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SLAUGHTER
2009
RÉALISATION: Stewart Hopewell
SCÉNARIO: Stewart Hopewell
AVEC: Amy Shiels, Lucy Holt, David Sterne, Antonia Bernath et Vance Daniels
Depuis ses débuts en 2006, le festival After Dark Horrorfest a reçu sa part de critiques autant de la part des amateurs que de la critique spécialisée. Ça peut sembler étonant compte tenu que ce festival, présenté dans plusieurs salles américaines pendant une semaine, a permi à des films tels que Mulberry Street, Unrest, Autopsy, The Broken, The Gravedancers et Borderland de se faire connaitre. Puis vient un film comme Slaughter, qui par son inaptitude totale réduit de beaucoup la crédibilité du festival.
Après une rupture difficile avec un copain qui la battait, Faith décide de repartir à zéro. Elle déménage dans une ville qui lui est inconnue, loin de tout souvenir pouvant lui rappeler son ex. Dans un bar près de chez elle, elle rencontre Lola, une jeune femme de son âge et se lie rapidement d'amitié avec elle. Lorsque son copain la retrouve mystérieusement, Faith demande à Lola si elle peut se réfugier chez elle pendant quelques temps. Lola habite dans une ferme avec son père et ses deux frères. Les deux amies passent donc leurs journées à travailler sur la ferme et les soirs venus, elles se défoulent dans les bars. Contrairement à Faith, Lola ramène toujours une conquète avec qui passer la nuit. Mais au matin, il n'y a plus aucune trace des partenaires nocturnes de Lola. Faith est sceptique en ce qui a attrait aux départs des hommes en question. Elle en vient à suspecter que la famille de Lola utilise les cadavres des conquètes de Lola pour nourir les cochons de la ferme. Mais il s'avère que la vérité est beaucoup plus macabre que ce que pouvait s'imaginer Faith.
Slaughter est un film travesti. C'est une oeuvre médiocre et terriblement ennuyeuse qui se cache sous sa photographie léchée, une direction artistique adéquate et une magnifique pochette DVD qui risque de flouer plus d'un cinéphile. Le film de Stewart Hopewell se vante d'être basé sur une histoire vécue, un énoncé qui a perdu de sa noblesse après que les remakes de The Texas Chainsaw Massacre et The Amityville Horror l'ait surexploité à fond. Comme la majorité des films basés sur des faits véridiques, Slaughter ne fait que s'inspirer très librement d'une vraie histoire, à savoir celle de Belle Gunness, une tueuse en série qui a sévit à la fin des années 1800. Hopewell est tombé dans le même piège que bien des cinéastes en tentant de porter à l'écran un fait divers sans le munir d'une trame de fond consistante. Son scénario est une interminable mise en place pour un revirement télégraphié et peu inspiré. La première heure ne contient que du remplissage inutile dans lequel le personnage de Faith est surdéveloppé quand réellement, c'est Lola qui devrait bénéficier de plus de profondeur psychologique.
Avant le pseudo revirement, Slaughter promet continuellement de l'horreur viscérale sans livrer la marchandise. La famille de Lola est propriétaire d'un abattoir de porc et le réalisateur tente de porter l'attention du spectateur sur celle-ci, supposant que son oeuvre va se transformer en Slaughterhouse ou Motel Hell. Ça n'arrive pas! En fait, la pochette du DVD est plus violente et divertissante que le film même. Le moment clé du film, sur lequel Hopewell semble avoir mis tous ses efforts, n'est qu'un recyclage étiré de ce qu'on a déjà vu et revu dans les films de torture porn. Hopewell s'est efforcé de construire pendant 60 minutes des personnages crédibles pour ensuite les balancer dans une finale horrifique qui défie maladroitement toute logique. S'aurait pu fonctionner à son avantage si le ton du film avait été plus auto-dérisoire, mais Slaughter est fait avec un sérieux inébranlable qui le rend prétentieux et rend sa dégringolade encore plus à pique!
Ce qui sauve le premier film de Hopewell du désastre est, comme mentionné plus haut, sa magnifique photographie. Oeuvre de Marius Ivascu, la direction photo du film alterne entre un visuel crade semblable au remake de The Texas Chainsaw Massacre et un visuel plus pétant et coloré. Slaughter est vraiment beau à regarder, tellement qu'il est difficile de croire que son contenu soit si médiocre. La finale évite la route facile du "happy ending" et la toute dernière séquence démontre une certaine audace. Dommage qu'il faille attendre l'arrivée du générique pour enfin être diverti.
Le cinéma d'horreur est un genre dans lequel un défaut n'est pas nécessairement une chose négative. Ce qui ne pardonne pas, par contre, c'est d'être ennuyeux. Slaughter commet l'irréparable; celui d'emmerder le spectateur pour la totalité de sa durée.



• Slaughterhouse (1987)
• Homecoming (2009)
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