SHUTTER

2004

RÉALISATION: Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom
SCÉNARIO: Banjong Pisanthanakun, Parkpoom Wongpoom et Sopon Sukdapisit
AVEC: Ananda Everingham, Natthaweeranuch Thongmee, Achita Sikamana et Unnop Chanpaibool

Pour ceux qui aiment les films d’esprits vengeurs, de fantômes, et de phénomènes occultes, Shutter est définitivement le prochain film à voir! Au rendez-vous, frissons, émotions fortes, tension... bref, sortez votre dictionnaire des synonymes et tous les mots que vous y trouverez ne seront pas assez nombreux et efficaces pour qualifier ce succès. Votre taux d’adrénaline montra en flèche!

En rentrant à la maison après une soirée bien arrosée, Tun, un photographe professionnel, et sa copine Jane renversent une jeune fille avec leur voiture. Pris de panique, le couple s’enfuit sans prêter assistance à leur victime, et tente tant bien que mal d’oublier le drame. Plus les jours se succèdent, plus le couple observe d'étranges phénomènes dans leur quotidien. Les clichés de Tan sont parsemées de taches et d’ombres mystérieuses, ses copains se suicident les uns après les autres, il voit des apparitions de plus en plus terrifiantes… Serait-ce l’esprit vengeur de cette jeune fille laissée pour morte sur le bord de la route? Jane en est convaincue dès le début et elle fera tout pour réparer l’erreur commise afin que l’âme de la victime puisse reposer en paix. Mais plusieurs surprises attendent Jane dans sa démarche.

Shutter est la première réalisation du duo Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom. Le scénario a également été co-écrit par les deux réalisateurs avec l’aide d’un de leur copain de classe, Sopon Sukadapisit, un autre apprenti du genre. Laissez-moi vous dire que, pour un premier film, ce trio d’enfer nous offre une oeuvre parfaitement réussie et des plus prodigieuses. L’idée du scénario leur est venue en regardant de vieilles photos d’émeutes survenues en 1973 dans leur pays, qui ont occasionné la mort tragique de 72 personnes par l’armée. Ils ont eu envie de se documenter sur les photographies d’esprits et ils ont consulté la collection privée de deux de leurs professeurs d’université. Plusieurs photos se sont d’ailleurs retrouvées dans le film.

TOUS les éléments du film sont inqualifiables tant Shutter est un chef-d'oeuvre. L’intrigue nous est très bien injectée et l’action commence dès les premières minutes. Aucune longueur ne se fait ressentir puisque le scénario est habilement ficelé à la seconde près. Au fur et à mesure que le film avance, de nouveaux éléments s’ajoutent à l’intrigue, dévoilant petit à petit les indices qui nous mèneront au revirement de l’histoire. On n’y démord pas un seul instant. Quelques éléments nous aident à deviner une partie de l’intrigue principale avant la fin, mais la partie qui nous reste inconnue est très surprenante, ce qui vient effacer bien vite le seul défaut au film.

Les apparitions du spectre sont très floues au début, ce qui laisse travailler notre imagination. Plus elles s’éclaircissent, plus on a droit à un fantôme exceptionnellement menaçant. Que les images soient floues ou claires, chaque manifestation glace le sang. Le montage vidéo avec ses nombreux effets spéciaux ténébreux nous entraîne dans un tout autre univers et c’est comme si on se sentait à la place des personnages. Plusieurs scènes sont dépourvues de dialogues et contiennent seulement de la musique et quelques effets sonores. Ceci a pour effet de nous faire ressentir intensément les émotions vécues par les personnages, interprétés par des acteurs simplement parfaits. Qu’ils sourient, pleurent ou soient terrifiés, ils viennent nous chercher au plus profond de notre intérieur.

J’ai vu plusieurs films asiatiques au cours de ma conquête de l’horreur et c’est un genre que j’affectionne particulièrement. À chaque fois, ce que j’y découvre m’hypnotise. Mais Shutter est certainement le meilleur film thaïlandais qui m’a été donné de voir. Il n’est donc pas surprenant qu’il ait gagné plusieurs prix, dont celui de meilleur film au Bangkok International Film Festival en 2004, ainsi que meilleur film asiatique au Fantasia International Film Festival en 2005. Il s’est aussi démarqué en tant que sélection officielle à cinq autres festivals à travers le monde.

Le DVD n’est pas disponible au Canada pour l’instant. Mais il est facile de le dénicher sur Ebay en importation américaine ou sur les sites européens en zone 2. Pour ceux qui ne pourraient se le procurer, soyez patients et attendez le remake américain prévu pour 2007. J’espère que Luke Dawson, un apprenti dans le domaine de l’horreur, saura garder l’authenticité originale du film... Vous savez ce que valent habituellement les remakes de films asiatiques…

  • Karine Deblois

  • Phone (2002)
  • Pulse (2001)

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