SLAUGHTER NIGHT

2006

RÉALISATION: Frank van Geloven et Edwin Visser
SCÉNARIO: Frank van Geloven et Edwin Visser
AVEC: Victoria Koblenko, Kurt Rogiers, Jop Joris, Linda van der Steen et Steve Hooi

Lorsque je visite une mine sous-terraine, j'apporte avec moi: un casque, une lampe de poche, des gants, une bouteille d'eau, une petite collation et... une planche de Ouijà!

Dans les années 1800, la justice néerlandaise utilisait les meurtriers trouvés coupables pour tester les risques d'explosions dans les mines. Si la personne s'en sortait vivante, sa peine était abandonnée. Alors qu'il écrit un livre sur le sujet, plus précisément sur le sort d'Andries Martiens, le plus notoire des criminels morts dans les mines, Martin Lodema meurt dans un accident de voiture. Désireux de publier les recherches de Lodema, l'éditeur demande à la fille du défunt de se rendre dans une petite municipalité minière pour aller y chercher les textes de son père.

La jeune Kristel en profite donc pour inviter ses amis pour un voyage en voiture au milieu de nulle part! Arrivés sur les lieux, Kristel et ses amis décident de visiter une mine, la même où a péri Andries Martiens. Une fois la visite terminée, l'ascenseur tombe en panne et les jeunes doivent attendre sa réparation pour espérer remonter à la surface. Pour passer le temps, l'un d'eux sort un jeu de Ouijà (!) de son sac! La séance de communication avec l'au-delà étant à peine commencée, l'esprit de Martiens possède l'un des jeunes et ne perd pas de temps à poursuivre un massacre débuté il y a 150 ans!

Malgré son origine néerlandaise, Slaughter Night est grandement influencé par le cinéma d'horreur américain, celui des années 80 plus précisément. La juxtaposition de ses différentes influences est facilement la plus grande qualité de Slaughter Night, puisque le scénario en apparence prévisible et sans saveur se renouvelle constamment. Les cinéastes Frank van Geloven et Edwin Visser ont visiblement été influencé par The Boogens, Witchboard et Night Of The Demons et ne se gênent pas pour amalgamer les meilleurs éléments de ces films en une seule oeuvre. Le résultat est plus ou moins cohérent et logique (qui est-ce qui est assez cave pour amener une planche de Ouijà dans une mine! ), mais très divertissant.

Si d'un point de vue narratif, l'influence du cinéma d'horreur des années 80 se fait sentir, ce n'est malheureusement pas le cas au niveau de la réalisation. Avec ses nombreux tunnels de mines qui semblent ne jamais finir, Slaughter Night se prêtait bien à un visuel recherché ou à tout le moins crade. Geloven et Visser trahissent rapidement leur manque de savoir-faire en surexposant l'image de sorte que chaque ampoule lumineuse (elles sont nombreuses... nous sommes dans une mine) vient distorsioner l'image. Encore plus agressant est la prédilection qu'on les deux cinéastes pour la technique de la "shakycam", qui consiste à faire trembler la caméra à la moindre séquence d'action. Ils poussent la technique à son paroxysme, tellement, qu'il est permis de se demander si durant les scènes d'action, ils n'ont pas placé la caméra dans un mélangeur à peinture. Ajoutez à cela une incapacité à cadrer adéquatement et vous avez des scènes d'horreur qui ressemblent au bad trip d'un attardé!

C'est d'autant plus dommage puisque contrairement à bien des cinéastes qui utilisent la technique de la réalisation épileptique pour cacher leur manque de budget ou leurs effets ratés, Slaughter Night a beaucoup à offrir. Les effets gores sont en lien avec les influences du film, c'est à dire généreux et dégoûtants et les méchants du film, les jeunes qui deviennent possédés les uns après les autres, représentent une bonne menace. Le scénario utilise aussi à son avantage les clichés (séparons-nous!), mais le résultat final laisse toujours un goût amer dans la bouche.

Après une sortie DVD initiale en 2008, Slaughter Night est maintenant offert dans le coffret Terror Pack par Palisades Tartan. Le coffret comprend aussi les films Carved et Sheitan.

Malgré le manque de compétence de ses réalisateurs, Slaughter Night n'est pas un mauvais film. Son scénario, bourré de clichés et de dégoulis, en fait un film divertissant. Par contre, avec un peu plus de dextérité au niveau technique, Slaughter Night aurait pu appartenir à la même ligue que les oeuvres auxquelles il rend hommage.

  • Dany Champagne

  • • Sl8n8 (titre original/Pays Bas)

     

    • The Boogens (1982)
    • The Strangeness (1985)

     

     
     


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