RETURN TO SLEEPAWAY CAMP

2008

RÉALISATION: Robert Hiltzik
SCÉNARIO: Robert Hiltzik
AVEC: Vincent Pastore, Jonathan Tiersten, Paul DeAngelo, Michael Gibney et Isaac Hayes

Après le succès de Sleepaway Camp au début des années 80, le réalisateur Robert Hiltzik s'est mis à l'écriture d'un suite. Peu impressionnés par son travail, les producteurs ont plutôt décidé de faire confiance à Michael A. Simpson et Hiltzik a abandonné ses ambitions de cinéaste, se tournant plutôt vers le droit. Au début des années 2000, c'est avec surprise qu'il a découvert que son film bénéficiait d'un suivi culte. C'est ainsi que lui est venu le goût d'offrir aux amateurs de la série, sa propre suite au film original.

Deux décennies se sont écoulées depuis les horribles événements survenus au camp d'été Arawak. Maintenant renommé camp Manabe, l'endroit est dirigé par Ronnie, un moniteur qui avait été témoin des meurtres commis par Angela Baker. Lorsque d'autres accidents douteux surviennent, Ronnie est persuadé qu'Angela s'est évadée de l'asile où elle est internée depuis plus de vingt ans. Lorsque la rumeur de la présence d'un meurtrier dans le camp se répand, l'endroit devient rapidement hors de contrôle.

D'emblée, Return To Sleepaway Camp est un film difficile à apprécié. Tout d'abord, Robert Hiltzik n'avait rien réalisé depuis le film original en 1983 et ça paraît. Son style est amateur en plus de manquer de finition. Son scénario manque aussi de subtilité et de retenu, nous balançant froidement dans l'histoire sans le moindre développement. Ajouter à cela un groupe d'acteurs qui ne mériterait même pas d'être payé au salaire minimum! Et comme si ce n'était pas assez, un des personnages, Alan (joué par Michael Gibney) est insupportable comme ce n’est pas possible!! C'est littéralement le Jar Jar Binks de la série Sleepaway Camp! Et question de nous torturer, Hiltzik bâti la première heure de son film entièrement autour de lui!

Alan est un gros idiot avec un chandail tâché de sueur et de nourriture qui emmerde tout le monde et pleurniche chaque fois qu'il est victime d'un mauvais coup, chose qui survient une bonne quinzaine de fois pendant le film! Ça prend de la patience pour passer à travers de ses péripéties. Mais ironiquement, tous les ingrédients qui font de Return To Sleepaway Camp un mauvais film finissent par l'élever à un niveau de divertissement supérieur. Après quelques temps, on se surprend à aimer voir Alan se faire humilier par ses camarades de camp tout comme les mauvais acteurs deviennent charmants! Il est aussi amusant de voir les multiples tentatives de Hiltzik pour flouer le spectateur sur l'identité de l'assassin de son film, lorsque celui-ci est aussi facile à trouver qu'un éléphant rose dans une cabine téléphonique!

Return To Sleepaway Camp a beau porter le fardeau de plusieurs défauts, il n'en demeure pas moins que c'est la suite la plus fidèle et divertissante au film original (une tâche pas trop difficile à accomplir, je vous l'accorde). Non seulement le style du film nous ramène tout droit dans les années 80, mais ses scènes de meurtres loufoques en font un divertissement haute de gamme! Tout comme c'était le cas dans Sleepaway Camp, Hiltzik s'efforce de trouver des façons de tuer complètement différentes des slashers typiques. À défaut d'être sanglantes, les scènes de meurtres de cette suite sont originales et font office de Final Destination des pauvres! Parmi les meilleurs moments on retrouve un jeune qui se fait planter un bâton dans l'oeil, une fille écrapoutie par un lit de clous et une scène de castration follement exécutée (à voir!). Et pour ceux qui s'auront se rendre jusqu'à la fin du film, regardez la fin du générique qui contient le moment le plus gore.

Puisque Sleepaway Camp doit toute sa notoriété à sa finale choquante et inattendue (une fin qui n'a rien perdue de son impacte aujourd'hui), Hiltzik savait qu'il se devait de livrer la marchandise une fois de plus sur cet aspect. Sans rivaliser avec son prédécesseur, la finale de Return To Sleepaway Camp est une belle accolade aux amateurs qui ont supporté la série toutes ses années. Il faut dire que l'énigme est assez facile à deviner, mais on s'imagine mal Hiltzik emprunter une autre voie.

Return To Sleepaway Camp n'est pas un film qui s'adresse à tout le monde. Cette suite est une continuation du style du premier film et vise uniquement les amateurs de la série. En gardant en mémoire que Sleepaway Camp n'était pas un grand film à l'origine, vous devriez passer un bon moment avec ce nouveau chapitre. À quand le prochain maintenant?

  • Dany Champagne

  • Sleepaway Camp (1983)
    Sleepaway Camp 2: Unhappy Campers (1988)
    Sleepaway Camp 3: Teenage Wasteland (1989)

     

    Cheerleader Camp (1987)
    • Camp Daze (2005)

     

     
     


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