil en plus de faire pousser ses canines. À la suite d’une recommandation de son médecin, Santi et sa mère d’emménagent dans une petite ville où le soleil se fait rare. Mais à peine est-il installé, qu’une série de meurtres étranges survient et il se retrouve au milieu de ceux-ci, ce qui éveille les soupçons des villageois qui le croient être un vampire. Mais Santi sait qu’il est innocent, car il a vu la bête responsable des meurtres.

Malheureusement, Shiver est victime de son synopsis trop intéressant. Pour ma part, je m’attendais à un mélange entre un film de monstres et de vampires où à la fin, il y aurait une bataille entre Santi et le monstre. Où alors que Santi soit finalement le monstre. Ou même, n’importe quoi sauf ce à quoi j’ai eu droit. Shiver est vraiment un film dont le potentiel est gâché. Principalement, je trouve que le scénario n’exploite pas assez la maladie de Santi. Mis à part un moment dans le film, elle ne brigue pas assez le personnage pour rajouter du suspense ou de l’action au film. Elle ne semble là que pour déclencher les évènements, sans plus. Pourtant, c’est le genre de truc sur lequel on peut baser un film, tel que montré dans The Others. Le sujet du vampirisme apparenté à Santi aurait pu, et dû, être exploité d’avantage.

Cependant, il ne faut pas croire que le scénario soit nul à chier! Au contraire, c’est bien ficelé et il n’y a jamais vraiment de longueur. Alors qu’au début, on croit avoir à faire à un film de vampire, le scénario change subtilement de ton sans tomber dans l’exagération ou prendre le spectateur pour un imbécile.

Mais comme la plupart du temps, le dénouement final est fait de façon trop enfantine et simpliste. Je ne sais pas si c’est moi qui suis blasé ou bien l’art de faire une bonne finale est quelque chose de perdu, mais il me semble que trop souvent à mon goût, je ne suis pas ou peu satisfait des explications qui me sont données pour expliquer les événements. Shiver semblait prometteur de ce côté là car on ne nous expliquait rien… jusqu'à ce que les choses se soient conclues. On a alors droit à un flash-back qui coupe la trame narrative et qui ne semble là que pour combler des trous qui étaient très bien comme ils étaient. Même si le scénario est quand même bien et soutient notre plaisir, le gâteau ne lève pas assez.

Ceci dit, pour un film produit pour la télé, visuellement Shiver s'en sort très bien. Les décors minimalistes soutiennent la réalisation neutre et sans artifices d’un film d’ambiance. D’ailleurs, Isidro Ortiz sait mettre en valeurs les moments intenses du film avec sa réalisation. Pour un film de « monstre », Shiver se montre plutôt radin en hémoglobine. Cependant, vers la fin, le film prend des allures de survival tel que Deliverance et Wrong Turn. Ces scènes délicieuses sont par contre trop éparses. À mon avis, ce genre d’ambiance aurait dû être plus présente.

Shiver peut-être comparé à la fille qui se frotte le plus après les hommes dans un bar. On tente de la charmer car on se dit qu’on va passer la nuit la plus folle de notre vie, seulement pour nous rendre compte qu’un coup à la maison, elle est plus froide au lit qu’un régiment d’Ontariennes! Comme quoi une belle couverture ne veut pas dire que le produit livre la marchandise.

  • Dominic Paulhus

  • • Eskalofrío (titre original/Espagne)

     

    The Lost Boys (1987)
    Disturbia (2007)

     

     
     


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