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SLIME CITY
1988
RÉALISATION: Gregory Lamberson
SCÉNARIO: Gregory Lamberson
AVEC: Robert C. Sabin, Mary Huner, T.J. Merrick, Dennis Embry et Dick Biel
La jaquette de Slime City porte fièrement le qualificatif « répugnant », et à mon grand bonheur, il s’agit effectivement d’une oeuvre répugnante à souhait.
Il fût une époque où les films d’horreur avaient le droit d’être tout simplement répugnants. Mieux encore, où le spectateur avait le droit d’aimer un film simplement répugnant. Avec raison. Aussi ridicule soit-il, ce film s’avère dix fois plus drôle et divertissant que la grande majorité des films (exagérément) gore parus récemment. C’était la belle (mais brève) époque des Midnight Movies, qui a vu naître son lot de films « tellements-mauvais-que-c’est-bon », dont Slime City fait résolument partie.
Alex vient de s’installer dans un nouvel appartement de New York afin de se rapprocher de sa petite amie, la très prude Lori. Ses nouveaux voisins semblent tous un peu louches, mais le jeune homme ne s’en fait pas trop. Il accepte d’aller souper chez l’un d’eux qui l’introduit à son régime constitué de yogourt et de vin maison verdâtres très peu appétissants, mais apparemment très bons. Il devient instantanément dépendant de la substance et se laisse séduire par sa nouvelle voisine, une genre de rockeuse dévergondée à perruque excentrique. Peu à peu, Alex se rend compte qu’il est victime d’un complot en lien avec une secte occulte qui a commis un suicide collectif dans le sous-sol de son immeuble trente ans plus tôt.
Le problème, c’est que le vin vert transforme Alex en monstre gluant assoiffé de meurtres et qu’il a de plus en plus de difficulté à dissimuler ces effets pour le moins gênants. C’est en fait l’esprit démoniaque du défunt gourou de la secte qui prend possession de son corps et le pousse à agir ainsi. Lori s’inquiète de l’état de santé de son copain et les choses ne font qu’empirer quand, après lui avoir offert son corps pour la première fois, Alex se transforme en homme gélatine et tente de la tuer. Nous ne sommes pas prêt de revoir une finale aussi remarquablement juteuse et désopilante au cinéma, soyez-en assurés.
Je ne m’en cache pas, j’ai un penchant pour les comédies gore. Malheureusement, le sous-genre étant surexploité, il est de plus en plus rare que je me surprenne à rire aux éclats devant celles-ci. Par conséquent, je vais souvent pêcher dans les eaux polluées des films d’exploitation parus entre les années 60 et 90 afin d’augmenter mes chances de satisfaction. Je dois dire que la première remarque qui m’est venue après le visionnement de cette anomalie cinématographique fût : Mais pourquoi ai-je donc attendu si longtemps avant de donner sa chance à Slime City? Probablement parce qu’il y a encore 1000 films sur ma liste de films à voir… Mais bon, si Basket Case, Street Trash, Blood Feast et The Evil Dead sont des films que vous affectionnez particulièrement, vous vous devez de jeter un coup d’œil à celui-ci. Il s’agit d’un divertissement que je qualifierais, si vous me permettez l’expression, de « gros fun sale ». Comme je l’ai déjà mentionné, Slime City est un film ridicule, où la justesse des performances et les raccords de plans sont déficients, mais entre vous et moi, vous en connaissez beaucoup des films trash délirants réalisés par Francis Ford Coppola?
Sans doute l’un des films d’horreur underground les plus sous estimés des années 80, Slime City a difficilement survécu à l’ère du VHS. Allègrement piraté dans le passé, le film de Gregory Lamberson est disponible depuis 2005 dans une superbe édition DVD comprenant une piste de commentaires du réalisateur, un making of, plusieurs bandes-annonces et même un second long-métrage complet (Naked Fear, aussi réalisé par Lamberson en 1999), gracieuseté de Retro Shock-O-Rama. Les pertes verdâtres n’auront jamais été aussi attirantes.



• Slime City Massacre (2010)


• Basket Case (1982)
• Street Trash (1987)
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