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THE SISTER OF URSULA1978
RÉALISATION: Enzo Milioni Durant sa période de production, le giallo a toujours conservé une certaine affinité avec le film érotique. En effet, avec leurs récits se déroulant souvent dans le domaine de la mode, leurs paysages de carte postale et leurs personnages aux moeurs légères ou à la sexualité ambiguë, il n’était pas rare que les gialli intègrent quelques scènes lubriques à leurs intrigues. Cependant, le giallo s’est généralement maintenu à une distance considérable de ce qu’on appelle le cinéma d’exploitation. The Sister of Ursula, sorti après la phase glorieuse du sous-genre, fait office d’exception. Suite à la mort de leur père, deux jolies sœurs – Ursula et Dagmar – se rendent à un hôtel au bord de la mer pour se changer les idées. Par contre, Ursula demeure encore profondément affectée par la perte de son père. Elle s’imagine que tous les gens séjournant à l’hôtel seront assassinés : elle perd complètement les pédales. Lorsque ses prémonitions commencent à se révéler vraies, la situation prend des allures inquiétantes. The Sister of Ursula souffre d’un important manque d’authenticité et semble avoir été conçu dans l’unique but d’attirer le plus large public possible. Et comme l'ironie du sort nous le rappelle si fréquemment, à vouloir plaire à tous, on ne réussit généralement à satisfaire personne. C’est précisément le cas de The Sister of Ursula. D’abord, concernant l’intrigue, on croirait qu’Enzo Milioni s’était donné pour défi de choisir au hasard quelques-uns des thèmes les plus abordés du giallo, pour ensuite les insérer coûte que coûte à l’intérieur de son film. Son histoire de drogue, de prostitution, de perversions et de pouvoirs psychiques surnaturels est prévisible et remplie d’intrigues secondaires encombrantes qui mènent tôt à du surplace. Seules quelques scènes où Ursula est prise de panique permettent de sauver la mise, car Barbara Magnolfi (Suspiria) est tout de même convaincante dans son rôle. D'un autre côté, le film propose plusieurs scènes érotiques (certaines très explicites), qui, si elles avaient été tournées avec le soin nécessaire, auraient au moins pu faire « lever » une partie de la foule. Mais Milioni place sa caméra n’importe où et les acteurs manquent visiblement d’aisance. De plus, la même chanson au saxophone en indique toujours le coup d'envoi. Ainsi, au lieu de pimenter agréablement le récit, ces scènes deviennent redondantes et pénibles à visionner. Les scènes de meurtre du film, quant à elles, ressemblent à ce que l’on pourrait s’attendre à voir dans un giallo mou dans tous les sens du terme. Bien que découpées de façon intéressante, elles échouent à nous saisir. L'arme du criminel, qui est également le principal argument de vente du film – un imposant godemiché – n'amène enfin rien qui vaille la peine d'être mentionné. The Sister of Ursula bénéficie toutefois d'une esthétique assez respectable : jolie photographie par moments, belles locations de tournage, quelques heureuses trouvailles dans la décoration et réalisation plutôt correcte. Mais est-ce que cela suffit vraiment ? À voir The Sister of Ursula, c’est à se demander si le giallo n’avait pas déjà épuisé toutes ses ressources durant la première moitié des années 70. Un film qui témoigne de l'effondrement du sous-genre italien. Le film est distribué sur DVD par Severin Films.
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