SLASH

2002

RÉALISATION: Neal Sundström
SCÉNARIO: Stephen Ronald Francis et Gus Silber
AVEC: Steve Railsback, Adam Woolf, Danny Keogh, Milan Murray et Guy Raphaely

Fortement favorisé à Cannes avec une méga campagne de publicité (T-shirts, écrans géants, ...), ce petit film sud-africain s’est mérité la plus grande huée que le festival ait connu. Ce stunt publicitaire fut une stratégie surévaluée qui a coûté très cher au producteur. Avec son titre qui laisse présager un slasher à la Friday the 13th, son résumé qui a facilement piqué ma curiosité et sa pochette rougeâtre très subjective, je me suis tout de même risquée à me procurer le DVD, ne pouvant croire que le film pouvait être aussi pourri que les critiques le laissaient entendre. Heureusement, car j’ai découvert une comédie d’horreur très rafraîchissante.

Slash est un groupe de rock en quête de fortune et de gloire. Mac, le chanteur, se voit sollicité à revenir sur la ferme familiale afin d’y enterrer une vieille tante décédée. C’est alors que tout le groupe décide d’accompagner leur ami et part à bord de leur motorisé de tournée pour une aventure au pays du maïs. Hélas, une fois rendu sur les lieux, le moteur lâche et la bande se retrouve coincée pour quelques jours. Ils se verront confrontés au sombre passé de la famille MacDonald, à ses macabres secrets et… à la mort.

Le titre laisse vraiment croire à un horrible slasher, mais on a plutôt droit à une comédie du genre de Going The Distance, parsemée de quelques meurtres poches. Son côté humoristique est très bien développé et comporte de bonnes blagues bien poussées, ce qui nous console très vite du slasher raté. Le nom de la famille MacDonald est bel et bien inspiré de la chanson "Old MacDonald had a farm, He-Ha-He-Ha-Ho", puisque les personnages y font souvent référence. Ceux-ci se comportent comme des idiots, ce qui n’est pas du tout négatif, puisque c’est l’essence comique essentielle du film. J’ai grandement apprécié cet aspect burlesque, malgré mon travers pour les comédies d’horreur.

Le déroulement du film en général est très bien monté. Mis à part quelques longueurs au début, le contenu est assez bien rempli. Le plus gros défaut du film vient du fait que les scènes de meurtres sont pratiquement dépourvues de gore. Les plans de caméra sont souvent très éloignés, ce qui nous empêche d’assister aux détails croustillants implorés. Un corps transpercé avec une faux et un meurtre à la faucheuse à foin sont les deux seules scènes nobles à souligner. On a également droit lors de ces scènes à un petit air drummy qui nous fait beaucoup plus sourire que frémir. Il est bien certain que ça va avec la thématique musicale du film, mais cette bastringue finit bien vite par nous tomber sur les nerfs. Il ne faudrait pas oublier de souligner l’excellente performance des acteurs, en particulier celle de Steve Railsback (Ed Gein, The Butcher) dans le rôle du fermier MacDonald, et de Anton Voster dans le rôle du tueur à la fourche. Authentique dans ses gestes et dans la manipulation de son arme, Voster a peu d’expérience, mais reste à surveiller s’il continue dans ce domaine. L’apparence de son personnage est très lugubre et rappelle celle du Creeper dans Jeepers Creepers.

Je crois que la musique choisie pour un film est bien souvent une très grande influence sur notre appréciation de celui-ci. Étant donné que Slash est un groupe de rock, je m’attendais à entendre un son dans le genre de Def Leppard, Soundgarden ou même Kiss, mais ce ne fut malheureusement pas le cas. Je crois que c’est un élément important du film qui a été manqué à 99%, puisqu’il n’y a que la dernière chanson qui accroche vraiment. Mon opinion sur le film aurait sûrement été plus élevée si on nous avait offert de la musique qui déménage, ce qui aurait ajouté un peu de punch et surtout parce que c’est le thème principal de celui-ci.

En fait, ma réelle déception de Slash est attribuée à ce faux-semblant de slasher imposé par sa fiche descriptive qui nous assure de son authenticité. Mais l’humour sarcastique témoignée m’a fait connaître une bouffonnerie extrêmement agréable, ce qui nous fait oublier l’horreur recherchée initialement. Même si ça manque beaucoup de rouge à l’écran, on nous dévoile un tueur très impressionnant. On se retrouve souvent avec un petit sourire au coin des lèvres, ce qui saura agréablement divertir les amateurs de la comédie d’horreur. Habituellement, je n’aime pas ce genre de film, mais là, je dois avouer que j’ai été charmé par Slash.

  • Karine Deblois

  • Dead & Breakfast (2005)
  • Shaun Of The Dead (2004)

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